Toshiba liquide NuGen, se désengage du GNL et supprime 7.000 emplois

Nobuaki Kurumatani est arrivé aux commandes de Toshiba en avril dernier ©AFP

Malgré un bénéfice net record, le conglomérat industriel japonais se restructure encore et supprime 5% de ses effectifs. Toshiba, victime d'une succession de crises internes ces dernières années, continuer ainsi de se débarrasser de ces actifs jugés non-stratégiques.

Une volée de mesures pour tenter de se remettre durablement sur pied. En marge de la publication des résultats trimestriels de Toshiba, le nouveau patron, Nobuaki Kurumatani, a voulu frapper un grand coup. Arrivé aux commandes en avril dernier, il a brièvement expliqué les grandes lignes de sa stratégie: "Ma mission est de consolider le groupe puis d'assurer sa croissance, je veux réaliser une croissance organique."

Concrètement, Toshiba entreprend de liquider sa filiale nucléaire britannique NuGen et de vendre son pôle GNL (gaz naturel liquéfié) aux Etats-Unis.

Mais ce plan est surtout une nouvelle restructuration. Est prévue la suppression en cinq ans de 5% des effectifs, soit quelque 7.000 emplois sur les 140.000 que compte Toshiba, un géant aux multiples filiales dont le nouveau CEO voudrait réduire le nombre de 25% tant au Japon qu'à l'étranger.

Recentrage sur la technologie

"Si on regarde les 20-30 ans à venir, va se poursuivre la révolution des technologies matérielles (appareils et composants) et immatérielles (de l'internet) et nous devons davantage accentuer notre R&D dans ces domaines."
Nobuaki Kurumatani
CEO de Toshiba

La décision de liquider NuGen est un coup dur pour la Grande-Bretagne, qui comptait sur l'entreprise pour bâtir une centrale nucléaire susceptible de fournir 7% de l'électricité du pays. La société publique Korea Electric Power (Kepco) discutait avec Toshiba de l'achat d'une participation dans NuGen et le ministère de l'Energie sud-coréen a fait savoir ce jeudi qu'il était en contact étroit avec Londres sur le dossier NuGen, tout en surveillant la procédure de liquidation avec Kepco.

Concernant la filiale spécialisée dans le GNL, Toshiba America LNG, Toshiba n'a pas donné le nom de l'acheteur dans un premier temps, avant de confirmer une information du quotidien financier japonais Nikkei, suivant laquelle l'acheteur en question était une filiale de la société gazière chinoise ENN Group. Toshiba a ajouté que la vente à ENN Ecological Holdings se ferait pour 15 millions de dollars.

Dans le même but, il a déjà abandonné l'énergie nucléaire hors du Japon. Il a également vendu à son compatriote requinqué Sharp sa division de PC qui avait pourtant fait la réputation mondiale du groupe centenaire, pionnier des modèles portables. "Si on regarde les 20-30 ans à venir, va se poursuivre la révolution des technologies matérielles (appareils et composants) et immatérielles (de l'internet) et nous devons davantage accentuer notre R&D dans ces domaines", a ainsi détaillé le patron de Toshiba.

Un peu d'air sur les marchés 

L'action a atteint un pic de près de deux ans après ces annonces, portée également par une autre décision très attendue, celle de racheter jusqu'à 40% de ses propres actions à partir de vendredi. Elle a terminé sur un gain de 12,7% après avoir gagné jusqu'à 13,7%. Toshiba s'efforce de regagner la confiance des investisseurs depuis 2015, année où fut dévoilée un scandale comptable retentissant. Le groupe japonais avait alors dû admettre l'existence d'énormes dépassements de budget chez sa filiale nucléaire américaine Westinghouse, depuis lors déclarée faillie. Le conglomérat a également dû vendre cette année sa précieuse division mémoires à un consortium emmené par le fonds de capital investissement américain Bain Capital, ne conservant plus guère d'activités porteuses.

Pour satisfaire les actionnaires, le groupe, dont la taille a été réduite de près de moitié, a indiqué ce jeudi qu'il offrirait des dividendes. "Nous avons causé beaucoup de souci aux actionnaires et notre intention est, en même temps que se poursuivra notre plan de cinq ans, d'augmenter au fil des ans ce qu'on redonne aux porteurs d'actions", a promis le CEO. Toshiba va aussi mettre en oeuvre un plan de rachat de ses propres actions au cours de l'année à venir pour un montant maximum de 700 milliards de yens, portant sur 40% des titres en circulation.

Ce jeudi, l'annonce du rachat de titres l'a emporté, aux yeux de la Bourse, sur une révision à la baisse de la prévision de bénéfice d'exploitation annuel, à 60 milliards de yens (462 millions d'euros) et non plus 70 milliards. Toshiba vise en outre un bénéfice d'exploitation annuel de 240 milliards de yens sur l'exercice 2022.

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