Mise en liquidation, Studio Bloom gère les pots cassés et des photos de bébés

©BELGAIMAGE

L'avocat chargé de gérer la liquidation ne s'attendait pas à un retour si virulent de parents en colère.

Des parents, par dizaines, par centaines, qui appellent, qui envoient des mails, tantôt suppliants, parfois menaçants. Des pères et des mères qui réclament à cor et à cri des reportages photographiques de leur bébé réalisés dans des maternités. En acceptant de gérer la liquidation de Studio Bloom, active dans le reportage photographique sur la petite enfance, l’avocat Nicholas Ouchinsky ne savait pas dans quel engrenage il mettait le bout de sa toge.

"Deux personnes vont tenter d’identifier les parents des bébés."
David Mathy
Team manager de clicpublic

Aujourd’hui, il voudrait pouvoir consacrer son temps à mener à bien la liquidation qu’il doit gérer. Tous les parents concernés par cette affaire devraient être contactés sous peu avec une proposition en vue de régler un conflit qui semble plus relever du malentendu.

66 personnes licenciées

Derrière Studio Bloom (dénomination commerciale), on retrouve Primaphot et Universel Color, la première gérant une équipe de commerciaux, la deuxième s’occupant des photographes, le tout dépendant de la société française Primavista (placée en redressement le 1er octobre).

Confrontées à des difficultés financières, les deux sociétés belges ont été placées en réorganisation judiciaire avec transfert d’entreprises par le tribunal de commerce. L’idée de Nicholas Ouchinsky, à ce moment, était de trouver un repreneur.

Studio Bloom, active dans le reportage photographique dans les maternités, a été mise en liquidation.

Des dizaines de parents veulent récupérer ces reportages. Un travail de classification va être fait et les parents qui avaient passé commande seront contactés.

Si l’avocat avait trois pistes sur la table (rachat par la maison mère, vente par appartements ou reprise de certains secteurs par le personnel), aucune n’a abouti. Face à ce constat d’échec, les responsables français de la société ont préféré la liquidation à la faillite. Et ont décidé de nommer Nicholas Ouchinsky comme liquidateur. Ce dernier a accepté la mission qui a par ailleurs été validée par deux assemblées générales extraordinaires (Universel Color et Primaphot) et homologuée par le tribunal de commerce de Bruxelles.

La première mission du liquidateur a été de s’occuper des 66 personnes touchées par la liquidation. "J’avais mis en place pour qu’ils reçoivent tous leurs documents sociaux dans les meilleurs délais. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est d’être assailli de lettres de parents", nous a expliqué Nicholas Ouchinsky.

Par dizaines, voire par centaines, des parents, alertés par la mise en liquidation de Studio Bloom, ont exigé de recevoir les reportages concernant leur enfant, des photos prises dans les maternités dans les jours suivant la naissance des nourrissons.

Cadastre des reportages

Une situation qui étonne le liquidateur à partir du moment où les opérations se faisaient au comptant. Le reportage n’était remis que contre paiement. Par contre, pour attirer le client, les photographes promettaient une photo gratuite. Beaucoup de parents, n’ayant jamais pris d’engagements avec la société, réclament aujourd’hui cette photo gratuite. Mais le liquidateur n’a pas les moyens financiers et d’organisation de mettre un tel système en place. "Il nous est impossible d’engager des frais pour retrouver ou reproduire des photographies n’ayant pas fait l’objet d’un reportage papier. Les fichiers numériques ont donc été détruits", peut-on lire dans un courrier envoyé aux clients mécontents.

Par contre, lors de la liquidation, des centaines de boîtes contenant des reportages photos développés ont été retrouvées. Ces boîtes ont été confiées à la société Clicpublic, chargée d’en dresser l’inventaire. "Dès aujourd’hui, deux personnes vont classer ces reportages et tenter d’identifier les parents", nous a expliqué David Mathy, Team Manager de Clicpublic. Les parents qui auront été identifiés seront contactés d’ici une quinzaine de jours avec une proposition. Ils pourront récupérer les photos de leur enfant contre un prix unique de 190 euros (au lieu de 490 euros, prix plein d’avant liquidation). "Ce sera à prendre ou à laisser", avertit le liquidateur. Et, pour le rappeler une dernière fois, les parents qui n’ont jamais eu de contact avec un commercial de la société (qui n’ont donc rien commandé) et ceux dont les reportages n’ont pas été imprimés ne pourront plus rien récupérer. "Notre priorité aujourd’hui, c’est d’indemniser les travailleurs licenciés", conclut Nicholas Ouchinsky.

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