"Tel Aviv, c'est la ville qui ne dort jamais" (Marc Filipson, fondateur de Filigranes)

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L’Echo vous emmène cet été à la découverte de villes du monde entier à travers les yeux de dirigeant(e)s d’entreprises en vue. Aujourd’hui, Tel Aviv par Marc Filipson, fondateur de Filigranes.

Interrogez Marc Filipson sur Tel Aviv, il se transforme en moulin à paroles. Impossible de l’arrêter. Le fondateur de Filigranes, la plus grande librairie du pays (sans compter ses satellites), voue une véritable passion pour le poumon économique d’Israël, réputé notamment pour son industrie technologique.

Créée il y a seulement un peu plus d’un siècle, Tel Aviv est souvent surnommée "Miami-sur-Méditerranée". Marc Filipson confie qu’il se serait bien vu s’installer à Miami, "qui contrairement à ce que l’on croit, n’est pas une ville de vieux", glisse-t-il entre parenthèses alors que Tel Aviv est réputée pour son rythme de vie trépidant, sa jeunesse, sa vivacité.

Une odeur de jasmin

Les bonnes adresses

  • Shuk HaCarmel - L’immense marché local en plein air avec ses senteurs orientales tenaces et ses bonimenteurs intarissables, ses produits artisanaux.
  • Se promener sur le port - Le Namal, soit côté Tel Aviv, soit côté Jaffa (la vieille ville).
  • La Tahana - L’ancienne gare restaurée avec de nombreux magasins "made in Israël", restaurants et marché.
  • Les nombreux restos -   Le Miznon: les meilleures "pitotes" (pittas) de la ville. Le Gotcha (moules), Le Shila (poissons, viandes: un must).
  • Musées et galeries - Le musée de l’Indépendance, le musée d’Art moderne, celui du design (dans un bâtiment dessiné par Ron Arad),la galerie Zemack (art contemporain).
Ce qu'il aime
  • La vue sur la mer de sa chambre d’hôtel. "J’envoie des photos,je partage ce plaisir merveilleux!"
  • Le sens de la fête des habitants
  • La douceur de vivre et le plaisir de flâner.

Ce qu'il n'aime pas

  • La mobilité"Il y a beaucoup trop de voitures. Les chauffeursde taxi sont sans gêne!"
  • Le soleil qui se couche trop tôt!

"Je suis né juif, je vais en Israël depuis l’âge de six ans, se rappelle le libraire le plus médiatique du pays. Ce qui m’a frappé quand j’étais petit, c’est l’odeur de jasmin quand on débarque dans le pays. Cela a un peu disparu aujourd’hui, mais ça m’est resté."

Au gré de ses pérégrinations dans l’Etat hébreu, Marc Filipson s’est donc pris de passion pour Tel Aviv. "Je m’y rends de six à dix fois par an, assure-t-il. C’est une des rares destinations où l’on est certain d’avoir du beau temps quasiment toute l’année, ceci à seulement 4 heures de vol de Bruxelles." Marc Filipson la compare volontiers à Beyrouth, la capitale du Liban voisin: "Des villes où tout a changé depuis une quinzaine d’années, qui aiment faire la fête dans des pays marqués par les guerres et où on ne sait pas de quoi demain sera fait."

C’est aussi une ville très francophone (il y en a environ 500.000 en Israël). Bref, il s’y sent chez lui. "Quand j’y vais, je vérifie toujours s’il y a des amis sur place, des gens qui ont fait ce qu’on appelle leur Alya, c’est-à-dire quitter la Belgique pour s’installer en Israël. Il y a aussi des familles juives belges qui viennent pour y organiser des fêtes: la Bar Mitzvah de leurs enfants, des mariages." Fêtes, amis, soleil: Tel Aviv offre un cocktail idéal pour Marc Filipson.

Un rituel immuable

"Même si je vais très souvent à Tel Aviv, je n’ai jamais songé à acheter sur place, le prix de l’immobilier étant assez élevé."

On l’aura compris, il s’y rend essentiellement à titre privé, souvent en famille, avec l’un ou l’autre de ses enfants, selon un rituel quasi immuable. "C’est peut-être vieux jeu, mais je loge chaque fois au Hilton, dit-il. Même si je vais très souvent à Tel Aviv, je n’ai jamais songé à acheter sur place, le prix de l’immobilier étant assez élevé." Et puis, l’hôtel a l’avantage d’être à front de mer. "Quand je sors, je suis directement sur la plage et, de l’autre côté, je suis en une minute sur la Ben Yehouda et la Dyzengoff, les deux artères principales de la ville remplies de magasins, de restaurants avec aussi un hôtel mythique, le Cinéma, en raison de la présence en face de salles de cinéma..."

Toutes deux partent du port de la ville, Le Namal, où l’on trouve multitude de bars et de restaurants. Il aime aussi s’offrir un incontournable des lieux: la promenade en front de mer jusqu’à Jaffa, la vieille ville, célèbre pour son port qui remonte à l’Antiquité: "Cela me prend une heure aller-retour, c’est un vrai bonheur." Sur la plage, Marc Filipson aime nager et bien sûr, bouquiner: "J’y amène toujours une valise pleine de livres." Autres passages obligés: les galeries, les expositions et le Shuk HaCarmel, l’immense marché local. "Une visite à ne pas manquer, un vrai bonheur", dit-il.

La fête jour et nuit

"C’est une ville balnéaire, ils ont une longueur d’avance sur tout. On y fait la fête jour et nuit, il y a des boîtes qu’on ne trouve nulle part ailleurs, dans des lieux parfois improbables."

Fin bec et volontiers fêtard, le néo-sexagénaire adore cet art de vivre méditerranéen. On appelle d’ailleurs Tel Aviv, "la ville qui ne dort jamais". "C’est une ville balnéaire, ils ont une longueur d’avance sur tout. On y fait la fête jour et nuit, il y a des boîtes qu’on ne trouve nulle part ailleurs, dans des lieux parfois improbables. Et puis surtout on y mange très bien, détaille-t-il. Jusqu’à il y a une quinzaine d’années, les restaurants pratiquaient la ‘cash-erout’, tout était fermé le samedi, on mangeait uniquement casher. Tout ça, c’est fini. Aujourd’hui c’est la ville où on mange le mieux au monde." Et d’égrener ses bonnes adresses (lire l’encadré).

Sur le plan professionnel, Tel Aviv représente sans doute moins d’intérêt qu’avant pour le patron de Filigranes. "Il y a quelques années, je m’y rendais aussi pour affaires, j’y dénichais des gadgets, des DVD de séries israéliennes, de la carterie comme par exemple des cartes de vœux en hébreu pour des fêtes juives. à l’époque, on ne trouvait ça que là. Depuis, j’ai trouvé un grossiste. Il y a dix ans, j’ai même failli ouvrir une librairie de 700 m² au sol sur le port de Tel Aviv. Mais quand je me suis rendu compte que ce que je croyais être le loyer annuel était en réalité le loyer mensuel, j’ai stoppé net: c’était impayable!"

Aujourd’hui, un projet refait surface: "On m’a proposé de m’associer avec des entrepreneurs locaux, ça m’a l’air sérieux, mais je ne gérerais pas moi-même, je ferais plutôt de l’animation, par exemple en invitant des auteurs pour des rencontres avec les lecteurs."

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