Trop chers et pas rentables, les travailleurs âgés?

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Le directeur du personnel de distribution Colruyt tire la sonnette d'alarme: "La hausse salariale liée à l'ancienneté n'est pas tenable". Alors qu'une étude révèle que, passé 50 ans, la productivité des travailleurs belges baisse significativement...

Le système actuel qui prévoit que les travailleurs ayant plus d'ancienneté gagnent toujours plus que les travailleurs plus jeunes n'est plus tenable, estime jeudi le directeur du personnel du groupe de distribution Colruyt, Koen Demaesschalck.

Un collaborateur chez Colruyt qui a 20 ans d'ancienneté gagne dans certains cas près de 25% de plus qu'un collègue qui commence dans la même fonction. Koen Demaesschalck, responsable du salaire de 23.000 travailleurs en Belgique, estime que l'ancienneté doit peser moins dans le salaire.

"Il n'est pas logique qu'un travailleur reçoive son salaire le plus élève à la fin de sa carrière", indique-t-il. "La forme et l'ampleur des primes liées à l'ancienneté ont des conséquences perverses. Les travailleurs plus âgés coûtent trop chers."

Il appelle à la mise en place de "solutions créatives" afin de diminuer l'impact de l'ancienneté.

 

A savoir

Passé cinquante ans, la productivité des travailleurs belges baisse significativement, aussi bien pour les ouvriers que pour les employés, selon une étude de l'économiste Vincent Vandenbergh (UCL) réalisée sur base de données de plus de 9.000 entreprises du secteur privé marchand, couvrant la période 1998-2006, rapporte Le Soir.
Vincent Vandenberghe a chiffré l'impact d'une augmentation de la part des travailleurs âgés de 50 à 64 ans sur la profitabilité des entreprises belges.
Pour mesurer la profitabilité, l'économiste rapporte la productivité, définie comme la valeur ajoutée par travailleur, au coût salarial. Ce ratio reflète le profit réalisé par les entreprises avant toute forme de rémunération du capital et tout prélèvement fiscal. Et si la part des 50-64 ans augmente de 10 pc, ce ratio baisse de 1,27%. "L'effet, précise Vincent Vandenberghe, est statistiquement significatif. Et il est probable qu'il soit sous-estimé dans la mesure où le taux d'emploi des 50-64 ans étant très faible dans notre pays, les membres de cette classe d'âge encore actifs sont vraisemblablement les plus productifs et/ou les plus motivés".
Il conclut qu'employer une proportion plus grande de "travailleurs âgés" rogne la profitabilité des entreprises qui n'ont dès lors, d'un point de vue purement financier, aucun intérêt à conserver ces travailleurs de plus de 50 ans et, à fortiori, pas de raison d'en embaucher.
Mais il n'y a pas de fatalité pour autant, insiste-t-il, citant l'exemple des pays nordiques. L'économiste propose dès lors aux pouvoirs publics et partenaires sociaux de conclure un "véritable Pacte de l'âge".
  

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