Les universités francophones ont créé 286 spin-offs et généré 3.000 emplois

Eurogentec est la première spin-off de l'Université de Liège. ©BELPRESS

Une grande conférence internationale se penchera la semaine prochaine à Liège sur la valorisation de la recherche et le transfert des technologies vers les entreprises. L’Université de Liège est la championne en spin-off.

Initié en 1986 avec la création d’Eurogentec (rachetée par Kaneka), la première spin-off de l’Université de Liège (ULiège), la valorisation de la recherche et du transfert des technologies des universités vers les entreprises n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis lors. La Wallonie accueillera du 23 au 25 mai à Liège la conférence annuelle ASTP-Proton. Cette dernière association est le réseau de 850 professionnels européens du transfert de technologies et d’une trentaine d’associations nationales/régionales d’interfaces entreprises-universités.

C’est le rendez-vous annuel des cellules de valorisation de la recherche des universités en Europe qui se tiendra pour la première fois en Wallonie. "La conférence tourne dans les capitales européennes et cette fois, c’est l’occasion de venir en Belgique. C’est la reconnaissance du travail accompli par certaines universités belges, dont celle de Liège dans la valorisation de la recherche. Le soutien des autorités wallonnes a également pesé dans le choix de Liège", se réjouit Michel Morant, directeur Interface Entreprises-ULiège.

Parler d’une seule voix

2 millions €
Les royalties tirées des licences liées à des produits ou technologies développées à l’ULiège lui rapportent 2 millions par an.

Selon le bilan arrêté à fin 2016, un total de 286 spin-offs sont issues des travaux de recherche des 5 universités francophones belges (ULiège, UCL, ULB, UMons, UNamur) et, à ce jour, 235 d’entre elles sont toujours actives et représentent plus de 3.000 emplois. Quatre d’entre elles ont fait l’objet d’une entrée en Bourse (IBA, Iris, IBT, Mithra) et 22 ont été rachetées. "Ces éléments traduisent le succès de la valorisation des travaux de recherche via la création d’entreprises. Nous avons une expérience dans les métiers de montage de projets et du transfert de technologies. Notre mission est de détecter les résultats valorisables issus de la recherche et les besoins des entreprises", renchérit Olivier Vande Vyver, directeur opérationnel de LIEU, le réseau de qui coordonne la valorisation des universités francophones. Il leur permet aussi de parler d’une seule voix en la matière et assure le contact avec les pôles de compétitivité.

L’activité des différentes interfaces et de LIEU est de sensibiliser aussi les chercheurs sur la protection des résultats de leurs travaux et comment garantir une bonne valorisation. ULiège est championne de la création de spin-offs. Sur les 286 entreprises issues des travaux de recherche dans les alma mater, 153 sont sorties de l’ULiège dont 120 sont toujours en vie. Elles représentent plus de 1.500 emplois. Les royalties tirées des licences rapportent environ 2 millions d’euros par an à l’ULiège. "Aujourd’hui, il se crée en moyenne 14-15 spin-off par an au départ des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont 6-7 pour ULiège", dit Michel Morant. En 2017, l’ULiège a créé 9 spin-offs. D’après lui, la contribution de l’institution académique à l’économie est une tradition. "C’est génétique. L’ULiège a travaillé au développement du bassin mosan. On y a toujours fait de la recherche applique ou orientée", sourit-il.

L’ULiège abrite 3.024 chercheurs sur environ 10.000 dans les universités francophones. Elle affecte 270 millions à la recherche. La conférence ASTP-Proton de la semaine prochaine est déjà un succès. Elle affiche près de 330 inscrits dont une centaine de Belges (y compris 50 Flamands). Elle se tiendra au palais des Congrès et évoquera des thèmes liés à la création d’entreprises (conflits d’intérêts, licences pour la création de spin-offs, ...).

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