Brantano se rénove et attire à nouveau le chaland

©Thomas De Boever

Le groupe de mode FNG, nouveau propriétaire de la chaîne belge Brantano, investit 50 millions d’euros dans la rénovation des 105 magasins. 60% des magasins ont déjà été modernisés. L'entreprise table sur une croissance du chiffre d’affaires d’au moins 20%.

Un sauvetage en passe d’être réussi au-delà des attentes. La modernisation de ses magasins laisse augurer, pour l’enseigne Brantano, la perspective d’une nouvelle vie d’ici le début de l’an prochain.

Mise au bord du gouffre par la faillite, en 2015, de son propriétaire, le groupe Macintosh, la chaîne belge de magasins de chaussures se prépare à une nouvelle vie.

Rachetés début 2016 par un trio composé de l’homme d’affaires néerlandais Rens Van De Schoor, CEO de Miss Etam, du Belge Dieter Penninckx, patron et cofondateur du groupe FNG, et de la famille Torfs, propriétaire des chaussures éponymes, les magasins Brantano sont désormais propriété du seul FNG (Fred & Ginger, CKS, Claudia Sträter, Miss Etam…). Les deux partenaires sont entrés dans l’actionnariat du groupe belgo-néerlandais coté à la Bourse d’Amsterdam.

L’enseigne Brantano souffrait d’une image vieillotte, alimentée par l’absence d’investissements de l’ancien propriétaire dans la rénovation des magasins. Un vide d’une dizaine d’années comblé d’emblée par les trois repreneurs, qui ont mis en place un programme de modernisation des 105 magasins restants après la vente de 19 sites au français Chaussea et la fermeture de six autres.

60 magasins rénovés

Au départ, cet investissement de 50 millions d’euros devait s’étaler sur trois ans. Mais FNG a mis les bouchées doubles: en un peu plus d’un an, 60 magasins ont été rénovés. De quoi laisser espérer le bouclage du programme de modernisation au début de l’an prochain.

"Nous avons constaté une augmentation d’au moins 20% du chiffre d’affaires dans les magasins modernisés."
Dieter Penninckx
CEO du groupe FNG

L’impact commercial de cette modernisation répond pleinement aux attentes des dirigeants du groupe. "Nous avons constaté une augmentation d’au moins 20% du chiffre d’affaires dans les magasins modernisés, y compris en Wallonie", souligne Dieter Penninckx. Brantano dispose d’une trentaine de magasins dans le sud du pays.

La rénovation porte essentiellement sur une amélioration de l’aménagement intérieur et sur l’ajout de vêtements dans les rayons. Le textile occupe environ 25% de la surface commerciale. Mais à entendre le patron de FNG, la nouveauté réside avant tout dans le nouveau design des magasins.

"Au lieu de magasins vieillots munis de rayons, nous proposons des magasins où il est agréable de se balader. Cela inspire les clients, qui y restent plus longtemps et achètent davantage", dit-il.

Si le chaland peut désormais s’habiller des pieds à la tête, c’est surtout le comportement du consommateur qui profite à la chaîne. "Les clients achètent davantage en magasin. Les femmes, en particulier, achètent plus de chaussures. La part des chaussures pour femmes dans les ventes globales est passée de 40% à près de 50%", explique Dieter Penninckx.

Comptes assainis

Les comptes de Brantano ont par ailleurs été assainis. L’an dernier, Brantano a déprécié tous les actifs superflus. Cela a pesé sur les comptes de FNG, qui a bouclé l’exercice 2016 sur une perte nette et a creusé son endettement à 129 millions d’euros.

Brantano
  • La chaîne Brantano a été créée en 1962.
  • Rachetée début 2016 par 3 investisseurs après la faillite de Macintosh, Brantano est aujourd’hui propriété du groupe de mode FNG.
  • Après la vente de 19 magasins au français Chaussea et la fermeture de six autres, Brantano s’appuie sur un parc de 105 magasins, dont une trentaine en Wallonie.
  • Emploi: un millier de salariés.

"Mais un retailer ne base pas son raisonnement sur le résultat net. Nous nous basons sur les investissements et sur leur rendement. L’indicateur Ebitda reste donc important pour nous. Et tant que nous grandissons, nous investissons notre cash flow", souligne le CEO du groupe.

FNG a de toute façon déjà pu ramener ses comptes dans le vert. Le premier semestre se solde en effet par un bénéfice de 2,8 millions d’euros, contre une perte de 1,8 million durant la première moitié de 2016.

L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a progressé quant à lui de 11,6% à 19,3 millions. Et si la croissance du chiffre d’affaires se limite à 1,1% (à 228,3 millions d’euros), celle-ci devrait s’accélérer dans les mois à venir avec le bouclage du programme de rénovation des magasins Brantano.

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