La restructuration de Carrefour plombe ses résultats... mais tire son cours

Le plan de restructuration lancé par Alexandre Bompard se fait déjà resssentir. ©REUTERS

Le groupe de distribution français a enregistré une perte nette de 861 millions d'euros au premier semestre 2018, marqué par des mesures de restructuration qui ont touché la Belgique. Ce plan Bompard - du nom du CEO arrivé il y a un an - a pourtant convaincu les marchés: l'action a gagné plus de 11% en Bourse de Paris.

Carrefour est à la croisée des chemins. L'enseigne alimentaire a présenté jeudi soir des résultats mi-figue mi-raisin pour le premier semestre 2018. Du côté des mauvaises nouvelles, une perte nette de 861 millions d'euros, contre un bénéfice de 78 millions d'euros il y a un an. Le résultat est surtout plombé par les 785 millions d'euros de charges dues à la vaste restructuration enclenchée l'année dernière. Le chiffre d'affaires du groupe s'établit quant à lui à 41,439 milliards d'euros, en baisse de 3% à cause de la dépréciation du réal brésilien et du peso argentin.

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A la mi-journée, l'action Carrefour avait gagné +11.40% à la Bourse de Paris.

La bonne nouvelle, c'est que les effets du plan de transformation à cinq ans se font déjà ressentir sur les chiffres. Le résultat opérationnel courant a progressé de 5,8% à changes constants pour atteindre les 597 millions d'euros, un chiffre supérieur aux 523 millions du consensus Inquiry Financial. La marge opérationnelle s'est quant à elle stabilisée à 1,6% du chiffre d'affaires, grâce à des économies de 520 millions d'euros réalisées dans la gestion des stocks, les investissements ou la distribution. La baisse des effectifs dans les sièges ne se fera ressentir qu'au deuxième semestre. Au total, le groupe doit générer 2 milliards d'économies d'ici à 2020, avait annoncé au début de l'année Alexandre Bompard, arrivé à la tête du groupe il y a un an.

"Le pire scénario peut être exclu"

Les résultats renforcent la confiance dans ce programme, reconnaissent les analystes de Société Générale, qui saluent "un pas dans la bonne direction avec des réductions de coûts efficaces". A leurs yeux, "le pire scénario pour 2018 peut être exclu". Alexandre Bompard avait prévenu fin janvier qu'il s'agirait d'une année "charnière".

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Les ventes de Carrefour Belgium ont baissé de 2,2% en variation totale sur le premier semestre.

Les analystes ont visiblement été convaincus par l'élargissement de l'offre bio et le développement numérique de l'entreprise face à la menace Amazon: son chiffre d'affaires dans l'e-commerce a augmenté de 30%. Mais ce sont surtout les premières réductions de surface pour les hypermarchés français, et la fermeture de magasins déficitaires en Argentine, en Chine ou encore en Italie, qui ont marqué les esprits. Vendredi, l'action Carrefour gagnait plus de 11% en Bourse de Paris.

Les ventes belges pénalisées

La restructuration touche aussi la Belgique, où 950 emplois seront supprimés. Ce plan de départs, qui s'est retrouvé au cœur d'une bataille politique sur les prépensions, "sera achevé au premier semestre 2019", assure Carrefour dans son communiqué. Les cinq hypermarchés concernés seront réduits en supermarchés d'ici la fin de l'année.

Annoncée en janvier 2018, la suppression massive d'emplois chez Carrefour Belgique avait entraîné de longues négociations avec les syndicats et les pouvoirs publics, ponctuées de grêves. Ce qui n'a pas été sans conséquences sur les ventes: celles-ci ont baissé de 2,2% en variation totale sur le premier semestre.

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