Lâché par sa maison mère française, Orchestra Prémaman plonge

©Emy Elleboog

Confronté à des difficultés financières, Orchestra Prémaman a dû se mettre à l’abri de ses créanciers. La chaîne avait prévu de fermer cinq magasins en Flandre pour sortir de l’ornière.

Grosse bourrasque en vue pour les travailleurs des magasins Orchestra Prémaman. Dans la foulée de sa maison mère française qui a dû se placer sous procédure de sauvegarde, Orchestra Prémaman Belgique a dû se résoudre à se tourner vers le tribunal de l’entreprise afin de se mettre à l’abri de ses créanciers par le biais de la procédure en réorganisation judiciaire (PRJ). 

Pierre Mestre, président, fondateur et actionnaire majoritaire, a repris la direction générale du groupe.

"Nous avons eu une réunion avec la direction lundi", nous a expliqué Myriam Djegham, permanente CNE en charge du commerce de détail, qui a confirmé la demande de PRJ. "Ce n’est pas une bonne nouvelle, mais il ne faut pas encore crier au loup dans la bergerie", a-t-elle ajouté, précisant que les syndicats restaient sur le qui-vive en matière de sauvegarde d’emplois.

L’entité belge Orchestra Prémaman, selon les bilans officiels, compte 45 magasins et emploie 422 personnes. Cette PRJ, si elle est validée par le tribunal, devrait effectivement permettre à la société de souffler. Les derniers comptes publiés – et arrêtés au 28 février 2019 – font état d’un chiffre d’affaires de 117,4 millions et d’un bénéfice de 17,1 millions, contre une perte de 123,2 millions à l’issue de l’exercice précédent. Cette différence s’explique par un abandon de créances avec clause de retour à meilleure fortune consenti par la maison mère Orchestra Prémaman SA pour un montant de 25 millions d’euros.

En 1995 Pierre Mestre créait Orchestra avec l'ambition de créer une marque de vêtements pour enfants avec un concept de distribution unique: la carte de membre offrant 50% de réduction. ©Emy Elleboog

Et c’est bien là que le bât blesse. La lecture des rapports accompagnant la publication des comptes permet de comprendre que la maison mère, par une lettre de confort datée du 17 juillet 2019, s’était engagée à ne pas exiger le remboursement de sa créance en compte courant si la situation financière de la société ne le permet pas. Tout comme l’actionnaire continuait à assurer Orchestra Prémaman Belgique de son soutien financier via des avances de trésorerie. Mais plus question de délier les cordons de la bourse pour l’actionnaire qui, on l’a dit, a dû se mettre sous procédure de sauvegarde en France.

À la fin du mois de février, la dette financière consolidée du groupe s’élevait à 232,2 millions d’euros.

Cinq magasins fermés

De même, on apprend que la société a entrepris différentes mesures afin de pérenniser l’activité, de rétablir sa rentabilité et de moderniser et redresser son image afin de coller à la réalité du marché. Parmi les mesures prises pour redresser la barre de la société, notons l’annonce de la fermeture dans les deux années à venir de cinq magasins jugés déficitaires. Il s’agit de Turnhout, Diest, Wijnegem, Korbeek-Lo et Halle. Ces mesures n’ont, semble-t-il, pas suffi à sortir de l’ornière.

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