A.S. Adventure négocie le rééchelonnement de sa dette

©A.S.Adventure

A.S. Adventure mène actuellement des négociations avec ses banques créancières en vue d’un rééchelonnement de son énorme dette. Le coronavirus a frappé de plein fouet la chaîne de vêtements et d’équipements outdoor, mais sa structure financière était déjà fragile avant la crise sanitaire.

La crise du covid-19 n’a pas épargné la chaîne de magasins de vêtements et d’équipements dédiée aux loisirs d’extérieur. A.S. Adventure prévoit ainsi en 2020 une chute de 25% de son chiffre d’affaires à quelque 450 millions d’euros, nous a déclaré son CEO, Frédéric Hufkens. Depuis le début de l’année, A.S. Adventure a enregistré des ventes de 360 millions d’euros (-22,5%) et un bénéfice brut d’exploitation récurrent (rebitda) de 11 millions.

A.S. Adventure estime cependant avoir limité les dégâts sur le plan opérationnel. "Entre juillet et octobre, notre rebitda a même été supérieur à celui réalisé durant la même période de l’an dernier", souligne Frédéric Hufkens.

Une montagne de dette

Ces recettes opérationnelles ne suffisent pas cependant à honorer l’énorme dette du groupe, constituée lors de son rachat par le fonds d’investissement français PAI, il y a cinq ans, pour près de 400 millions d’euros. La moitié de ce montant avait été empruntée et, comme toujours lors d’un buy-out, répercutée dans les comptes de la société reprise. La dette bancaire à court et long terme de la chaîne de magasins culmine ainsi actuellement à 258 millions d’euros.

De bonnes recettes opérationnelles ne suffisent pas cependant à honorer l’énorme dette du groupe, constituée lors de son rachat par le fonds d’investissement français PAI.

Lestée de ce boulet financier, la chaîne n’a pas pu respecter ses obligations à l’égard de ses créanciers dès 2019. Et cette année encore, crise sanitaire oblige. À chaque fois, les banques lui ont accordé un certain répit. Et PAI s’était déjà vu contraint l’an dernier de renflouer l’entreprise de 15 millions d’euros.

Pour alléger la barque, A.S. Adventure négocie donc actuellement avec ses créanciers et PAI en vue d’arriver probablement à un rééchelonnement de la dette, avec des obligations financières adaptées. L’actionnaire PAI pourrait aussi être amené à injecter des capitaux frais. A.S. Adventure entend ainsi ramener à terme son endettement net à moins de quatre fois l’ebitda.

"Ces mesures nous ont déjà permis de passer le premier confinement sans problème de liquidités."
Kris Horrevorst
Directeur financier d'A.S. Adventure

Pour amortir le choc du premier confinement, A.S. Adventure a limité ses investissements et flexibilisé ses commandes et les délais de paiement à ses fournisseurs. La chaîne a obtenu aussi une révision à la baisse de nombreux loyers et négocie encore à cette fin avec les nombreux propriétaires d’autres biens immobiliers qu’elle occupe. "Ces mesures nous ont déjà permis de passer le premier confinement sans problème de liquidités", précise le directeur financier du groupe, Kris Horrevorst. La chaîne dispose aujourd'hui de 40 millions d'euros de cash.

Fiasco allemand

En réalité, la crise sanitaire est venue aggraver une situation déjà difficile à l’échelle du groupe. Si les résultats opérationnels sont restés bons en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas, A.S. Adventure n’en mène pas large ailleurs.

Le groupe a dû demander l’équivalent de notre PRJ (procédure de réorganisation judiciaire) pour ses activités au Royaume-Uni, avec à la clé la fermeture de plusieurs magasins et des réductions de coûts.

Et la situation du groupe en Allemagne est bien pire encore. A.S Adventure y avait acheté en 2017 son concurrent Mc Trek au prix, dit-on, de 38 millions d’euros. La reprise s’est avérée catastrophique sur tous les plans et la crise du coronavirus a précipité en avril dernier la faillite de Mc Trek et ses 30 magasins.

Chiffres clés

Chiffre d’affaires (2019): 600,3 millions d’euros

Bénéfice brut d’exploitation (ebitda): 40,4 millions d’euros

Perte nette: -41,5 millions d’euros

Nombre de magasins: 195 répartis dans plusieurs pays (Belgique, Pays-Bas, France, Luxembourg et Royaume-Uni)

Nombre de travailleurs (ETP): 3.000

Actionnaires: PAI (85%), management (15%)

Historique

1989: Emiel Lathouwers devient l’unique propriétaire de l’entreprise Stock Américain (S.A.).

1995: le premier A.S. Adventure ouvre ses portes.

1998: le holding retail Mitiska entre dans le capital (50%) et rachète, deux ans plus tard, A.S. Adventure Cotswold Outdoor (Royaume-Uni).

2007: A.S. Adventure rachète Bever (Pays-Bas) et le nouveau groupe est absorbé par le fonds d’investissement Lion Capital.

2015: PAI met la main sur la chaîne outdoor belge pour environ 400 millions d’euros.

2017: A.S. Adventure reprend la chaîne allemande outdoor McTrek.

2019: restructuration au Royaume-Uni.

2020: faillite de McTrek

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés