RenoWindow cible 90% des vitrages wallons trop peu isolants

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La joint-venture créée par AGC Glass Europe et la Wallonie s’apprête à commercialiser Fineo. Ce double vitrage épais comme un simple et aussi performant qu’un triple sera produit à partir d’avril à Lodelinsart. À la clé: la création d’une quinzaine d’emplois. Cible privilégiée: les 20% de bâtiments munis d’un simple vitrage et les 70% dotés d’un double vitrage de première génération.

Contraint de mettre un terme à plusieurs activités pour cause de compétitivité insuffisante, AGC Glass Europe a connu au début des années 2000 une période très difficile, émaillée de plusieurs restructurations parfois lourdes. Aujourd’hui, le groupe verrier, qui s’est refait une santé, se redéploie progressivement, en misant sur le vitrage de haute technologie.

À partir d’avril prochain, il entamera ainsi la production d’un nouveau vitrage ultra-isolant dans son usine de Lodelinsart. Fineo – c’est son nom – est le fruit de plusieurs années de recherche dans les laboratoires du groupe à Gosselies.

Quinze emplois

Sous ses apparences de vitre banale, ce nouveau produit est un véritable concentré de technologies de pointe. Fineo, c’est un double vitrage sous vide à peine plus épais qu’un simple carreau et au moins aussi isolant qu’un triple.

"Nous pouvons réaliser d’un seul coup 10% des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la Wallonie d’ici 2050."
Serge Martin
Responsable développement chez AGC Glass Europe

Le secret: le vide d’air intégral entre les deux vitres, séparées de 0,1 millimètre seulement, et une fine couche métallique superisolante qui empêche la diffusion de chaleur par rayonnement des infrarouges. La pression entraînée par le vide d’air est contrée par l’insertion, entre les deux vitres, de petits "piliers" en polymère de l’épaisseur d’un cheveu – à raison de… 900 par mètre carré.

Son coefficient d’isolation thermique de 0,7 W/m² le rend quatre fois plus isolant qu’un simple vitrage et deux fois plus isolant qu’un double vitrage de première génération. Et il est à 100% recyclable.

AGC Glass Europe, qui investit pour la cause quelque 10 millions d’euros, prévoit de lancer la production de Fineo à partir d’avril dans sa nouvelle unité de production de Lodelinsart. Avec à la clé la création, dans un premier temps, d’une quinzaine d’emplois qui viendront s’ajouter aux quelque 70 salariés actuels.

Le graal de l’isolation

Les responsables du groupe verrier ne sont pas loin de penser qu’ils ont touché le graal en matière d’isolation. "Nous offrons une solution pour réaliser d’un seul coup 10% des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la Wallonie d’ici 2050", lance Serge Martin, manager en charge du développement chez AGC Glass Europe.

Revoir : AGC Glass Europe | Champion du verre augmenté

La filiale européenne du japonais Asahi, numéro un mondial du verre, fonde de gros espoirs sur les débouchés dans le secteur de la construction, tant pour les immeubles de bureau que pour les bâtiments résidentiels.

"Avec une capacité de production de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés par an, nous avons la flexibilité suffisante pour démarrer", précise Serge Martin.

La rénovation de bâtiments offre elle aussi des potentialités intéressantes. Plus particulièrement en Wallonie, où le parc immobilier se caractérise par sa vétusté.

"Aujourd’hui, 90% des vitrages wallons existants peuvent être améliorés, à savoir les 20% de simples vitrages et les 70% de doubles de première génération. Un remplacement intégral par notre nouvelle solution permettrait de réduire les émissions de CO2 de 1,7 million de tonnes par an", souligne Serge Martin.

Les pouvoirs publics wallons ont compris tout l’intérêt de promouvoir ce verre super-isolant. Via B.E.FIN, filiale de la SRIW spécialisée dans les énergies renouvelables et les technologies environnementales, la Région wallonne s’est associée à AGC Glass pour créer une entreprise conjointe, RenoWindow, qui sera chargée essentiellement de commercialiser le vitrage Fineo dans la rénovation des bâtiments.

L’obstacle du prix

"Grâce au Fonds Kyoto, qui n’avait jamais été libéré jusqu’ici, la Région injecte 8 millions d’euros dans RenoWindow, AGC mettant 8,3 millions. Elle reste donc minoritaire mais participe au risque de l’investissement", dit le ministre wallon de l’Énergie et du Climat, Jean-Luc Crucke. L’obstacle majeur qui reste à surmonter, c’est le prix. Car la technologie, cela se paie. Un vitrage Fineo coûte actuellement 430 euros par mètre carré, contre 195 euros pour un double vitrage.

"Grâce au Fonds Kyoto, qui n’avait jamais été libéré jusqu’ici, la Région injecte 8 millions d’euros dans RenoWindow, AGC mettant 8,3 millions. Elle reste donc minoritaire mais participe au risque de l’investissement."
Jean-Luc Crucke
Ministre wallon de l’Énergie et du Climat

Mais pour les responsables d’AGC et de la Région, cet inconvénient est en grande partie compensé par les gains engendrés par les économies substantielles d’énergie et par la facilité d’installation.

"Le vitrage Fineo permet d’offrir une solution de remplacement rapide. Il est tout à fait possible de conserver les châssis en place et d’y insérer du vitrage à haute performance, ce qui permet de réduire sensiblement le coût puisque le travail est fait beaucoup plus rapidement", explique Serge Martin.

Bâtiments classés

Chez AGC Glass, on fonde du reste de gros espoirs sur les perspectives offertes par la rénovation de bâtiments historiques. "Nous sommes même en mesure de reproduire des vitres à l’ancienne, en ajoutant une couche qui rend le revêtement moins lisse", précise le responsable.

La Régie des Bâtiments a d’ailleurs déjà pris langue avec le groupe verrier en vue de la rénovation des vitrages de bâtiments classés.

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