Vincent Bolloré mis en examen

Connu pour ses stratégies offensives voire ses coups de force, l'industriel breton Vincent Bolloré se retrouve désormais en position défensive sur fond de soupçons de corruption en Afrique. ©AFP

L'homme d'affaires français a été mis en examen ce mercredi soir, sans contrôle judiciaire, dans l'enquête sur l'obtention de concessions en Afrique, explique le groupe de Vincent Bolloré dans un bref communiqué.

Vincent Bolloré s'est présenté devant les juges chargés de l'enquête au sujet d'une éventuelle corruption de la part de son groupe pour l'attribution de concessions portuaires en Afrique de l'Ouest.

Le patron français a été mis en examen (inculpé) comme l'annonce son entreprise par voie de communiqué, sans préciser les chefs de mise en examen du milliardaire de 66 ans. L'homme, encore aux commandes du groupe Bolloré, a donc pu quitter le bureau des juges sans être placé sous contrôle judiciaire. L'industriel avait été placé en garde à vue mardi matin.

"Pour une affaire remontant à près de 10 ans sur des liens supposés entre des campagnes électorales menées par Euro RSCG au Togo et en Guinée, pour quelques centaines de milliers d'euros, et des concessions portuaires lancées et obtenues dans ces pays pour des centaines de millions d'euros, pourtant neuf ans avant les élections au Togo et un an avant l'élection en Guinée, M. Vincent Bolloré a été mis en examen par le juge Tournaire", lit-on dans le communiqué du groupe. "M. Vincent Bolloré, qui reste présumé innocent, pourra avoir enfin accès à ce dossier dont il n'a jamais eu connaissance et répondre à ces accusations infondées", ajoute ce texte.

Le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent, avaient également rendez-vous avec les juges d'instruction, à l'issue de leur garde à vue entamée mardi matin. Le quatrième homme placé en garde à vue, l'homme d'affaires français Francis Perez, patron de Pefaco, a été remis en liberté en début d'après-midi, sans charge retenue contre lui, a annoncé son avocat Me Jean Robert Phung.

Que s'est-il passé en Afrique de l'Ouest?

La justice tente de déterminer si le groupe Bolloré a utilisé les activités de conseil politique de sa filiale de publicité Havas pour se voir attribuer la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.

SDV avait obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l'élection d'Alpha Condé fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 de Faure Gnassingbé. C'est notamment en enquêtant sur le groupe Pefaco, société spécialisée dans l'hôtellerie et les jeux et très implantée en Afrique, que la justice avait resserré ses investigations sur les activités de Vincent Bolloré sur le continent.

Selon Le Monde, les magistrats soupçonnent Havas d'avoir sous-facturé ses services, afin que le groupe Bolloré décroche ces deux contrats en contrepartie.

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