interview

"Unis, Fnac et Vanden Borre pourront couvrir tous les besoins du Belge"

©Dieter Telemans

Interview | Charles-Henri de Maleissye-Melun, CEO

Au début de l’été et après des années de rapprochement et de tractations, la Fnac mettait officiellement la main sur les activités de Darty. Une méga opération avec une incidence pour la Belgique où c’est le réseau Vandenborre (historiquement dans les mains de Darty) qui tombait dans l’escarcelle du grand spécialiste de la culture. Chez nous, un homme pilote ce rapprochement: Charles-Henri de Maleissye-Melun, ex-directeur général de Vanden Borre et catapulté à la tête du nouvel ensemble. Il nous détaille l’intégration des deux groupes qui vient de débuter.

Comment se portent les activités de Fnac et de Vandenborre en Belgique?

Je ne suis pas autorisé à communiquer de chiffres au niveau local, mais au niveau Benelux, je peux vous dire que nous sommes satisfaits du plan de marche. Nos deux enseignes continuent à prendre des parts de marché et à développer leur activité sur les différents canaux de distribution.

Qu’est-ce qui soutien ces bons résultats?

Il y a des tendances marché très marquées. La téléphonie mobile et les produits blancs (gros et petit electroménagers, NDLR) sont en forte croissance ces derniers temps, ce qui profite à la Fnac d’une part pour ce qui concerne les télécoms, et d’autre part à Vanden Borre qui est un des leaders sur le marché de l’électroménager.

©Dieter Telemans

Quid du livre et des médias?

Le livre ne se comporte pas trop mal. En tout cas, Fnac Belgique résiste bien sur un marché qui n’est pas simple. Par contre, pour ce qui est des CDs et de la vidéo, c’est plus compliqué, du fait notamment de la dématérialisation de plus en plus importante. Cela nous pousse à procéder à une diversification de nos activités sur le jeu ou la papeterie par exemple.

Cette diversification pourrait-elle passer par l’arrivée de corners Vanden Borre dans vos magasins Fnac?

"Nous menons cette intégration sans plan de licenciements… ce qui est assez rare aujourd’hui."

Oui, et cela a déjà commencé. Nous avons récemment ouvert un espace Vanden Borre dans la Fnac d’Anvers, ce qui a permis un retour de l’enseigne dans la ville qu’elle avait quittée en 2012 pour la périphérie. Nous offrons désormais dans ce nouvel espace des "produits blancs" que ne vend pas Fnac, ainsi que des télés, quand le son, le multimédia et les télécoms sont eux réservés à la Fnac. C’est très complémentaire.

Avec Vanden Borre, vous avec repris l’an dernier 9 enseignes Kitchen Market…

…et lancé Vanden Borre Kitchen pour laquelle nous comptons déjà 2 magasins.

Qu’est-ce qui a motivé ce tournant?

Le marché du gros électroménager représente plus d’un milliard d’euros, la moitié étant de l’encastrable. Vanden Borre n’adressait que le marché de remplacement soit 30% de l’encastrable. Il était donc indispensable de se lancer dans la cuisine pour adresser le reste du marché.

Quelle est la situation au niveau des activités traditionnelles l’enseigne?

Nous avons pour l’instant plus de cinquante offres d’emploi à pourvoir au sein de nos deux enseignes.
Charles-Henry de Maleissye-Melun

Pour ce qui est du son, les enceintes connectées fonctionnent très très bien. Pour la télé, si jusqu’à présent il manquait un peu d’innovation, le bon développement des écrans Oled a heureusement recréé de la valeur.

Quand l’intégration de Vanden Borre au sein de la Fnac sera-t-elle visible?

Les équipes de la Fnac déménagent le 25 septembre pour rejoindre le siège de Vanden Borre à Leeuw-Saint-Pierre.

Pourquoi avoir fait le choix de rapatrier les équipes de la Fnac plutôt que l’inverse?

C’est purement une histoire de taille. Il se fait qu’il y avait la place chez Vanden Borre et que nous disposions d’un dépôt à proximité, créant ainsi un véritable ensemble.

Mais cela a entraîné un arrêt de travail de la part des travailleurs de la Fnac…

Le changement fait toujours peur et il y a toujours des appréhensions. Alors oui, un mouvement social a en effet eu lieu, mais cela n’a en rien gêné l’exploitation et n’a duré qu’une matinée.

Quid alors de l’emploi?

Nous menons cette intégration sans plan de licenciement. Ce qui est rare aujourd’hui. Au contraire, nous avons même plus de 50 postes à pourvoir au sein des deux enseignes. Cela va des métiers de l’IT et du digital, à des postes de chefs de projets ou encore des analystes pour accompagner notre développement. Vanden Borre, c’est aujourd’hui 1.250 personnes. La Fnac en compte 570.

Rencontrez-vous des difficultés à recruter face à des grands noms tels qu’Amazon, eBay, Facebook…?

"Fnac Vanden Borre" est un grand nom en Belgique (rire). Plus sérieusement, je pense que c’est un phénomène général. Il est effectivement difficile de recruter des talents, notamment bilingues. Je pense aussi que le métier de la distribution reste trop méconnu alors qu’il y a pourtant énormément de débouchés et que c’est un monde en perpétuelle évolution.

Comment rivaliser avec des livraisons dans l’heure comme Amazon le propose parfois dans les grandes villes?

Le groupe Fnac Vanden borre
  • Suite au rachat de Darty (maison mère de Vanden Borre) par le groupe Fnac, les deux enseignes seront ramenées sous une coupole Fnac Vanden Borre au mois d’octobre.
  • Nouveau siège: Leeuw-Saint-Pierre.
  • Emplois: Vanden Borre, c’est aujourd’hui 1.250 personnes, la Fnac en compte 570
  • Nombre de points de vente en Belgique: 71 magasins Vanden Borre, 2 Vanden Borre Kitchen, 10 Fnac (sans compter l’ouverture prochaine à Charleroi "Ville 2").

Nous sommes capables aujourd’hui de livrer en 2 heures partout dans le pays, ce qui est rendu possible par le maillage de nos magasins. Et nous proposons aussi la commande en ligne avec récupération du produit dans les 30 minutes en magasin.

Comment est-ce rendu possible?

Il a fallu travailler à la visibilité des stocks, mais aussi à la préparation des produits au niveau des dépôts.

Le fait que certains produits se chevauchent entre les deux enseignes, est-ce un problème?

Après nous être penchés sur les bases de clientèle que nous avons de part et d’autre, nous avons constaté qu’il y a très peu de clients communs. Cela s’explique par des offres produits et des business models très différents. Il s’agit-là d’une grande force qui nous permettra d’être très complémentaires et d’adresser les besoins de chacun.

Peut-on s’attendre à du changement au niveau de vos magasins?

Du côté de la Fnac, nous avons toujours plutôt tablé sur de grands magasins. Comme nous souhaitons rester un spécialiste de produits éditoriaux – le plus grand libraire de Belgique –, on se doit de disposer de magasins de grande taille. Du côté de Vanden Borre, le magasin moyen fait quant à lui 900 mètres carrés.

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