Micromega Dynamics, le détective wallon des vibrations qui a séduit Tesla

Sa cible? Les oscillations indésirables des structures et grosses machines. L'entreprise compte parmi ses clients de grands noms tels que Lhoist ou encore Alstom.

Dans le port de New York, une solution wallonne vient d'être activée. Elle permet désormais au gestionnaire de détecter l'état de dégradation des rails utilisés par les différentes grues amenées à charger et décharger les millions de tonnes de marchandises des milliers de navires qui y transitent chaque année. Ceci, afin d'éviter d'endommager les bras mécaniques qui jalonnent les quais, d'une valeur de plusieurs millions d'euros.

"On est très content du résultat", se félicitent en chœur les deux fondateurs, Nicolas Loix et Jean-Philippe Verschueren, tous deux ingénieurs. Pour autant, il ne s'agit pas là d'un cas isolé. En effet, le savoir-faire de la société Micromega Dynamics est recherché dans le monde entier, ce qui explique d'ailleurs que 90% de son chiffre d'affaires (d'environ 2 millions d'euros) est réalisé à l'export.

90%
La quasi-totalité du chiffre d'affaires de Micromega Dynamics est réalisée à l'export.

Made in Belgium

On retrouve les petits boîtiers, "conçus et fabriqués ici en Belgique (dans le zoning de Fernelmont, à une dizaine de kilomètres de Namur, NDLR)", aussi bien dans le monitoring de chantier à proximité d'infrastructures critiques, telles que des aéroports, que dans la supervision des nuisances (vibratoires, sonores…) pouvant être occasionnées dans des carrières en activité.

Mais le potentiel est plus grand encore. C'est pourquoi la société wallonne spécialiste de la détection et de la réduction des vibrations, née dans le giron de l'incubateur tech wallon WSL, vient de se voir octroyer un prêt à long terme d'un million d'euros de la part d'Invest for Jobs.

Un coup de pouce qui va désormais lui permettre d'accroître son parc de machines, pour répondre à une demande croissante, mais aussi de créer de l'emploi – qui est l'objectif principal poursuivi par ce fonds d'investissement unique, créé et géré par les partenaires sociaux, venu lui apporter du carburant. De 15 personnes aujourd'hui, les effectifs devraient être gonflés d'une dizaine de collaborateurs à moyen terme. En priorité, en visant des profils commerciaux, puis, dans un second temps, de support.

Essor de l'industrie 4.0

A cette fin, Micromega Dynamics pourra vanter son expérience. Après tout, la société compte à son actif quelques gros clients tels que Tesla, Lhoist, Alstom, Leica, John Cockerill, ou encore la SNCB et la SNCF. Et ce, pour aussi bien ses nouvelles activités, en plein essor dans le monde de l'industrie 4.0, que pour les plus traditionnelles, allant du renforcement de la sécurité au travail, par la mesure des vibrations perçues par les employés lorsqu'ils utilisent certains outils, à la réduction des oscillations à l'aide de dispositifs ad hoc, en passant par la détection de la présence de glace – et non du risque, comme le fait la concurrence – sur les pales des éoliennes, tant à l'arrêt qu'en rotation, afin de prévenir des dégâts ou des projections malvenues.

Une ascension qui fut rendue possible, outre de conséquents efforts en R&D, grâce au partenariat noué en 2009 avec Wölfel, un bureau d'étude allemand spécialisé en ingénierie. Et pour cause, entré au capital (50%) à l'époque, celui qui conseillait uniquement jusque-là les grands noms de l'industrie (General Electric, Siemens, Enercon…) outre-Rhin a dès lors pu intégrer la technologie wallonne dans son offre de services. Ce qui a servi d'important tremplin au déploiement de la solution namuroise.

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