Synatom, AG Insurance et la SFPI lancent le fonds I4B

Le périmètre d’action du fonds I4B (The Belgian Infrastructure Fund)? Les infrastructures au sens large, comme les énergies renouvelables, le stockage d’électricité, le transport urbain, les bâtiments d’intérêt public ou social, ainsi que les secteurs routier, maritime, portuaire, fluvial ou aéroportuaire. ©Doc

Synatom, AG Insurance et l’État fédéral, via la SFPI, vont injecter 50 millions d’euros chacun dans ce fonds d’investissement qui a pour objectif d’investir dans des infrastructures. Avec l’apport d’investisseurs extérieurs et des banques, il pense pouvoir financer plus de 2 milliards d’investissements dans les cinq à six ans à venir.

Il a été officiellement créé le 22 février dernier. Son nom? I4B, The Belgian Infrastructure Fund. Ses actionnaires? AG Insurance, la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) et Synatom, qui détiennent chacun un tiers du capital. Sa mission? Investir dans les infrastructures, en Europe mais surtout en Belgique.

Cela fait un certain temps déjà que le projet se préparait. C’est la SFPI, le bras financier de l’État belge, qui aurait initié les discussions, et persuadé Synatom, la filiale d’Engie Electrabel chargée de la gestion des provisions nucléaires, ainsi qu’AG Insurance, le premier assureur du pays, de participer à l’aventure.

I4B n’est pour l’instant doté que d’un capital de 300.000 euros, mais chaque partenaire prévoit d’y injecter 50 millions d’euros, au fur et à mesure que les projets d’investissements se concrétisent. L’entrée d’autres partenaires au capital n’est pas exclue, ce qui pourrait porter les moyens du fonds à 250 millions d’euros.

"Compte tenu des crédits bancaires et du fait que projet par projet, d’autres investisseurs pourraient nous rejoindre, nous envisageons plus de 2 milliards d’euros d’investissements dans les cinq à six années à venir", confie Robert Leclère, administrateur délégué de Synatom.

Échapper à la dette publique

Le périmètre d’action de ce fonds? Les infrastructures au sens large, comme les énergies renouvelables, le stockage d’électricité, le transport urbain, les bâtiments d’intérêt public ou social, ainsi que les secteurs routier, maritime, portuaire, fluvial ou aéroportuaire.

Des domaines dans lesquels les besoins sont souvent criants en Belgique, faute d’investissements importants réalisés par l’État fédéral et les Régions durant les 20 dernières années.

Le fonds investira prioritairement en Belgique, mais n’exclut pas de financer également des projets ailleurs en Europe, si des entreprises belges y ont une participation significative.

Un des intérêts d’une structure qui réunit partenaires publics et privés, c’est que si les dossiers sont bien ficelés, cela permet de procéder à des investissements qui ne sont pas comptabilisés dans la dette publique de l’État. D’autres pays européens ont déjà adopté ce type de construction, l’État belge a donc décidé de suivre.

Un rendement de 8%

Pour les deux autres partenaires, l’intérêt réside plutôt dans la diversification de leurs investissements, ainsi que dans le rendement que ce fonds devrait leur offrir. "Nous visons un rendement minimum de 8% par an", indique en effet Robert Leclère.

"Nous visons un rendement minimum de 8% par an."
Robert Leclère
administrateur délégué de Synatom

AG Insurance, dont les actifs sous gestion atteignent près de 70 milliards d’euros, a décidé d’augmenter ses investissements dans les projets d’infrastructures publiques, susceptibles de rapporter davantage que les traditionnelles obligations d’Etat, tout en offrant une sécurité comparable. Ses investissements dans ce domaine sont actuellement de l’ordre de 1,5 milliard, dont 300 millions en énergies renouvelables.

La logique est la même pour Synatom, qui est détenu à 100% par Engie Electrabel, moins une action qui est aux mains de l’État. C’est cette filiale qui collecte les fameuses provisions nucléaires destinées à couvrir le démantèlement des centrales et l’enfouissement des déchets. Une société sur les comptes de laquelle il devait y avoir, fin 2018, 11 milliards d’euros.

La loi prévoit que Synatom peut reprêter 75% de ces provisions à Engie Electrabel. Le solde doit être placé dans des actifs financiers ou prêté à d’autres entreprises, mais à des conditions assez strictes. Consacrer une (petite) partie de ces 25% à un fonds d’infrastructure permet à Synatom de diversifier ses investissements, avec une perspective de rendement supérieur. Sans oublier que Fabricom et Cofely, deux autres filiales d’Engie au Benelux, sont elles-mêmes impliquées dans des projets d’infrastructure: ce fonds pourrait aider à en réaliser certains. "L’initiative a aussi un objectif sociétal", ajoute Robert Leclère.

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