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Le patron de Swatch part en guerre contre les spéculateurs

Le directeur du groupe horloger suisse Swatch, Nick Hayek, accuse les banques et les grands fonds d'investissement de spéculer sur une hausse du franc suisse.

Nick Hayek, le patron directeur du groupe horloger suisse Swatch, accuse les "banques et les grands fonds d'investissement" de spéculer sur une hausse du franc suisse, entraînant cette dernière "vers des sommets qui deviennent dangereux".

La monnaie helvétique ne cesse de s'apprécier face à l'euro, qui est même passé jeudi pour la première fois brièvement sous la barre des 1,24 franc suisse pour un euro. "En deux semaines, on a ainsi vu la devise européenne passer de 1,31 franc à moins de 1,25 franc", s'insurge M. Hayek, dans un entretien au journal  suisse "Matin Dimanche"

"Ce recul brutal ne peut s'expliquer par des facteurs objectifs, mais est clairement dû à des spéculateurs qui parient sur la hausse du franc", explique-t-il, accusant les "banques et les grands fonds d'investissements" d'être à l'origine de ces "pratiques de spéculations totalement excessives" qui "se retournent directement contre le peuple suisse, ses emplois et son économie".

La zone euro étant le principal destinataire des exportations helvétiques, la cherté du franc suisse commence à peser sur les entreprises suisses qui perdent en compétitivité. Certains experts considèrent que face à la crise de la dette qui plombe l'euro, les investisseurs se précipitent sur le franc, considéré comme valeur refuge en raison de la stabilité politique et économique de la Confédération.

Mais pour le fils du fondateur du groupe horloger, "en jouant sur un franc suisse à la hausse, ces banques savent qu'elles attireront à elles des fonds étrangers, avides de rendement et de sécurité, qu'elles ont perdus durant la crise".

Dans sa critique, le dirigeant du numéro un mondial de l'horlogerie appelle à ne pas laisser "seule" la Banque nationale suisse (BNS, banque centrale) "dans cette lutte contre un franc beaucoup trop fort". "Pourquoi ne pas, par exemple, dévaluer le franc suisse ou fixer comme cela s'est déjà fait dans le passé, des intérêts négatifs, c'est-à-dire qu'il en coûterait plus cher aux investisseurs d'acheter du franc que cela ne leur rapporterait", propose M. Hayek.

L'envolée du franc a démontré les difficultés que rencontre la BNS, qui est intervenue à plusieurs reprises depuis 2009 en rachetant des euros contre des francs, pour contrer l'appréciation de sa monnaie.

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