carte blanche

Relancer les événements pour relancer les entreprises

CEO de Finance.Brussels

Les vacances sont terminées et c'est la rentrée. Théoriquement, c’est donc le moment pour de nombreux décideurs, de planifier les événements à ne pas louper. Pourtant, cette année, ce ne sera pas le cas. Depuis plus de 6 mois, les mesures sanitaires ont entraîné l’arrêt complet de l’activité dans le secteur de l’événementiel (foires et salons, événements d’entreprise, événements culturels et sportifs).

Les organisateurs d’événements estiment la perte de chiffre d’affaires à 1,3 milliard d'euros alors que les fournisseurs d'événements s'attendent à perdre plus de 3,6 milliards d'euros. De plus, 80 000 emplois sont concernés. Voilà ce que l’on peut « résumer » pour les effets « directs ».

Mais il y a aussi les effets « indirects ». C’est-à-dire les effets dont on comprend la nature mais qui sont difficilement chiffrables.

Ainsi, en ce qui concerne les foires et salons, on estime généralement que pour 1 € dépensé, il y a 7 € de retombée pour l’économie locale. Ce calcul tient notamment compte des dépenses des exposants et du fait que les visiteurs d’un événement se déplacent, se logent, vont au restaurant, prennent le métro ou le taxi…

A ceci s’ajoute encore d’autres effets indirects difficilement chiffrables mais loin d’être négligeables. Je pense notamment à l’effet accélérateur pour le développement des entreprises.

En effet, les événements constituent un média de choix pour les entreprises. En un seul lieu, les entreprises disposent d’une véritable panoplie d’outils pour atteindre leurs objectifs.

Jusqu'à 30% du chiffre d'affaires...

Un salon rassemble la grande majorité des acteurs d’un marché.  C’est donc le lieu idéal pour y rencontrer de nombreux clients et prospects. Ainsi, on estime que les exposants du salon de l’auto réalisent 25% de leur chiffre d’affaires annuel, ce qui représente plus de 125.000 véhicules vendus pour le secteur en belgique… Dans le secteur de la construction, les exposants de Batibouw réalisent près de 30% de leur chiffre d’affaires annuel sur la durée du salon. On comprend mieux pourquoi certains salons sont considérés comme incontournables.

Bien entendu, on ne fait pas que vendre ou chasser des « leads » sur un salon. On peut y atteindre jusqu’à 21 buts différents ! On peut, par exemple, profiter du public présent pour réaliser une enquête, tester une campagne ou tester une nouvelle stratégie de prix.  De même, considérant la présence de la majorité des acteurs du marché, il est très facile de profiter d’un salon ou d’un événement sectoriel pour développer sa notoriété ou analyser le marché en vue d’anticiper le positionnement de la concurrence.

Mais il n’y a pas que les foires et salons qui créent de la valeur pour les entreprises. Quelle que soit leur nature, les événements sont des lieux de rencontres et de « Networking ». On se croise, on se rencontre, on vibre autour d’une passion pour la musique, pour un artiste ou pour un sport.

Des rencontres créatrices de valeur

On y fait également de belles rencontres, on y développe son carnet d’adresses.

Pour certains ces rencontres parfois surprenantes sont véritablement fortuites, pour d’autres elles résultent de la mise en place d’une véritable stratégie de networking. Quoi qu’il en soit, ces rencontres sont souvent créatrices de valeur. Certaines personnes y ont rencontré de nouveaux clients, leurs associés, leurs complices, leur futur CEO ou encore celui ou celle qui leur a inspiré LA bonne idée. 

"Depuis le début de la crise, le secteur événementiel et ses 80.000 familles sont à l’arrêt et avec eux ce sont des milliers de rencontres fortuites et d’opportunités dont les autres secteurs ne bénéficient pas."
Pierre Hermant
CEO de Finance & invest.brussels

Depuis le début de la crise, le secteur événementiel et ses 80.000 familles sont à l’arrêt et avec eux ce sont des milliers de rencontres fortuites et d’opportunités dont les autres secteurs ne bénéficient pas. Pour ceux qui débutent leur carrière, c’est un véritable défi car c’est précisément le moment où l’on doit construire et développer son réseau pour bénéficier au maximum de l’intelligence collective.  Pour ceux qui disposaient déjà d’un grand réseau, le digital offre quelques alternatives, mais ce n’est pas suffisant et cela ne remplacera jamais la magie d’une bonne rencontre.

C’est pourquoi il est important que de véritables experts travaillent en bonne intelligence avec le politique et le secteur pour déterminer les modalités de la relance en tenant compte des spécificités propres aux différentes catégories d’événements. En effet, même si tous ces événements sont vertueux, en ce qui concerne les mesures à prendre, il est de plus en plus important de ne pas généraliser. On ne peut comparer un mariage à une conférence ; un stade de foot à une compétition de pétanque ; l’affluence d’un salon B to B spécialisé à celle d’un salon comme Batibouw ou le Salon de l’auto ; le comportement des festivaliers à celui des participants à un concert de musique classique en salle.

Pierre Hermant
CEO de Finance & invest.brussels

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