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The Faktory lance un fonds d'investissement de 20 millions d'euros

Pierre L’Hoest et Simon Alexandre, devant le bâtiment qui héberge certains de leurs projets. ©JC Guillaume

L’accélérateur de start-ups de Pierre L’Hoest et Simon Alexandre lance un nouveau fonds d’investissement dédié aux start-ups. Déjà doté de 15 millions d’euros, il devrait atteindre les 20 millions rapidement et investir dans plus d’une dizaine de projets rapidement. La structure The Faktory se positionne sur deux axes: accompagnement et investissement.

Niché au cœur des bois à Liège, l’accélérateur de start-ups The Faktory a démarré ses activités en 2013 au travers de Belinvest, la holding patrimoniale de Pierre L’Hoest, cofondateur d’EVS. La structure se considérait elle-même comme une start-up à l’époque et a évolué seule dans les premières années. Depuis, elle a enchaîné les investissements via Belinvest et a suivi une logique d’accompagnement pour chacun d’entre eux.

La structure accompagne les entreprises sélectionnées financièrement mais aussi au jour le jour pour maximiser les chances de réussite de ses protégés. Début 2019, Pierre L’Hoest et Simon Alexandre, directeur de la structure, ont voulu amplifier la dynamique enclenchée en la structurant dans le cadre d’un fonds d’investissement dédié à leurs investissements et en l’ouvrant à d’autres investisseurs privés et publics. "Après 5 ans, nous avons pu constater le succès de notre formule. C’est ce succès qui a motivé la création du fonds", explique Pierre L’Hoest.

Les pépites du portefeuille

Ce fameux fonds se matérialise aujourd’hui sous le nom de "The Faktory Fund". L’objectif est d’opérer dans la même logique que lors des précédents investissements et accompagnements d’entreprises mais cette fois-ci à une échelle supérieure. Lors des 6 dernières années, The Faktory a investi un peu moins de 6 millions d’euros dans une dizaine de projets.

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millions €
Lors des 6 dernières années, The Faktory a investi un peu moins de 6 millions d’euros dans une dizaine de projets.

Pierre L’Hoest le sait, le plus connu de ces projets et la pépite actuelle de son portefeuille, c’est e-Peas. La start-up a été accompagnée depuis ses débuts par The Faktory, qui lui a donné sa dimension industrielle. Elle connaît un succès impressionnant avec ses microsystèmes dédiés à l’IOT (internet des objets) et travaille avec de grands industriels du secteur comme Airbus Ventures, Semtech ou JC Decaux. La start-up est d’ailleurs en train de réaliser une levée de fonds qu’elle clôturera dans les prochaines semaines.

Autre investissement qui a compté dans l’histoire récente de The Faktory, c’est Riiot Labs. La société technologique liégeoise spécialisée dans les piscines connectées a été rachetée en 2017 par le leader mondial espagnol Fluidra. Avec un investissement initial de 500.000 euros et une revente entre 8 et 10 millions d’euros, c’est ce qu’on appelle un beau coup pour The Faktory. "C’est un projet que nous avions repéré au CES de Las Vegas en 2015. Nous y avons vu une opportunité et nous l’avons accompagné pour lui donner cette dimension industrielle qui a fait la différence lors de la revente", commente Pierre L’Hoest.

Un beau casting

Pour multiplier ce type d’investissement et augmenter leur capacité financière et d’accompagnement, Simon Alexandre et Pierre L’Hoest ont décidé de s’entourer lors de la création du nouveau fonds. Autour de la table, on retrouve un beau casting mêlant privé et public avec évidemment Belinvest mais aussi Nomainvest, la holding de la famille Noël, des anciens compagnons de route de Pierre L’Hoest qui préfèrent garder l’anonymat, la structure d’investissement belge 4 Ventures, la SRIW et la SFPI.

Aujourd’hui, c’est le fonds qui doit séduire la start-up et pas l’inverse.
Pierre L’Hoest

Ce beau monde a déjà rassemblé 15 millions d’euros en "pre-closing" et espère attirer les 5 millions restants rapidement. Bien s’entourer, ce n’est pas qu’une question de moyens, c’est aussi pour mieux convaincre les start-ups. "Aujourd’hui, c’est le fonds qui doit séduire la start-up et pas l’inverse".

Les premiers investissements du fonds seront annoncés dans les prochaines semaines. Au total, plus d’une dizaine d’entreprises devraient débarquer dans l’écurie de The Faktory rapidement. "Nous nous concentrons sur les investissements early-stage et un accompagnement dès les premiers pas de l’entreprise", précise Simon Alexandre. Si la priorité sera toujours donnée aux start-ups wallonnes, le fonds ciblera aussi des projets dans les régions limitrophes.

Identifier les bons projets

Lors du choix des entreprises, les gestionnaires du fonds porteront principalement leur attention sur l’équipe, vu le caractère très précoce de la démarche d’investissement, la technologie et le potentiel international. Pierre L’Hoest compte aussi sur son expérience personnelle pour détecter les pépites. "Mon expérience à la tête d’EVS m’aide à identifier les bons projets".

Au quotidien, la gestion du fonds sera assurée par Pierre L’Hoest, Simon Alexandre et Nicolas Biet. The Faktory devraient cibler principalement des investissements avec d’autres fonds pour monter sur de plus gros projets et mutualiser les risques.

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