Zapata, l'homme volant, a vendu plus de 15.000 Flyboard

©AFP

Franky Zapata a franchi ce dimanche la Manche sur son Flyboard Air, un engin qui intéresse l’Armée française. Destiné à un usage nautique, son prédécesseur, le Flyboard, s’est vendu à plus de 15.000 exemplaires.

Après avoir échoué il y a dix jours à franchir la Manche aux commandes son Flyboard Air, Franky Zapata a remis le couvert ce dimanche, et cette fois avec succès. Son exploit: effectuer les 35 km de traversée jusqu’à Sint Maragaret’s Bay, côté anglais, en survolant la mer à 15-20 mètres d’altitude debout sur son engin.

Ce Flyboard Air est une machine volante autonome alimentée en kérosène stocké dans un sac à dos. Il est doté de cinq mini-turboréacteurs qui lui permettent de décoller et d’atteindre 190 km/h debout dans les airs avec une autonomie d’une dizaine de minutes. Ce qui implique, pour traverser la Manche, d’être ravitaillé en cours de vol.

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Franky Zapata a reçu une subvention de 1,3 million d’euros de la direction générale des Armées pour améliorer son Flyboard Air.

On se souvient que lors du défilé de la Fête nationale française, le 14 juillet sur les Champs Elysées à Paris, Franky Zapata avait impressionné la foule. Fusil en main, il avait volé à plusieurs dizaines de mètres du sol sur son invention suscitant ce tweet admiratif du président Emmanuel Macron: "Fier de notre armée, moderne et innovante."

L’engin intéresse en effet l’Armée française. Franky Zapata l’a présenté fin 2018 au Forum Innovation Défense de Paris et a obtenu un financement de 1,3 million d’euros de la Direction générale des armées pour en diminuer l’impact acoustique. Car la machine est encore bruyante, dangereuse (portant le kérosène sur ses épaules, le pilote est une bombe humaine potentielle) et dispose, on l’a vu, d’une faible autonomie.

"La performance de la traversée n’est pas liée à des objectifs précis, si ce n’est un challenge et un rêve d’enfant dans l’esprit de Franky Zapata depuis très longtemps."

Même si l’engin passe actuellement sous les radars de toute réglementation, les applications paraissent diverses: militaires (infiltration, exfiltration, reconnaissance secours), mais aussi civiles (secours en haute montagne, par exemple), commerciales, logistiques, loisirs… La traversée de la Manche doit achever de convaincre les sceptiques. Pourtant, "la performance de la traversée n’est pas liée à des objectifs précis, si ce n’est un challenge et un rêve d’enfant dans l’esprit de Franky Zapata depuis très longtemps", assure-t-on au service com’ de sa société Zapata Industries, située au Rove, non loin de sa ville natale.

Sans doute, mais difficile de ne pas voir derrière ce projet le développement d’un vrai business. Car Franky Zapata n’est pas qu’un doux rêveur. C’est un entrepreneur qui a fait de sa passion pour l’eau et la vitesse un métier. Originaire de Marseille, il découvre le jet-ski à 17 ans et se révèle vite un as en la matière, décrochant des titres de champion d’Europe et du monde de la spécialité.

Après avoir monté une société de jet-ski, ce passionné de mécanique a imaginé en 2011 un engin novateur, une sorte de plateforme sur laquelle on se tient debout, propulsée par la pression de l’eau, amenée par un long tuyau souple relié à la turbine d’un jet ski permettant de s’élever dans les airs.

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Commercialisé depuis 2012, l’engin s’est vendu à 15.000 unités dans le monde et a notamment été popularisé via le show télé "La France a un incroyable talent" à l’issue duquel Zapata est arrivé en finale.

Commercialisé depuis 2012, l’engin s’est vendu à 15.000 unités dans le monde et a notamment été popularisé via le show télé "La France a un incroyable talent" à l’issue duquel Zapata est arrivé en finale. Il est disponible tant à l’achat (compter près de 5.000 euros pour le kit complet) qu’à la location dans des centres nautiques.

Il a depuis fait des petits fonctionnant avec la même technologie, comme le Flydrive (scooter des mers volant), l’Hoverboard (skateboard volant) et le Jetpack (ULM sans ailes). Lancé en 2016, le Flyboard Air est donc l’émanation volante et autonome du Flyboard, celui qui titille le plus l’imagination. Grand communicateur quand il s’agit d’évoquer ses inventions et ses exploits, Franky Zapata reste nettement plus discret sur les performances financières de son entreprise. Malgré notre insistance, son service com’ est resté muet. En 2017, le patron évoquait dans Le Monde un chiffre d’affaires de plus de 5 millions d’euros et un million de bénéfices, réinvesti dans le développement du Flyboard Air.

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