Sunrise lève 1 million pour son détecteur d'apnée du sommeil

Avec une levée de fonds d’un million d’euros et le lancement de son dispositif de détection de l’apnée du sommeil, Sunrise s’attaque à un marché complexe.

"La façon dont on traite aujourd’hui le sommeil fait penser au traitement réservé à la cigarette il y a 60 ans." Le fondateur de Sunrise, Laurent Martinot, n’y va pas de main morte. Deuxième maladie du sommeil après l’insomnie, l’apnée du sommeil reste une problématique mondiale de premier plan et qui est régulièrement appelée le "nouveau mal du siècle". Près d’un homme sur deux et une femme sur quatre souffre d’apnées du sommeil après 40 ans mais obtenir un diagnostic de son sommeil reste fastidieux et contraignant. Le taux de diagnostic reste en conséquence extrêmement faible (20%) pour une maladie qui multiplie par trois le risque de décès. C’est ici qu’intervient Sunrise.

La start-up namuroise est née au sein de la famille Martinot. Le père, Jean-Benoît, médecin spécialiste du sommeil et auteur de nombreuses publications scientifiques dans le domaine, partage ces questions avec ses fils Laurent et Pierre: "Les troubles respiratoires du sommeil engendrent des risques importants pour les patients non diagnostiqués (accident vasculaire cérébral, arythmie cardiaque, diabète, hypertension artérielle, obésité). Un patient non diagnostiqué coûte en moyenne 6000 euros par an à la société, contre 2000 euros s’il est diagnostiqué."

"Les traqueurs de sommeil sont loin d’être tous validés sur le plan médical et présentent parfois des mesures qui sont tout à fait fantaisistes."
Laurent Martinot CEO de Sunrise

Suite à ces constats, les deux fils ont créé Sunrise et surtout une technologie qui tient dans un petit capteur et pèse à peine trois grammes avec pour ambition de proposer un diagnostic simple et fiable en une nuit. Si ce dispositif n’évitera jamais au patient une visite chez le généraliste, qui est le seul à pouvoir valider une détection et orienter vers les spécialistes indiqués, il permet un premier filtre en amont de la chaîne.

Après plusieurs années de recherche qui ont démontré une corrélation entre les troubles respiratoires du sommeil et les mouvements du menton, le capteur a été validé scientifiquement et médicalement. La start-up attend encore l’approbation de la FDA pour pouvoir attaquer le marché américain. Pour garantir la validation européenne et soigner sa réputation dans la communauté scientifique, la start-up a collaboré avec plusieurs centres de recherche universitaires, dont l’Imperial College de Londres, et va avoir sa première publication scientifique dans les prochaines semaines. "Les traqueurs de sommeil sont loin d’être tous validés sur le plan médical et présentent parfois des mesures qui sont tout à fait fantaisistes", explique Laurent Martinot.

Le sommeil attire les start-ups

Sunrise vient de boucler une levée de fonds d’un million d’euros après de différents business angels dont Thibaud Elzière (eFounders).

Le modèle économique de la start-up est basé uniquement sur la vente directe du dispositif qui n’est pas réutilisable. Vendu à 89 euros par internet, la start-up espère en écouler 400 d'ici à la fin de l'année. Un modèle qui surprend car start-up et dispositif médical riment souvent avec abonnement et revenus récurrents. Les fondateurs expliquent qu’ils pourraient faire évoluer leur modèle économique en fonction des résultats de la première année. Une année qui sera sûrement compliquée tant la concurrence est rude dans le secteur. Plusieurs start-ups belges ont déjà investi le marché.

On citera notamment Nomics, une start-up liégeoise qui propose un capteur qui analyse l’effort ventilatoire du patient. Active en B2B à l’inverse de Sunrise, la start-up se situe à un autre moment de la détection puisque le dispositif est conseillé par le médecin, alors que Sunrise se situe au tout départ de la chaîne de détection. Nomics avait levé 4 millions d’euros il y a plus d’un an et continue son développement. Une autre start-up belge, Nyxoah, s’est penchée sur la question en proposant, elle, un dispositif correcteur une fois le diagnostic effectué. Chacune d’entre elles tente en fait de se positionner à un moment précis du processus de détection et de correction. Avec un marché mondial qui représente plus de 80 milliards de dollars, elles ne seront sans doute pas les dernières à tenter l’aventure en apnée.

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