Une entreprise sur cinq n'a pas de réserves suffisantes

Textile et commerces non essentiels sont des deux principaux secteurs les plus touchés, selon Euler Hermes. A l'image des magasins Camaïeu, qui ont fait la culbute le mois dernier. ©AFP

En Belgique, 20% des entreprises non financières risquent une crise de trésorerie l'an prochain sans mesures d'aide complémentaires, a calculé Euler Hermes.

Les entreprises les plus vulnérables à la crise actuelle sont celles qui ne disposent pas de réserves financières suffisantes. Le bureau d'analyse de données d'entreprises Graydon l'avait déjà souligné, chiffres à l'appui. Le groupe d'assurance-crédit Euler-Hermes fait aujourd'hui la même analyse. Ses économistes estiment qu'en Belgique, une entreprise sur cinq aura besoin d'aides supplémentaires pour éviter une crise de trésorerie en 2021. Ils ont étudié sous le même angle les autres pays de la zone euro: pour l'ensemble de la zone, 24% des entreprises marchandes non financières courent ce risque, en moyenne. Parmi les Etats voisins, le pays le plus vulnérable est l'Allemagne (25% de ses entreprises), devant la France et l'Italie. Avec "seulement" 20%, notre pays semble relativement mieux armé, juste devant les Pays-Bas (21%).

412.000
emplois à risque en belgique
Les entreprises exposées à une crise de trésorerie en Belgique emploient au total 412.000 équivalents temps plein.

N'empêche que très concrètement, cela signifie que 125.132 entreprises belges employant plus de 412.000 personnes risquent, à politique inchangée, de tomber en panne de cash d'ici fin juin 2021. Elles pèsent 219 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Les secteurs les plus menacés en Belgique sont le textile, le commerce de détail non essentiel, les transports, l'automobile, l'horeca et les loisirs. Touché également de plein fouet, l'événementiel est compris dans les loisirs. Récemment, Graydon avait évalué à 19,5% du total la part des entreprises belges à deux doigts de la faillite pour cause de fonte de leurs capitaux, soit un "score" très proche de celui d'Euler-Hermes. Mais Graydon avait ajouté que 21,8 autres pour cent se portaient à peine mieux.

Précision utile, les chercheurs d'Euler-Hermes ont pris en compte dans leurs calculs toutes les mesures d'aide publique décidées à ce jour - y compris celles prises par le gouvernement fédéral belge ces dernières semaines. Autrement dit, cet arsenal ne suffira pas.

4 millions d'entreprises visées dans la zone euro

"Les mesures politiques doivent combler le déficit de financement des entreprises coincées entre une perte de revenus et des dépenses obligatoires (impôts, dettes)."
Euler Hermes

Le constat est le même pour les autres pays de la zone. "En l'absence d'un soutien prolongé de la part des différents gouvernements, cela pourrait assécher les réserves de liquidités des sociétés, faisant courir à environ 24% des entreprises de la zone euro le risque d'une crise de trésorerie en 2021", conclut l'étude avant d'ajouter: "Les mesures politiques doivent combler le déficit de financement des entreprises coincées entre une perte de revenus et des dépenses obligatoires (impôts, dettes)."

A l'échelle de la zone euro, plus de 4,1 millions d'entreprises se trouvent dans cette situation de trésorerie à risque. Elles représentent 18,9 millions d'emplois et 4.438 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Des chiffres qui donnent le tournis.

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