Noshaq se dit prêt à affronter le pire et le meilleur de 2021

Noshaq élargit rapidement son expertise et son portefeuille d'investissement pour soutenir l'entrepreneuriat et l'emploi wallons. Elle l'a encore montré récemment en entrant au capital de la jeune société de logiciels de gestion Odoo. ©Odoo

Noshaq (ex-Meusinvest) affiche des résultats annuels exceptionnels, malgré les récentes turbulences. Mais les dirigeants de la société d'invest liégeoise sont conscients que les 462 sociétés aujourd'hui présentes dans leur portefeuille attendent le gros de l'orage...

De juillet 2019 à fin juin 2020, Noshaq – ne dites surtout plus Meusinvest, qui n’est plus qu’un des 17 fonds d’investissement progressivement créés par le groupe liégeois – a pris des décisions d’investissement pour un montant de 136 millions d’euros. Un montant qui représente surtout 171 interventions entérinées par le Conseil d’administration durant une période particulièrement chaotique pour les trois derniers mois de l’exercice.

Ce qui permet au passage à Gaëtan Servais, le CEO de Noshaq dont c’était ce jeudi la première sortie post-confinement en présentiel dans la grande salle de la rue Lambert Lombard, de remercier tous les membres de son comité de direction et ses administrateurs "qui se sont réunis respectivement à 27 et 5 reprises par vidéo-conférence pour que nous puissions rester pleinement réactifs durant la période particulièrement difficile que nous traversons. On ne s’était, en fait, jamais concertés aussi souvent auparavant. Et ce n’est que normal...", insiste-t-il.

510
millions d'euros
C'est le montant investi depuis 2016 par Noshaq et réparti sur 858 dossiers, soit – sur cinq ans seulement – plus de la moitié du total investi depuis sa création en 1985.

En élargissant la focale sur cinq ans et en faisant le bilan du plan stratégique 2016-2020 qui s’achève, le patron chiffre le total de ses investissements à 510 millions d’euros répartis sur 858 dossiers (soit plus de 50% du total investi depuis la création de la société, en 1985). Et cette croissance quasi exponentielle s’est, comme il le rappelle, réalisée sans déroger à l'ADN initial: "Jouer de moins en moins le rôle de créancier, qui se borne à envoyer des lettres de rappel de paiement si besoin, et davantage celui de partenaire actif au sein de l’entreprise, en entrant au capital de jeunes sociétés en croissance, actives dans nos segments de prédilection, dont les biotechs, le numérique, ou l'énergie". En tenant ce cap stratégique, Noshaq a pu aujourd’hui entrer au capital de 279 entreprises sur les 462 que compte l'ensemble de son portefeuille.

"Capital risqueur": peut encore mieux faire

À ce propos, le patron cible une des priorités qu’il mettra tout prochainement sur la table: sur l’année bilantaire écoulée, 52 nouvelles sociétés sont rentrées dans le portefeuille de la holding d’invest liégeoise et 37 en sont sorties. Soit un renouvellement du portefeuille de 12% en un an seulement. "Une rotation moyenne de l'ensemble du portefeuille sur 8 ans, c’est encore trop lent", pointe-t-il, tout en relevant que la fin de l’exercice a été très particulière, avec des moratoires et des investissements ciblés accordés à une cinquantaine de sociétés depuis le 13 mars dernier.

"Une rotation moyenne de l'ensemble du portefeuille sur 8 ans, c’est encore trop lent."
Gaëtan Servais
CEO Noshaq Groupe

Et si l’impact de trésorerie, comme pour tous les investisseurs, pourrait sans doute se payer cash, Gaëtan Servais rassure en relevant, comme l’an dernier, le solide résultat net (avant valorisation) de 17,2 millions d’euros, qui vient conforter la trésorerie du groupe et lui permettre une résilience accrue, même si la crise venait à se prolonger.

Pour Jean-Michel Javaux, le président de Noshaq, le gros de cette crise est loin d'être passé, comme le soulignent la plupart des entrepreneurs rencontrés récemment. C'est une des raisons pour lesquelles la finalisation du futur plan stratégique 2021-2026 a été légèrement postposé. "Les bons résultats engrangés, tout particulièrement ces deux dernières années, ne doivent pas nous faire oublier que les défis auxquels nous allons devoir faire face dans les prochains mois vont nous obliger à faire preuve d'expertise et de réactivité pour jouer pleinement notre rôle, pour éviter le pire comme soutenir le meilleur". Et de rappeler que certaines entreprises, notamment celles très (ré)actives dans les biotechs, le numérique ou l'alimentation, ont vu gonfler leur chiffre d'affaires depuis mars.

La crise, pour éviter le pire et soutenir le meilleur

Interrogé sur l’évolution historique du rôle joué par la société anonyme liégeoise (dont l'actionnariat privé pèse 58%) depuis la création de Meusinvest en 1985 et sur le grand écart l'éloignant aujourd’hui de son ancrage public liégeois, Gaëtan Servais sourit: "Une société qui doit faire le grand écart aujourd’hui, notamment entre ADN public et actionnariat privé, le CEO qui doit faire des arbitrages au quotidien, notamment entre profitabilité, ancrage et emploi, c’est pour moi un signe de vitalité. Cela montre qu’on bouge, qu'on joue son rôle. Et ce n’est pas parce que nous investissons dans une société basée à Eghezée, comme Odooqui est sans doute une de nos plus belles prises de participation l'année écoulée –, que nous en oublions nos priorités historiques de soutien à l’entreprise et à l’emploi en province de Liège. On va d’ailleurs davantage investir dans les prochaines années dans la région Huy-Waremme et de Verviers, où nous sommes proportionnellement trop peu présents dans le tissu entrepreneurial. Mais si les entrepreneurs dynamiques du Brabant wallon actifs dans nos activités phare font appel à nous, on ne va pas leur fermer la porte. N’en déplaise, parfois, aux sociétés d’invest locales…"

"Si les entrepreneurs les plus dynamiques du Brabant wallon font appel à nous, on ne va pas leur fermer la porte..."
Gaëtan Servais
CEO Noshaq Groupe

Sur ce dernier point, le CEO décoche une ultime flèche: Noshaq pèse aujourd'hui à elle seule quasi autant que la moitié des 9 invests publics wallons réunis, d'Ath à Arlon.

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