Novobiom lève des fonds pour dépolluer à coup de champignons

Liège présente nombre de friches industrielles, dont les sols pourraient être traités par une solution fongique développée par Novobiom. ©Thierry du Bois

L'invest Noshaq, la Région wallonne et des investisseurs privés dotés d'une expérience industrielle misent sur le potentiel de Novobiom dans la bioremédiation.

Dépolluer des friches industrielles en appliquant aux sols contaminés une solution à base de champignons? C'est ce que se propose de faire Novobiom, une jeune pousse créée en 2017 par Caroline Zaoui et Jean-Michel Scheuren: la première est docteure en microbiologie, le deuxième ingénieur de gestion avec un master axé sur l'environnement. Avec le concours de l'invest liégeois Noshaq, d'investisseurs privés et de la Région wallonne, ils viennent de boucler un financement d'amorçage de 1,5 million d'euros.

Au départ d'une licence acquise auprès de l'UCLouvain, Novobiom développe des solutions innovantes pour traiter, par voie biologique, des sols contaminés. L'entreprise a identifié plusieurs souches fongiques (champignons) susceptibles de nettoyer des sols pollués aux hydrocarbures, aux huiles minérales ou aux métaux lourds.

"Novobiom mène un programme de Recherche & Développement pour valider l'efficacité des souches fongiques."
Eric Brandt
Investment manager chez Noshaq

"Novobiom mène un programme de Recherche & Développement pour valider l'efficacité des souches fongiques", explique Eric Brandt, investment manager chez Noshaq. "Elle a obtenu des résultats sur certains polluants en laboratoire. Elle veut démontrer l'utilité de la technologie sur un panel plus large de polluants." Et sur le terrain: des contacts ont été pris avec différents industriels du traitement des déchets, en vue de mener des projets pilotes sur des sites et des friches en cours de dépollution.

Si les résultats de ces tests s'avèrent concluants, la start-up aura le potentiel de devenir scale-up et d'industrialiser ses processus.

Si les résultats de ces tests s'avèrent concluants, la start-up aura le potentiel de devenir scale-up et d'industrialiser ses processus. Du traitement de friches industrielles aux sols pollués, elle pourra en effet passer au stade supérieur en proposant ses services aux centres de traitement de déchets, où les quantités à nettoyer sont évidemment bien supérieures.

Unité de production pilote

Noshaq est intervenu à hauteur de 200.000 euros dans cette levée de fonds, pour 300.000 euros aux investisseurs privés. Plusieurs de ceux-ci évoluent dans l'industrie du traitement des déchets. La Région wallonne y a ajouté un million d'euros sous forme de subside à la R&D.

Alors que l'entreprise a vu le jour à Louvain-la-Neuve, elle a déplacé son siège social à Liège. C'était un des critères pour que Noshaq intervienne dans le financement. "Outre cela, Novobiom opère dans un des secteurs que Noshaq privilégie: la biologie environnementale", ajoute Eric Brandt. "Et en fonction des résultats de ses recherches, elle projette d'installer une unité de production pilote, qui verra le jour à Liège également." On ajoutera que les friches industrielles aux sols pollués, ce n'est malheureusement pas ce qui manque dans cette région jadis dédiée à la sidérurgie: un magnifique "terrain de jeu" pour la jeune pousse...

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