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Pourquoi la Belgique devrait introduire les formations obligatoires en entreprises

Une législation plus stricte en matière de formations au travail représenterait un triple avantage pour les employés, les employeurs et pour l’Etat lui-même

Selon le World Economic Forum, 50% des employés devront se re-former d’ici 2025. Les répercussions économiques de la crise sanitaire et les évolutions technologiques de nombreux emplois vont forcer les employés et les employeurs à aborder la formation en entreprise de manière différente. Mais il faut aller plus loin dans la régularisation des formations en entreprise, légiférons pour la rendre obligatoire.

La Belgique est à la traîne comparée à ses voisins

Début 2020, selon une étude menée par Page Personnel, moins d’un employeur belge sur quatre estimait qu’une formation continue des employés était utile. Depuis, le coronavirus est passé par là et le chamboulement du monde du travail semble avoir changé la donne.

La Belgique est à la traîne en matière de législation pour favoriser les formations au sein des entreprises.

Sur un an, la Belgique a connu une hausse de 15% des demandes de formation au sein des entreprises. Certains employés craignant de perdre leur travail, d’autres ressentant le besoin de s’adapter aux nouvelles réalités quotidiennes (digitalisation du travail, travail à distance, nouvelles responsabilités) engendrées par la crise sanitaire.

En réalité, la Belgique est à la traîne en matière de législation pour favoriser les formations au sein des entreprises. Depuis la loi Peeters en 2019, les employeurs belges du secteur privé doivent fournir ensemble un effort de formation d'une durée moyenne de cinq jours par équivalent temps plein sur une base annuelle.

Cela signifie qu’une entreprise peut allouer 9 jours de formation à un employé et… 1 à un autre. Ce n’est pas suffisant. D’autres pays comme la France sont allés plus loin. En créant le droit individuel à la formation, maintenant évolué, nos voisins français ont compris l’urgence pour la population active de continuer à se former. Ce droit oblige les employeurs à offrir des jours de formation aux employés et les employés à … les accepter. Un tel droit ne serait pas seulement le bienvenu en Belgique, il est nécessaire. Ne pas s’investir pleinement en faveur de la formation continue du plus grand nombre relève de l’erreur stratégique à long terme.

Anticipons les besoins des métiers du futur

En effet, les changements engendrés par la crise sanitaire représentent un incitant essentiel à court et moyen terme vers une législation plus stricte en matière de formations en entreprise.

Mais un autre élément fait pencher la balance. Les métiers du futur, ceux qu’exerceront les plus jeunes, n’existent pas encore. Est-ce une raison pour ne pas déjà se former ? Il est important pour le monde du travail belge que nous ne rations pas le train de l’innovation. Permettre une formation continue des employés aujourd’hui offrira une plus grande facilité d’adaptation et de formation quand les métiers du futur seront devenus ceux du présent.

De nombreuses études ont témoigné de l’effet positif que les formations ont sur le bien-être au travail des employés. Elles augmentent leur motivation et décuple leur productivité. Les employés tomberont moins malades et subiront moins de burn-out.

Une législation plus stricte en faveur des formations en entreprise à pour elle de représenter un triple avantage : pour les employeurs, pour les employés et pour l’Etat. De nombreuses études ont témoigné de l’effet positif que les formations ont sur le bien-être au travail des employés.

En améliorant leur bien-être, l’employeur augmente leur motivation et décuple leur productivité. Les employés, tout en voyant leurs conditions de travail s’améliorer, s’assurent aussi de plus grandes chances de garder leur travail sur le long-terme. Enfin, le plus grand intérêt de l’État réside dans l’amélioration des conditions de vie des travailleurs qui, à terme, tomberont moins malades et subiront moins de burn-out.

Le temps est venu pour la Belgique de rattraper son retard et d’enfin créer une culture positive de formation professionnelle. Les employés l’attendent, les employeurs sont plus ouverts. N’attendons pas. 

Olivier Dufour
Executive Director de Page Personnel (PageGroup) Belgique

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