Publicité

Marc Coucke, chouchou des médias

©Dieter Telemans

Le fondateur d’Omega Pharma est le patron le plus médiatisé en 2014. Foot et gros profits font bon ménage dans les gazettes…

Depuis 2011, l’agence de communication Finn et la société Auxipress, spécialisée dans le monitoring des médias, dressent le palmarès des CEO les plus médiatisés de l’année. "L’Echo" a pu consulter le cru 2014. Après avoir squatté les deux précédentes éditions, Didier Bellens cède son trône à Marc Coucke. Le fondateur d’Omega Pharma a été mentionné 1.718 fois dans la presse. C’est que Marc Coucke possède trois atouts: il a cédé son entreprise en empochant une jolie plus-value de 1,45 milliard d’euros, il est président du club de foot d’Ostende et il possède une personnalité truculente qui fait fureur sur les plateaux télé. "Il est devenu le symbole du débat idéologique actuel entre la gauche et la droite, notamment sur la taxation des plus-values", relève Raf Weverbergh, managing partner de Finn.

©MEDIAFIN

C’est une constante: à l’image de Marc Coucke, si voulez faire parler de vous comme patron, achetez un club de foot. "Trois paramètres interviennent dans la médiatisation des CEO, explique Raf Weverbergh: le nombre de personnes employées, le nombre d’actions mises en Bourse et la proximité avec le consommateur; or qu’est-ce qui est plus proche des gens qu’un club de football?" Dans le top cinq on trouve ainsi trois présidents de clubs. Outre Marc Coucke, Roland Duchâtelet, le président du Standard et fondateur de Melexis arrive 2e, les spéculations autour de la revente ou non du club faisant les délices des médias. Quant à Bart Verhaeghe, homme fort du FC de Bruges, il est 5e. Ce dernier fait aussi beaucoup parler de lui comme promoteur du projet de méga-centre commercial Uplace à Vilvorde.

Pas de club de foot par contre pour Eric Domb, mais plutôt deux pandas qui lui offrent une place dans le top 10. Le patron du parc Pairi Daiza a été bien aidé par Bart De Wever qui est parvenu à faire des deux ursidés un symbole de son hostilité envers le PS.

Un autre enseignement de l’étude c’est que dans le top 20 figurent 4 CEO… qui ne sont plus à la tête de leur entreprise: Didier Bellens, Johnny Thys, Marc De Scheemaecker et Pierre-Olivier Beckers. Un simple effet mécanique, les patrons fraîchement nommés étant présentés comme ayant succédé à X ou Y… Fortes personnalités, les deux premiers nommés réussissent néanmoins l’exploit d’être plus souvent cités que leurs successeurs Dominique Leroy et Koen Van Gerven. La question de leurs émoluments a, il est vrai, agité la sphère médiatique.

N°4. Johnny Thijs, ancien CEO de bpost. ©BELGA
Albert Frère, CEO du holding GBL (Groupe Bruxelles Lambert), n°8. ©BELGA
N°6. Didier Bellens, ancien CEO de Belgacom. ©Photo News
N°1. Marc Couck, CEO d'Omega Pharma est le patron le plus cité dans les journaux cette année. ©Photo News
N°2. Roland Duchatelet, président du Standard de Liège. ©BELGA
N°3. Jo Cornu, CEO de la SNCB. ©BELGA
N°5. Bart Verhaeghe, président du FC Bruge. ©Photo News
N°7. Dominique Leroy, actuelle CEO de Belgacom. ©Thierry du Bois
Eric Domb, CEO de Pairi Daiza, n°9. ©REUTERS
N°10. Marc Descheemaecker, ancien CEO de la SNCB. ©BELGA

La nouvelle patronne de Belgacom n’apparaît qu’à la 7e place. Un résultat étonnant vu son statut de femme à la tête d’une société phare du Bel 20. "On pourrait croire qu’elle est restée dans l’ombre de Didier Bellens, explique Raf Weverbergh, mais quand on analyse ses interviews, on s’aperçoit qu’elle est vite devenue "Madame Belgacom. En mettant les clients au centre des préoccupations et en promettant que chacun pourrait faire usage de la 4G, elle a réalisé un coup de maître." Elle incarne une rupture radicale par rapport à la très conflictuelle ère Bellens. Jo Cornu, nouveau boss de la SNCB, avait lui aussi connu un départ en trombe, mais il a été vite perdu le contrôle de sa com’. Son style direct a permis permet à ses adversaires de facilement caricaturer ses propos, à l’instar de son fameux: "mon personnel n’est pas trop cher mais il travaille trop peu pour son salaire"

"C’est le problème de beaucoup de CEO, conclut Raf Weverbergh. Il leur est très difficile de faire passer leur message initial sur leur stratégie car ils sont vite rattrapés par des sujets plus chauds pour les médias comme leur salaire, les relations avec les syndicats, etc. C’est surtout le cas dans les médias audiovisuels qui ont une vision bien plus institutionnelle qu’entrepreneuriale de l’économie." D’où la surreprésentation dans ces médias des patrons d’entreprises publiques car elles touchent davantage les gens. On en trouve trois aux trois premières places.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés