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Nombre record de malades de longue durée dans les entreprises

©BELGAIMAGE

Le taux d’absents dans les entreprises est de presque 7%. Parmi ceux-ci, 4 sur 10 sont malades plus d’un an.

L’absentéisme dans le secteur privé continue d’augmenter en 2018, surtout au niveau des absences de longue durée. C’est ce que montre une étude de Securex à partir d’un vaste échantillon de 25.542 employeurs qui emploient 201.976 travailleurs et dont voici les principaux enseignements.

• Une tendance lourde. Depuis 2001, la progression de l’absentéisme dans le secteur privé est quasiment continue. La tendance se confirme également en 2018, puisque le pourcentage de malades dans les entreprises était de 6,93% au premier semestre contre 6,70% au premier semestre 2017.

"Le burn-out est moins tabou que par le passé."
heidi verlinden
Securex

• Hausse des malades de longue durée. Parmi les 6,93% de malades en 2018, 2,82% sont des malades de longue durée (plus d’un an), 2,22% des malades de courte durée (un mois maximum) et 1,9% des malades de moyenne durée (entre 1 mois et 1 an). C’est surtout du côté des malades de longue durée que la hausse est la plus palpable. En 2001, la part d’absences de longue durée s’élevait à 25% du pourcentage de maladie total. En 2018, ce chiffre est passé à 41%. Sans surprise, c’est chez les plus de 50 ans que le phénomène est le plus marqué: ils représentent 60% des malades de longue durée, contre 29% chez les 30-49 ans et 5% chez les moins de 30 ans. Les ouvriers (46%) sont davantage concernés que les employés (34%) par cette problématique. Normal puisqu’ils sont plus souvent soumis à du travail physique.

Cela ne devrait pas s’arranger dans le futur puisque Securex s’attend à ce que le pourcentage de malades de longue durée grimpe à 2,94% d’ici la fin de l’année (contre 2,82% aujourd’hui). En cause, les évolutions démographiques et l’évolution de la santé physique et mentale des travailleurs. La prolifération des burn-outs n’y est pas étrangère. "Le burn-out est moins tabou qu’auparavant", confirme Heidi Verlinden, experte en ressources humaines chez Securex.

©Mediafin

• La grippe a frappé durement en 2018. Si le pourcentage de malades de longue durée (plus d’un an) grimpe de 4%, le pourcentage de malades de courte durée (moins d’un mois) a augmenté de 6%. C’est dû à l’épidémie de grippe que nous avons connue l’hiver dernier. Si la situation devrait en principe se normaliser, Securex recommande néanmoins d’être attentif aux absences courtes et fréquentes. "Ce sont surtout celles-ci qui sont onéreuses pour l’entreprise, explique Heidi Verlinden. De plus, les absences de courte durée sont un indicateur des absences de longue durée. Une personne qui est fréquemment absente pour une durée courte encourt un risque plus élevé d’absence de longue durée."

"Réintégrer un employé malade n’a pas de sens si le travail n’a pas changé."

• On réintègre les malades de longue durée. Securex s’attend à une progression moins forte que les années précédentes des malades de longue durée, suite aux mesures prises par le gouvernement pour réintégrer ces personnes. "On assiste en effet à une augmentation du nombre de demandes de réintégration de la part des employeurs et des médecins conseils, confirme Heidi Verlinden. Pour la moitié des demandes, cela conduit malgré tout encore à un licenciement pour raisons médicales et non à une réintégration dans l’entreprise. Mais c’est mieux que de rester inapte au travail car cela ouvre des possibilités pour un emploi ailleurs."

L’experte de Securex estime du reste que raccourcir la carrière ne répond pas au défi de la pénibilité. "Il faut adapter le contenu du travail. Réintégrer un employé malade n’a pas de sens si le travail n’a pas changé. Quant à l’employé, il doit viser un boulot qui lui convient mieux et éviter de s’enfermer dans une cage dorée pour des questions de salaire ou de statut."

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