Quimesis met en musique les rêves des startupers

©Tim Dirven

Composée uniquement d’ingénieurs, la start-up Quimesis se charge de réaliser des prototypes de toutes sortes pour d’autres entreprises. Après cinq ans, la discrète société est déjà derrière le succès de plusieurs jeunes pousses.

Un robot qui ramasse des balles de golf, un étrier connecté pour faciliter l’apprentissage de l’équitation, un compost connecté, un bracelet pour bambins détectant les problèmes respiratoires… À première vue, toutes ces inventions n’ont pas grand-chose en commun. Elles partagent pourtant toutes le même lieu de naissance: les bureaux de Quimesis. Installée en toute discrétion au fond du zoning nord de Wavre, cette start-up est un véritable laboratoire.

"Notre client type est le diplômé de Solvay qui a une idée de business mais qui ne dispose pas spécialement des compétences techniques pour créer son innovation."
lionel convent
cofondateur de quimesis

Son activité est simple, faire passer les idées révolutionnaires d’entrepreneurs d’un concept abstrait à une création bien réelle. "Nous sommes en quelque sorte les hommes de l’ombre des autres entreprises", rigole Lionel Convent, l’un des quatre fondateurs de Quimesis. Avec trois autres amis fans de robotique comme lui, ils ont lancé Quimesis il y a cinq ans.

À partir d’une simple idée, ils se chargent de tout, l’électronique, la mécanique, le logiciel embarqué, l’intégration finale et le suivi des améliorations. "Notre client-type est le diplômé de Solvay qui a une idée de business dans un secteur qu’il connaît bien. Il a les ressources pour faire tourner son entreprise et en assurer la gestion mais ne dispose pas spécialement des compétences techniques pour créer son innovation".

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Aujourd’hui, l’entreprise compte 18 travailleurs, "uniquement des ingénieurs. Nous n’avons pas un seul commercial", précise Lionel Convent. Depuis ses débuts, l’entreprise ne compte que sur les demandes directes, sans faire la moindre prospection. "Nous n’avons jamais eu besoin de chercher des clients, notre carnet de sollicitations étant toujours très rempli. Cela nous permet de choisir les projets de qualité, comme le projet BioWin Elisa, dans lequel nous collaborons avec la start-up Sunrise, l’UCLouvain et l’UNamur, dans le but de traiter certaines maladies du sommeil", précise encore le patron.

L’essentiel de ses clients sont des start-ups. Parmi ses derniers projets, Quimesis a notamment œuvré à la fabrication du prototype d’Invineo, le ‘Nespresso du vin’ ou encore les détecteurs de chute de la start-up Kaspard. "Nous avons aussi travaillé avec KeeMotion sur certains aspects de leur caméra qui suit automatiquement les actions d’un match de basket. Ils sont désormais installés aux Etats-Unis et travaillent avec des clubs de NBA", explique encore le patron.

Geeks plutôt que commerciaux

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Les quelques jolis succès obtenus grâce à Quimesis ne rapportent toutefois pas toujours plus aux ingénieurs wavriens. "Dans la plupart des contrats, nous ne prévoyons pas de clauses spécifiques en cas de succès. On devrait peut-être. Mais on n’est pas des spécialistes du commercial. On est plutôt des geeks qui s’amusent à développer les produits "high-tech" de demain", rigole Lionel Convent. L’entreprise se porte néanmoins plutôt très bien.

En 2019, le chiffre d’affaires devrait atteindre 1,6 million d’euros, en hausse de 60% par rapport à l’année précédente. "Nous pensions un moment atteindre une certaine limite dans la croissance, surtout avec notre politique où on ne fait aucune publicité. Mais on constate que nous avons toujours de la demande. Pour le moment, on tourne avec une quinzaine de projets par an, compris entre 50.000 et 300.000 euros", détaille le patron qui peut aussi s’appuyer sur la fidélité de sa clientèle.

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"La majorité de nos clients constatent qu’ils ont besoin d’un suivi régulier, mais pas assez récurrent pour engager une équipe en interne. Et comme nous sommes sur des marchés d’innovation, il est très courant qu’ils souhaitent développer des améliorations, voire de nouveaux produits complétant leurs gammes existantes", glisse le patron qui assure ne pas avoir de concurrents directs en Wallonie. L’entreprise est bénéficiaire depuis le premier jour. "Et nous n’avons jamais eu besoin de lever des fonds".

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