edito

Pas de relance sans esprit d'entreprendre

Rédacteur en chef

Des entreprises ferment, d'autres se réinventent.

On en connaît, des entrepreneurs, des commerçants, des indépendants qui ont vidé leurs réserves et pour qui c’est fini. Les aides publiques et les reports de paiement n’ont pas suffi. Ils ont tenu aussi longtemps qu’ils le pouvaient. Et puis la corde a lâché. Ils n’ont pas attendu la fin des mesures de soutien pour déclarer forfait. "Nous avons dû mettre fin à nos activités, merci encore à vous !" Çà et là, des écriteaux apparaissent sur des vitrines vides, petits messages d’adieu écrits dans la douleur.

On en connaît d’autres, des entrepreneurs, des commerçants, des indépendants qui, loin de déposer le bilan, ont trouvé un chemin pour transformer l’épreuve en occasion de rebondir. Passés la sidération, le vertige ou le stress du début de la pandémie, ils se sont retroussé les manches et se sont dit : c’est mal parti, on est dans la mouise mais on va en sortir.

La relance, ce n’est pas qu’une question d’aides publiques ou de volonté politique.

Après les nuits blanches des débuts, ils ne se sont pas contentés de faire le gros dos mais sont passés à l’action. Ils ont tenté de se relancer, de pivoter sur eux-mêmes, de se diversifier, de se réinventer. Certains ont revu leurs plans, abandonné tel projet devenu inopportun pour se concentrer sur tel autre plus adapté. D’autres au contraire ont accéléré leurs investissements, par exemple dans la vente en ligne, réalisant dès à présent ce qu’ils se promettaient de concrétiser d’ici cinq ans. Ou se sont glissés dans le secteur d’activité voisin. Ou en ont profité pour alléger leurs structures et gagner en agilité. Ou se sont refinancés sans passer par la case bancaire. Ou se sont associés à d’autres. Et caetera.

Bref, ils ont été créatifs. Et voilà que, pour certains, l’année 2020 qui partait si mal s’avère au final être une année pas trop mauvaise, parfois même bonne, dans certains cas la meilleure jamais réalisée. Ces preneurs de risques peuvent alors se retourner sur cette séquence de dingue et se dire, avec une fierté toute légitime : on a eu chaud mais qu’est-ce qu’on a bien fait de se bouger !

Les uns et les autres ont fait ce qu’ils ont pu et il n’est pas question ici de juger ceux que la crise emporte. La créativité n’est d’ailleurs pas une garantie de succès, certaines transformations - même bien pensées - finiront dans le mur. Mais retenons un point de ce qui précède. La relance, ce n’est pas qu’une question d’aides publiques ou de volonté politique. L’une et l’autre sont utiles et nécessaires, oui, mais elles ne suffisent pas. Il n'y a pas de relance sans esprit d'entreprendre.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés