Un designer réclame ses droits sur des bougies Baobab

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Un designer brésilien ayant proposé au fabricant de bougies de luxe Baobab Collection d’habiller ses bougies de raphia, réclame des droits d’auteur sur une des collections de Baobab.

Le fabricant de bougies de luxe Baobab Collection est poursuivi devant le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles par Martins Samuray un designer brésilien qui revendique ses droits d’auteur sur une collection de bougies Baobab recouvertes de raphia. De son côté, Baobab, défendu par Philippe Péters et Colombe de Callataÿ, estime que le designer en question n’aurait été, dans ce dossier, qu’un intermédiaire et qu’il n’aurait en aucun cas délivré une quelconque collaboration créative lui permettant de réclamer des droits d’auteur. Et pour le reste, ce que réclame le designer n’est pas protégé par les droits d’auteur.

L’affaire soumise hier matin à la sagacité des juges du tribunal n’est pas simple. Les prémices de la collaboration entre Baobab Collection et le designer datent de l’année 2014. À cette époque, c’est, semble-t-il, le designer brésilien, défendu par Isabelle Schmitz, qui contacte le fils du fondateur de Baobab, une de ses connaissances, pour lui proposer d’habiller les vases contenant les bougies avec du raphia de Madagascar. Il est important de préciser qu’à cette époque, Martins Samuray intervient clairement comme un intermédiaire entre un fabricant, des coopératives d’artisanat malgache et Baobab. Cet état de fait ressort de plusieurs mails et échanges présentés à la barre par les parties. In fine, l’affaire se conclut et la production de la collection M Project est lancée et présentée au public pour la première fois en janvier 2016.

Processus créatif

C’est à ce moment que le designer est sorti du bois pour réclamer la paternité de la collection, expliquant à Baobab que la commercialisation desdites bougies sans son autorisation et sans reconnaissance de ses droits moraux était en violation avec les pratiques honnêtes du marché. N’obtenant pas d’accord, il a décidé de citer Baobab en justice afin d’obtenir une réparation du dommage causé. "Dans ce dossier, je démontre que mon client est créatif, mais également agent commercial", a plaidé Isabelle Schmitz, avant de préciser que "de nombreux témoins assurent que le processus créatif est celui de mon client". Et l’avocate de poursuivre sa plaidoirie en invitant la juge à comparer les images des prototypes envoyées par le designer au début de la collaboration avec les modèles enregistrés et déposés par Baobab Collection, expliquant qu’il n’y avait aucune différence entre ces modèles.

De l’autre côté de la barre, Philippe Péters et Colombe de Callataÿ se sont employés à démontrer que le designer n’était qu’un agent commercial qui n’avait pas participé au processus de création débouchant sur la commercialisation de la collection M Project. En réalité, ont-ils plaidé, ce que le designer a apporté à la collaboration, c’est l’idée d’emballer les vases des bougies d’une sorte de chaussette en raphia, mais une idée n’est pas protégeable par le droit d’auteur. Et les autres éléments, comme le dessin des motifs, par exemple, non plus. Pour les avocats, les motifs dont il est question relèvent de l’artisanat malgache et ne peuvent pas être protégés en tant que tels. "Il n’a rien apporté d’original ou de substantiel à l’œuvre. La réalisation de la collection s’est faite sous la direction de Baobab Collection", a encore plaidé l’avocate du fabricant de bougies. "Martins Samuray vend du raphia, mais il ne crée rien", ont conclu les avocats de Baobab qui ont demandé à la juge de déclarer non fondée la demande du designer.

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