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Whitestone, le Sofina en culottes courtes, fait son entrée en bourse

CEO de Whitestone Group, Frédéric Pouchain peut désormais souffler un peu après avoir travaillé six mois à l'entrée en bourse du holding.

Fondé par des anciens de la CNP, le holding Whitestone Group a débarqué sur Euronext Growth ce lundi matin. Objectif? Offrir des opportunités locales aux petits porteurs.

Ça y est, le son de la cloche a retenti. L'action Whitestone Group est donc devenue réalité sur Euronext Growth depuis ce lundi matin. Cela, au terme d’une opération pour le moins particulière que fut le rachat en février des 69% dans la cotée Evadix  que détenaient les enfants de feu l'entrepreneur Pascal Leurquin, suivi d'une offre publique d'achat en mai sur le solde au prix de 0,13 euro par action. Dans le jargon, on parle d'une "fusion inversée".

C'est un développement rare à la bourse de Bruxelles, et qui aura d'ailleurs nécessité pas moins de six mois de travail de la part des équipes, épaulées dans l'aventure par le cabinet d'avocats américain Jones Day.

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Aujourd'hui, Whitestone Group est présent dans quatre grands créneaux: les services financiers; les matériaux composites; les solutions et outils de gestions de données et la "food tech".

Objectif? Utiliser comme marchepied la cotation de la cible, ex-fleuron de l'édition belge. Et ce, dans l'optique d'offrir aux petits porteurs, et non aux happy few, la possibilité d’investir en Belgique dans des PME matures présentant un potentiel de croissance élevé, de même que dans des start-ups et scale-ups locales, évoquent les porteurs du projet. "C’est l'idée du one-train-ticket, à savoir que chaque société doit se trouver à distance d’un trajet en train maximum".

Une prise de contrôle inversée, kesako?

La prise de contrôle inversée est l'un des différents chemins qui s'offrent à une société désireuse d'être cotée en bourse.

Son principe est simple: la société X, non cotée, acquiert toutes les parts d'une société Y, qui est cotée en bourse. X devient par là de facto candidat à une cotation boursière. L'enregistrement au marché doit ensuite être approuvé par les régulateurs et les plateformes d'échanges.

Si l'opération est approuvée, la société X met un nombre défini d'actions sur le marché, actions alors disponibles à la vente. 

Le procédé est beaucoup moins coûteux qu'une IPO classique, car le nombre d'intermédiaires est sensiblement réduit et aucune banque n'est sollicitée pour constituer un livret d'ordres. 

À Bruxelles, la prise de contrôle inversée est une opération plutôt rare. Dans les années 1990, quelques pensionnaires bruxellois mal en point comme Socobom, Profrigo et Sogelec y ont eu recours. Mais, à chaque fois, l'aventure boursière née de cette prise de contrôle s'est soldée par un échec.

Débuts à la CNP

À la manœuvre, l’on retrouve un duo: Frédéric Pouchain et Sandro Ardizzone. Ingénieurs commerciaux de formation, les deux hommes se sont rencontrés à la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), où ils ont pris goût au métier d'investisseur sous la houlette de leur patron d'alors Gilles Samyn.

C'est en 2011 que tout bascule. Suite au retrait de la cote du véhicule par Albert Frère, ils décident en effet de se lancer à leur compte et de fonder "Whitestone", dont le nom fait figure de clin d'œil à celui de la rue de la Blanche Borne où est situé le QG de la famille Frère.

Ils font alors leurs premiers pas en tant que gestionnaire d'actifs à Luxembourg. Mais, très vite, le rêve d'en faire un jour un holding d’investissements reconnu, à la Sofina, GBL, AvH ou Brederode, prend le dessus. La diversification commence alors.

Quatre créneaux

Aujourd'hui, Whitestone Group est présent dans quatre grands créneaux: les services financiers (European Capital Partners, Gold & Forex International); les matériaux composites (Atima, Iso-tech); les solutions et outils de gestion de données (Emasphere, Morning Blue) et, enfin, la "food tech" (Newtree Impact). Le premier secteur d'activité pèse, à lui seul, plus de 70% du portefeuille. Mais pour l'instant seulement.

"On va cibler de nouveaux actifs dans les trois autres", nous indique Oriane della Faille, qui a rejoint la structure en septembre dernier en tant que directrice des opérations (COO) après une expérience en marketing de onze ans chez Degroof Petercam, notamment.

Au total, plus d'une dizaine de personnes s'activent en coulisses pour permettre d'accompagner la structure qui entend investir en direct ou à travers de fonds.

L’on retrouve un autre visage bien connu issu de la banque privée, en la personne de son ex-CEO, Philippe Masset. Après avoir pris la présidence du conseil d'Evadix suite à son rachat par le holding, l’homme coiffe désormais la casquette de président du groupe, apprend-on. Et ce, en plus de la fonction d'administrateur qu'il occupe, par ailleurs, chez Edmond de Rothschild Europe et Guberna, mais aussi de conseiller du poids lourd paneuropéen du capital-investissement BlackFin Capital Partners, par exemple.

Au total, plus d'une dizaine de personnes s'activent en coulisses pour permettre d'accompagner la structure qui entend investir en direct ou à travers de fonds. Une levée de capitaux devrait, par ailleurs, être réalisée à l'avenir, Whitestone Group ayant été porté à ce jour sur fonds propres par ses fondateurs. 

3 questions à Frédéric Pouchain

Quelle sera la suite des événements désormais?

L'idée est de réaliser deux à trois opérations par an. On y est déjà cette année, mais il est possible qu'on dépasse notre quota pour cette fois.

Quelle est l'entreprise type que vous visez?

Une entreprise mature, c'est-à-dire rentable, avec aux environs de deux millions d'euros de chiffre d'affaires. Et ce, parce que ce genre de société coûte beaucoup moins cher que des sociétés de croissance qui perdent beaucoup d'argent. De même, c'est un segment de marché qui a été un peu délaissé alors qu'il présente pourtant de magnifiques opportunités.

Comment comptez-vous créer de la valeur?

De quatre manières. D'abord, évidemment, en achetant bien. Ensuite, en finançant nos opérations en partie avec de la dette bancaire. Enfin, en amenant une nouvelle dynamique commerciale et technologique, de même qu'en permettant à nos sociétés de jouer un rôle de consolidateur dans leur secteur.

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