L'ex-CEO de Delhaize investit tous azimuts

En attendant de trouver le poste de ses rêves, Denis Knoops, l’ex-CEO de Delhaize Belgique, multiplie les investissements. ©Philip Pvanbastelaere

Ex-n°1 de Delhaize Belgique, Denis Knoops travaille activement à sa reconversion. En attendant un nouveau poste de CEO, il investit dans des PME, fonds et start-ups. Il est ainsi devenu le premier actionnaire de Chronostock, qui exploite des magasins éphémères.

On avait laissé Denis Knoops début septembre 2017 lorsqu’il avait été démis de ses fonctions de CEO de Delhaize Belgique. Le temps de digérer son éviction, le quinquagénaire (il a 52 ans) ne s’est pas laissé abattre. "Je me suis dit que c’était une opportunité unique de me poser et de me projeter dans l’avenir", explique-t-il.

L’homme est resté fit, pratique toujours la course à pied, s’est initié au triathlon, a fait beaucoup de ski, du trekking… "J’ai rencontré beaucoup de monde de secteurs très différents, poursuit-il. Des patrons de PME, gens qui ont quitté le monde des grandes entreprises, des consultants, des chasseurs de tête. Je me suis mis dans une position éponge, sans a priori, j’avais ce luxe de ne pas devoir travailler le lendemain."

Cette introspection a fait comprendre à Denis Knoops qu’il ne voudrait plus travailler pour une société comme Ahold Delhaize. "Je suis sorti assez amer de ma dernière expérience. Je ne veux plus travailler avec des gens qui ne partagent pas mes valeurs", raconte-t-il, tout en disant n’avoir aucun regret sur la restructuration qu’il a dû piloter en 2014. "C’était un bon plan, préparé pendant deux ans; c’était très dur sur le plan humain, mais il fallait le faire."

L’homme indique avoir refusé beaucoup de propositions dans le secteur de la distribution, surtout en Asie. "Je l’ai déjà fait quand j’étais plus jeune. Je veux passer à autre chose." On lui a aussi proposé des postes pantouflards dans des conseils d’administration. "Je ne suis pas du tout contre l’idée d’intégrer des conseils, mais je veux pouvoir les challenger; si c’est pour remplir le quota d’indépendants, non merci." Bref, pour remettre les mains dans le cambouis, il se sent prêt. "J’aimerais reprendre une société comme patron voire aussi comme actionnaire. Peu importe la taille ou le secteur, mais il me faut un challenge, pas un truc plan-plan. Redresser une entreprise en difficultés, par exemple, ne serait pas pour me déplaire."

PME et start-ups

Aujourd’hui, il se sent un peu comme un célibataire attendant l’âme sœur. "Avec cette différence que je ne suis pas pressé et que j’ai de quoi m’occuper", sourit-il. Et de fait, Denis Knoops n’est pas resté inactif ces derniers mois. Voici quelques semaines, il a créé sa société de management et d’investissement: Coconut Tree dont le nom résume sa philosophie. "La tête au soleil, les pieds dans la boue, explique-t-il. J’adore les réunions stratégiques au sommet, mais j’aime aussi être sur le terrain."

Denis Knoops est ainsi devenu actionnaire de 1PopUpStore qui exploite l’enseigne de magasins éphémères Chronostock, soit des fins de stocks de petit électro, matériel de cuisine, de déco, etc. Le tout à des prix "moins chers qu’Amazon".

Créée il y a huit ans, Chronostock a déjà ouvert 280 pop-up stores en Belgique dans des locaux commerciaux inoccupés. Une petite dizaine sont ouverts actuellement. "La société a connu une année 2017 difficile. Ils avaient besoin d’une augmentation de capital pour repartir du bon pied", explique Denis Knoops. Il y a investi 200.000 euros, ce qui fait de lui le principal actionnaire. "J’y ai investi par amitié avec le fondateur, mais aussi parce que j’aime le côté tactique et opportuniste de ce type d’entreprise, détaille-t-il. Cela demande deux talents: "Trouver les bons endroits, toujours des localisations ‘AAA’ et trouver les bons stocks de produits au bon moment."

Mentor

Denis Knoops a aussi mis des billes dans Profinpar. Constitué d’une quarantaine d’investisseurs entrepreneurs, ce fonds investit dans des PME rentables. Il en compte actuellement trois en portefeuille. Il a également investi dans des start-ups. Comme Infinity Mobile, qui aide ses clients à développer des pop-up stores en ligne: un produit vendu à un prix donné pendant une période X. "C’est beaucoup plus simple qu’un site d’e-commerce où on se perd. Ici, le taux de conversion est de 3 à 4% contre 1% ailleurs", assure-t-il. Autre prise de participation minoritaire, Belman, un organisateur de triathlon qui a l’ambition de lancer d’ici la fin de l’année le premier (semi) triathlon de Bruxelles. "C’est un sport qui connaît la même courbe de croissance que le running il y a quelques dizaines d’années", relève-t-il.

Enfin, alors qu’il a encore trois autres dossiers sur son bureau, l’ex- patron de Delhaize Belgique consacre une bonne partie de son temps comme mentor bénévole à The Bird-house, un incubateur sponsorisé par Belfius, situé à Gand et à Anvers, où il encadre deux start-ups actives dans les jus de fruits nature et l’immobilier. "Cela aussi me sort de ma zone de confort, conclut-il, et j’y reçois autant que je donne."

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