Longchamp réclame plus de 800.000 euros à Leonidas

©LONGCHAMP

La société Jean Cassegrain, le holding qui détient les droits sur les sacs Longchamp, poursuit Leonidas en dommages et intérêts pour avoir écoulé de faux sacs Longchamp.

Il est écrit quelque part que les responsables de Longchamp et ceux de Leonidas ne partiront pas en vacances ensemble. Il faut dire que les deux parties s’affrontent en justice depuis trois ans. En 2016, dans le cadre d’une campagne publicitaire, le chocolatier Leonidas a proposé des sacs à tous ses clients qui achèteraient pour plus de 28 euros de chocolat. Mais le sac ressemblait à s’y méprendre au modèle "Le Pliage", un des plus gros succès de Longchamp. On vous le fait en bref, mais retenez que Jean Cassegrain (le holding qui détient les droits sur les sacs Longchamp) a gagné en référé contre Leonidas, forçant le chocolatier à cesser la distribution des sacs en question, sous peine d’une astreinte de 500 euros par sac écoulé. Cet ordre de cessation avait été confirmé par un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles rendu le 26 juillet 2018. Jeudi matin, les juges du tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles ont étudié le fond de l’affaire portant sur la question des dommages et intérêts. Thierry Van Innis (Van Innis & Delarue), l’avocat de Jean Cassegrain, réclame un peu plus de 800.000 euros de dommages et intérêts notamment pour atteinte au monopole et l’image de marque de la société. À l’origine, Leonidas avait commandé 30.000 sacs à un fabricant et, avant d’être mis en demeure par Longchamp, le chocolatier en avait écoulé 10.800. Leonidas, défendu par Renaud Dupont (CMS De Backer) a toujours plaidé la bonne foi dans ce dossier, estimant que le fabricant des sacs avait les droits pour écouler celui-ci. Il n’en était rien.

"Je suis surpris de la résurgence du débat sur la question du dommage punitif."
renaud dupont avocat de leonidas

Les débats tenus jeudi matin devant le tribunal de l’entreprise ont essentiellement porté sur le montant des dommages réclamés, l’avocat de Leonidas y voyant une forme de dommage punitif. Ce dernier a expliqué qu’en matière de propriété intellectuelle, les dommages et intérêts devaient se calculer en fonction du manque à gagner et des pertes subies. Pour l’avocat de Leonidas, il ne peut pas être question de manque à gagner ou de pertes dans le chef de la société Jean Cassegrain, celle-ci n’était que le holding qui détient les droits sur les sacs. Enfin, en guise de conclusion, Renaud Dupont a plaidé que la marge de Longchamp par sac vendu s’élevait à 10 euros, démontrant que la demande de 800.000 euros de dommages correspondait à 80.000 sacs vendus! Le jugement est attendu dans le mois.

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