Louboutin attaque Amazon pour contrefaçon

©REUTERS

Le chausseur français vient d’intenter une action en cessation pour contrefaçon contre Amazon.

Pour Louboutin, défendu par Thierry Van Innis, le géant de la vente en ligne s’est rendu coupable de commercialisation d’articles contrefaits, en l’occurrence des chaussures à semelle rouge. "Le distributeur le plus important au monde est passé dans le camp des contrefacteurs en commercialisant lui-même des contrefaçons", a plaidé le conseil de Louboutin. L’affaire, si elle se vérifie, pourrait faire date.

Habituellement, Amazon est poursuivi en tant qu’hébergeur en publiant des annonces portant sur la vente d’articles contrefaits. Dans ce cas, comme la loi le prévoit, le titulaire de la marque prévient Amazon qui a l’obligation de supprimer promptement l’annonce en question. "Depuis deux ans et demi, Amazon et Louboutin collaborent pour protéger la marque Louboutin", a plaidé Edward Taelman, le conseil d’Amazon. Effectivement, lorsque des annonces portent sur des modèles contrefaits, Louboutin signale la chose et Amazon supprime les annonces, sachant que le chausseur ne vend rien via Amazon.

Le vendeur pas l’hébergeur

"Nous ne coopérerons jamais avec le contrefacteur que vous êtes."
Thierry Van Innis
Conseil de Louboutin

L’accusation portée cette fois par Louboutin est plus grave. Le chausseur reproche au géant de la vente en ligne de stocker, de vendre et d’expédier lui-même les marchandises contrefaites. "Il s’agit de commercialisation active. Ma cliente a vu des représentants d’Amazon, on leur a demandé que cessent ces ventes en direct, mais ils ont évité le débat et il y a toujours des ventes", a plaidé le conseil du chausseur. "On a fait beaucoup d’efforts pour retirer les annonces, la coopération entre les parties continue", a pour sa part plaidé l’avocat d’Amazon qui s’est engagé à ce que cette coopération se poursuive pendant le litige. Ce qui a fait bondir Thierry Van Innis. "On veut bien coopérer avec l’hébergeur, mais nous ne coopérerons jamais avec le contrefacteur que vous êtes", a-t-il lancé. Effectivement, ce n’est pas Amazon en tant qu’hébergeur qui est visé ici, mais bien Amazon en tant que vendeur.

L’audience qui s’est tenue hier matin devant la juge des cessations du tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles visait avant tout à dresser un calendrier. L’affaire sera plaidée en juin.

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