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Ahold Delhaize snobé par Kroger aux USA

©Bloomberg

Des analystes auraient bien vu Kroger racheter Ahold Delhaize pour mettre la main sur sa plate-forme de vente en ligne aux USA. Pour l'heure, Kroger a préféré conclure un partenariat stratégique avec Ocado.

C'est une question de survie. Le secteur de la grande distribution doit se réinventer pour tenir compte des nouvelles habitudes de consommation induites par le commerce en ligne. On le voit chez nous avec les tensions sociales chez Mestdagh et Carrefour et le plan de revitalisation attendu chez Delhaize.

Aux Etats-Unis, le rachat, l’été dernier de Whole Foods par Amazon pour 13,7 milliards de dollars a fait l’effet d’un électrochoc. Et les ambitions de la firme de Jeff Bezos pourraient ne pas s’arrêter là. Certains verraient bien le géant du commerce en ligne mettre la main sur Sears et ses 1.000 points de vente.

Accord entre Kroger et Ocado

Hier, Kroger , le numéro deux des supermarchés aux Etats-Unis derrière Walmart , a pris les devants pour s’assurer une place au soleil face à l’appétit féroce d’Amazon et de la concurrence. La chaîne qui a généré, en 2017, des ventes de 122 milliards de dollars, a conclu un partenariat stratégique avec le britannique Ocado .

Kroger utilisera la technologie de ce dernier qui développe des entrepôts entièrement automatisés pour la livraison de produits alimentaires. Elle prendra également une participation de 5% dans le capital. Une vingtaine d’entrepôts dotés de la technologie d’Ocado seront déployés dans les trois prochaines années sur le territoire Nord-américain. A l’annonce de ce "deal", le titre Ocado s’est envolé de 80% (une pensée émue pour les nombreux "shorteurs" sur la valeur qui ont dû dénouer dare-dare leurs positions pour éviter de se noyer…) tandis que celui d’Ahold Delhaize refluait de près de 2%.

©L'Echo

"Un revers pour Ahold Delhaize"

Selon Bloomberg, cet accord est un revers pour Ahold Delhaize, propriétaire des chaînes américaines Food Lion, Stop & Shop et Giant. Des analystes le considéraient en effet comme un candidat à la fusion avec Kroger, ce qui lui aurait donné accès à Peapod, le service de livraison en ligne du groupe belgo-néerlandais. Ouvrons ici une parenthèse pour rappeler qu’Ahold Delhaize a renouvelé récemment son mur de protection anti-OPA pour 15 ans avec, toutefois, un passage escarpé permettant de le contourner. Fin de la parenthèse.

Aujourd’hui, l’action du distributeur reprend un peu de hauteur (+1% à la mi-séance). Alan Vandenberghe de KBC Securities se veut rassurant. "Ahold Delhaize ne démarre pas à partir de rien dans la mesure où ses ventes en ligne atteignent 700 millions d’euros aux Etats-Unis, essentiellement (85%) via Peapod", écrit-il. Peapod, qui souffre actuellement de problèmes internes, est un pionnier dans la distribution en ligne de produits frais, spécialement à Chicago et dans le New Jersey, des endroits où il bénéficie d’une position dominante, souligne-t-il.

"Pas de menace immédiate"

Pour l’analyste l’accord entre Kroger et Ocado ne constitue pas une menace immédiate pour Ahold Delhaize. Il faudra en effet du temps avant qu’il devienne opérationnel, un temps que celui-ci pourra mettre à profit pour ajuster son offre. Le propriétaire de l’enseigne Food Lion vise 5 milliards d’euros de ventes en ligne d’ici 2020.

"Avec une concurrence qui bouge vite nous encouragerions Ahold Delhaize à ne pas trop traîner au risque de perdre sa position", conclut Alan Vandenberghe. Il reste à l’achat sur la valeur avec un objectif de cours de 22 euros. Après l’annonce de l’accord entre Kroger et Ocado, Jefferies a, de son côté, réduit son son objectif de cours à 19,5 euros contre 21 euros avant. Son avis reste à "conserver".

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