Une charte pour la diversité afin de briser le plafond de verre dans la finance

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Si certaines femmes ont accès à des postes à responsabilités dans la finance, celle-ci reste un monde masculin. Une charte pour la diversité des genres doit permettre de féminiser le secteur en promouvant les bonnes pratiques.

Le monde de la finance n’est pas réputé pour être particulièrement féminin. Dans ce qui est souvent considéré comme un entre-soi masculin, plusieurs femmes parviennent cependant à y glaner une place en vue. C’est notamment le cas de Ludivine Pilate. À quarante ans, elle est devenue en juillet passé CEO de la banque privée Puilaetco.

"Il n’y a rien qui ne soit plus efficace en termes d’action sur la mixité que de proposer des rôles de modèle visible auxquels les personnes peuvent s’identifier", souligne Claire Godding, senior counsel diversity & inclusion chez Febelfin, la fédération du secteur bancaire.

Il n’y a rien qui ne soit plus efficace pour la mixité que de proposer des exemples.

En Belgique, seuls 25% des postes de direction sont occupés par des femmes. C’est pourquoi l’association Women in Finance (WiF) a lancé l’été dernier une charte sur la diversité des genres. Celle-ci a déjà été signée par 34 entreprises, représentant plus de 90% des employés du secteur, quatre autres devant s’y ajouter très prochainement.

Par ce code, les entreprises signataires s’engagent dans un premier temps à mesurer où se situe le plafond de verre au sein de leur organisation.

"Gender diversity"

Certaines sociétés peuvent ainsi se targuer de quasiment arriver à la parité au niveau du management médian, mais une analyse plus affinée peut mettre en évidence des niveaux intermédiaires où les femmes ne sont plus promues. "Cela peut correspondre à la tranche d’âge où les femmes décident généralement de fonder une famille, mais ce n’est pas la seule raison", explique Claire Godding.

Dans un second temps, la charte prévoit que les entreprises mettent sur pied un plan d’action pour remédier à la situation. D’ici la fin de l’année, l’objectif est que 75% des membres de WiF aient procédé au calcul de leur propre plafond de verre, et que 60% soient en mesure de présenter un plan d’action.

L’exercice a déjà été réalisé au sein de Puilaetco. La banque privée compte aujourd’hui six femmes parmi les treize membres de son conseil d’administration, dont trois qui font partie du comité de direction qui est composé de six personnes au total.

Une quasi-parité qui ne fut pas une sinécure. "Cela a été un parcours du combattant, et c’est parce que notre président n’a pas lâché le morceau que nous avons finalement trouvé, après un an de recherche, nos deux nouvelles administratrices, explique Ludivine Pilate. Si on ne se l’était pas fixé comme but à atteindre, on ne serait pas parvenu à cette mixité tant il était difficile de trouver des candidates."

"Devenir un incontournable du secteur"
Jeudi, Puilaetco Dewaay annonçait abandonner la seconde particule de son nom pour se rebaptiser simplement Puilaetco. L’entreprise s’est également dotée d’une nouvelle identité visuelle.

Ce rebranding intervient dans le cadre plus large de celui opéré par KBL epb, la maison mère de Puilaetco, qui prend dorénavant le nom de Quintet Private Bank.

"C’est une opportunité pour nous de rendre la marque plus dynamique", déclare Ludivine Pilate, CEO de la banque privée depuis le 1er juillet.

"Un changement de culture s’opère depuis mi-2018. Nous voulons encore plus mettre nos clients au centre de nos réflexions", explique-t-elle, alors que l’institution était jusque-là plus orientée produit, un écueil traditionnel pour une entreprise composée d’experts dans un domaine aussi technique que la gestion de patrimoine.

La banque privée réalise actuellement des roadshows pour présenter sa nouvelle identité, qui va de pair avec des ambitions revues à la hausse.

"Nous voulons devenir un acteur incontournable de la banque privée en Belgique, lance la patronne de Puilaetco. Nous devons faire savoir notre savoir-faire. Le client doit pouvoir relier notre nom à ce que nous faisons."

Le marché de la banque privée est très concurrentiel en Belgique. Les quatre mastodontes du secteur gèrent près de trois quarts des actifs du segment. Parmi les plus petits acteurs, Puilaetco a quelque 10 milliards d’actifs sous gestion et emploie plus de 210 personnes. L’institution garde une belle marge de progression.


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