Nethys s'est payé la tête du président d'Integrale

Michel De Wolf, le président d'Integrale, avait cité l'assureur et Jean-Pierre Hansen en justice. Le bras de fer a été rude, mais un accord a été trouvé.

Depuis l'élection de Michel De Wolf au poste de président du conseil d'administration de l'assureur Integrale, les relations avec Nethys, actionnaire majoritaire d'Integrale avec 71% du capital, n'ont jamais été au beau fixe. Elles s'étaient considérablement dégradées ces dernières semaines, au point de déboucher sur une action en référé introduite devant le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles. Au bout du jour, à l'ombre d'un accord négocié de haute lutte, Nethys a obtenu la démission de Michel De Wolf de la présidence d'Integrale. Ce dernier reste administrateur indépendant. Il est remplacé à la présidence par Frank Jeusette, ancien chief risk officer d'Ethias. Retour sur une bataille de l'ombre.

Le feu couvait donc depuis plusieurs mois entre Nethys, l'actionnaire majoritaire d'Integrale, et Michel De Wolf, élu à la présidence pour succéder à François-Xavier de Donnea, ayant lui-même claqué la porte sur fond de scandale lié à l'enveloppe de départ de Diego Aquilina, l'ancien CEO d'Integrale. Du côté de Nethys, on estime que Michel De Wolf a été "mal élu", avec peu de voix. Dans son escarcelle, Michel De Wolf n'a pas pu compter sur les voix des administrateurs représentant Nethys, mais bien sur les autres. Jusqu'au 23 octobre, un équilibre entre les administrateurs de Nethys et ceux de l'ASBL Association des Membres d'Integrale (AMI), représentant les intérêts des entreprises et des affiliés, permettait à la barque de se maintenir à flot. Mais le départ d'un administrateur représentant l'AMI a rompu l'équilibre des forces en présence.

On le sait, Integrale, dont les taux de solvabilité posent question, est à vendre. A la fin du mois d'octobre, deux offres étaient sur la table: celle de la société Lynx Capital et celle du fonds River Rock, un gestionnaire britannique d'actifs. Nethys reprochait à Michel De Wolf de ne pas avoir transmis les mêmes informations à tous les administrateurs concernant River Rock. Tout comme il reprochait au président de défendre en exclusivité la candidature du fonds britannique. Et après avoir réclamé la tête du président d'Integrale à plusieurs reprises, Nethys a profité du changement d'équilibre pour mettre le point de sa révocation à l'ordre du jour d'une assemblée générale qui devait se tenir le 8 décembre.

Référé d'hôtel

Face à cette situation de fait, Michel De Wolf, défendu par l'avocat Patrick De Wolf (aucun lien de parenté, NDLR), accompagné des administratrices Els Lievens et Agnès Bricard, a cité Integrale et Jean-Pierre Hansen en justice par le biais d'un référé d'hôtel. Cette procédure fort rare permet d'évoluer dans l'extrême urgence en dehors des horaires habituels et avec des délais raccourcis. Les parties se sont donc retrouvées lundi à 16h00 devant le président du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles, Paul Dhaeyer. Mais Jean-Pierre Hansen, cité en tant qu'administrateur d'Integrale, n'ayant pas été prévenu à temps de cette citation en justice, le président du tribunal avait remis la cause à ce jeudi matin.

Entre-temps, il nous revient que Michel De Wolf est arrivé avec une solution clé sur porte mercredi. Il acceptait sa démission en échange de la présidence du comité des risques d'Integrale et de son poste d'administrateur indépendant. Nethys n'a accepté le deal que sur ce dernier volet et le comité des risques sera fusionné avec le comité d'audit. Cette situation réjouit Michel De Wolf car la loi prévoit que le nouveau comité fusionné soit composé majoritairement d'administrateurs indépendants. Chez Integrale, il n'y en a que deux: lui et Agnès Briscard, l'ancienne présidente du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables français. Dans le camp de Michel De Wolf, on conteste les allégations invoquées par Nethys. Il nous revient que si le président sortant défendait la candidature de River Rock, c'est parce qu'elle était alors considérée comme la seule raisonnable.

Aujourd'hui, quatre offres de reprise sont sur la table: River Rock, Lynx Capital, Monument Re et Ageas. Espérons que cette paix des braves obtenue de haute lutte permettra d'assurer la continuité de l'assureur qui emploie 160 personnes et compte plus de 160.000 affiliés.

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