"Nethys crée de la valeur pour ses actionnaires"

Pour Laurent Levaux, président du conseil d'administration de Nethys, et son CEO Renaud Witmeur, Nethys est une entreprise créatrice de valeur pour les actionnaires publics. ©Tim Dirven

Le nouveau management de Nethys veut tourner la page Moreau. Son argument? Le tandem Levaux-Witmeur pointe le retour de la croissance en 2020 et la création de valeur pour les actionnaires.

Plus d’un an après leur arrivée à la tête de l’intercommunale publique liégeoise Nethys fin 2019, l’heure est au premier bilan financier pour le nouveau management de Nethys.

"En éliminant du portefeuille de Nethys la presse et Integrale, on conserve des participations qui sont des potentiels de croissance. "
Laurent Levaux
Président du CA de Nethys

Le rendez-vous est pris dans les bureaux de la filiale VOO à Bruxelles jeudi après-midi. Autour de la table, Laurent Levaux, président du conseil d’administration de Nethys, et Renaud Witmeur, administrateur délégué de Nethys. Appelés pour redresser le navire à la suite de l’éviction de l’ancien management, les deux hommes  veulent faire parler les chiffres financiers. "On n’est pas là pour faire le point sur ce qu’il y avait avant mais sur les résultats des activités menées en 2020, le résultat de la gouvernance et les projets pour 2021 et 2022", explique Laurent Levaux. Renaud Witmeur assure de son côté que "Nethys est aujourd’hui un groupe qui a une gouvernance normale, des actifs et des résultats en croissance". Laurent Levaux ajoute cet élément clé: "Nethys crée de la valeur pour ses actionnaires, les 76 communes et la province de Liège. En éliminant du portefeuille de Nethys la presse et Integrale, on conserve des participations qui sont des potentiels de croissance."

Nethys, c’est 47 millions de bénéfice

Place aux chiffres. Derrière Nethys, on trouve avant tout trois filiales détenues à 100%: Elicio (énergie renouvelable), Win (IT) et VOO (télécoms). À elles trois, elles ont dégagé un chiffre d’affaires en hausse de 11%, passant de 559,9 millions en 2019 à 622,3 millions en 2020. L’emploi est lui passé de 1.331 à 1.390 personnes entre 2019 et 2020. "Nethys est un groupe qui crée de la valeur économique ."

Au niveau de l’Ebitda, il progresse de 23,7% pour atteindre 266 millions. Enfin, le résultat net passe de 16,8 à 47,1 millions. "Un des problèmes majeurs du groupe Nethys, c’est que les filiales n’étaient pas gérées. VOO a historiquement consommé l’argent des Liégeois", pointe Laurent Levaux.

Du côté des participations financières détenues dans NEB, Socofe, Publilec et NRB, Nethys a perçu un dividende de 22 millions en 2020.

De 1 euro à 1 milliard

Sans revenir sur toute la saga Elicio valorisée à 1 euro dans les comptes 2018 et vendue à 2 euros par l’ancien management en 2019 avant que l’opération soit annulée, la filiale renouvelable, notamment active dans l’éolien offshore en mer du nord, a dégagé un Ebitda de 118 millions (78,8 millions en 2019) et un résultat net de 32 millions contre 13,6 millions en 2019. Cet actif stratégique s’apprête même à devenir la future tête de pont du groupe. Entre 2020 et 2040, Elicio devrait dégager 1 milliard de cash-flow et sa valeur dépasse les 100 millions d’euros.

"Dans le cadre du futur plan stratégique, il y aura une réflexion sur ce qu’on fait de Win. C’est une société qui doit grandir. "
Renaud Witmeur
Administrateur délégué de Nethys

La filiale Win est, elle, plus à la peine avec un résultat net qui passe de 2,8 à 2,6 millions. "Dans le cadre du futur plan stratégique, il y aura une réflexion sur ce qu’on fait de Win. C’est une société qui doit grandir. On étudie des projets d’acquisitions externes et on mise aussi sur la croissance interne", explique Renaud Witmeur, qui n'exclut pas une vente.

"Nous souhaitons vendre soit 51% pour être juste en dessous de la majorité, soit 74,9% pour conserver une minorité de blocage."
Renaud Witmeur

Enfin VOO a également repris des couleurs en 2020. Son Ebitda passe de 131 à 143 millions d’euros tandis que son résultat net s’envole de 0,4 million à plus de 12,5 millions d’euros. "Cela s’explique essentiellement par la réduction importante des coûts", assure Laurent Levaux. Mais malgré les derniers chiffres encourageants, la ligne n’a pas changé. "L’objectif est toujours de vendre", assure sans détour Renaud Witmeur. VOO ne souhaite plus être majoritaire mais deux options sont toujours sur la table. "Nous souhaitons vendre soit 51% pour être juste en dessous de la majorité, soit 74,9% pour conserver une minorité de blocage", détaille encore le CEO de VOO.

Le processus enclenché n’est toutefois pas encore près d’aboutir. La question du rachat de Brutélé, indispensable pour augmenter l’attractivité, devrait être partiellement réglée mardi. Il faudra ensuite éplucher les différentes offres. L’opérateur suscite déjà un intérêt marqué de nombreux acteurs, assure la direction du groupe, qui ne souhaite pas en dire plus pour le moment. "Nous n’avons pas de préférence. Nous savons ce que nous, nous voulons. Si tous les critères sont remplis, il n’y aura pas de différence de traitement, que l’acheteur soit un industriel ou un fonds", assure Laurent Levaux.

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