Pas si lucratif que ça, d'être CEO en Belgique!

Pieter Timmermans, patron des patrons belges avec le Président de la Bundesbank ©BELGA

L'enquête annuelle sur les salaires des CEO de la Vlerick pointe les différences des politiques salariales d'un pays à l'autre. Fait marquant de cette étude: être une entreprise florissante ne veut pas dire être une entreprise généreuse en bonus.

Etre dirigeant d'entreprise en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni est beaucoup plus lucratif que d'occuper cette même position en Belgique, en France ou en Suède. C'est ce qui ressort de l’enquête annuelle sur les salaires des CEO menée par la Vlerick Business School.

La rémunération moyenne totale, reprenant le salaire fixe, les bonus et la rémunération liée aux actions, s'élève pour les patrons d'une entreprise belge disposant d’une capitalisation boursière entre 1 et 3 milliards à 725.000 euros. En Suède, ce montant grimpe à 890.000 euros.

Des chiffres bien pâles à côté du 1,17 million d'euros du patron néerlandais, du 1,465 million du patron français, ou du 1,52 million du patron allemand.

"Les CEO belges, ainsi que leurs collègues suédois comptent donc parmi les moins bien payés", indique Xavier Baeten auteur de l'étude et professeur à l’Executive Remuneration Research Centre de la Vlerick. "En examinant le cas des grandes entreprises cotées en bourse (capitalisation boursière entre 10 et 50 milliards d’euros), c’est le Royaume-Uni qui l’emporte avec 6,175 millions d'euros."

Poste par poste

Xavier Baeten décortique ainsi les différences.

-> Les bonus:  Il pointe aussi l'impact culturel que l'on retrouve dans la composition du package salarial. Il explique par exemple que le poids de la rémunération variable (bonus et rémunération liée aux actions) dans la rémunération totale est plus léger en Belgique (37 %), en France (35 %) et en Suède (41 %). Une fois de plus, les CEO du Royaume-Uni (75 %) jouissent d’une rémunération variable très importante contre 53% aux Pays-Bas et 59% pour l’Allemagne.

"Alors que la Belgique et la France sont connues comme des pays présentant un haut degré d’aversion au risque, les pays anglo-saxons ont largement plus tendance à payer pour les  résultats", indique l'auteur. "La plus forte dispersion de la participation sous forme d’actions entraîne, dans ces pays, un besoin plus important de systèmes de rémunération qui alignent les intérêts des actionnaires sur ceux des CEO."

-> la pension complémentaire: D'importantes différences existent également en matière de pension complémentaire. Patrons belges, néerlandais et britanniques reçoivent en moyenne 16% du salaire fixe sous forme de pension complémentaire. Ce pourcentage est largement supérieur en Suède (34%) et en Allemagne (43%).

-> stock option plan: Cette rémunération est très populaire au Royaume-Uni. Quelque 92% des entreprises du FTSE 100 octroient une telle rémunération. Elles sont 58% aux Pays-Bas et de 65% au sein du Bel20. En Belgique, le nombre descend toutefois si on se tourne vers des entreprises de tailles plus réduites (28% pour les BelMId et 25% pour les BelSmall).

"Le retour de la rémunération liée aux actions est marquant et souligne un regain de confiance dans la bourse après avoir atteint son niveau le plus bas en 2008. La popularité relative des options sur actions est importante en Belgique. En effet, celles-ci sont encore soumises à un régime fiscal avantageux".

-> Les rémunérations liées à la performance: Fait marquant de cette étude. Les entreprises les plus performantes ne paient pas forcément mieux leur CEO que le marché en général: 43% des entreprises aux performances financières solides recourent à la  rémunération variable. Elles sont 50% pour les autres entreprises.

701 entreprises cotées en bourse en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Royaume-Uni et, pour la première fois, en Suède ont été analysées pour cette étude. En ligne de mire, leur politique de rémunération telle qu'elle se dessinait en 2015.

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