Brico se réinvente

©Brico

La chaîne de magasins de bricolage s’apprête à lancer un programme de rénovation de ses magasins. Elle entend aussi étendre son parc d’hypermarchés Brico Plan-It.

Des magasins plus spacieux et mieux agencés, une offre gonflée de 5.000 références venant s’ajouter aux 45.000 produits déjà proposés, de meilleurs services aux clients – en ce compris l’e-commerce et des ateliers de formation pour bricoleurs du dimanche: chez Brico, l’heure est au redémarrage et au retour de la croissance.

L’enseigne belge du groupe néerlandais Maxeda entend conforter sa position sur un marché du "do-it-yourself" aussi fragmenté que concurrentiel. Numéro un belge incontesté avec ses 159 magasins – dont 11 "hyper" Brico Plan-It –, la chaîne Brico doit faire face à des concurrents aux dents longues. Outre les "classiques" Hubo (140 magasins), Gamma (85) et autres Mr Bricolage (45), les hard-discounters – Traffic, Action, Lidl… – se profilent à leur tour sur le marché du bricolage amateur.

La plupart des enseignes du groupe Brico (Brico, Brico Plan-It et Brico City) seront en grève samedi et dimanche après l'échec des négociations concernant le plan "Back to Growth" de la direction, a indiqué vendredi matin Myriam Delmée, vice-présidente du Setca. Ce plan prévoit, entre autres, des réductions salariales ainsi qu'une plus grande polyvalence et davantage de flexibilité dans le chef des travailleurs, explique-t-elle.

Des débrayages sporadiques avaient déjà affectés certains magasins cette semaine, poursuit la syndicaliste, mais le blocage risque bien d'être total ce week-end.

Pour relancer une croissance un peu faiblarde et renouer avec les bénéfices, Brico entend remettre son parc au goût du jour. Au programme: une vaste opération de modernisation et d’extension – là où c’est possible – des magasins.

Concept pilote de ce vaste programme de rénovation, c’est le Brico de Zemst, au sud de Malines, qui essuie les plâtres. Il ouvre ses portes aujourd’hui.

Fermé depuis un an, il a fait l’objet d’une transformation en profondeur:

-> assortiment étendu,
-> caisses de self-scanning, une première dans les magasins de bricolage
–> agencement plus clair des rayons.

Le tout sur une surface commerciale gonflée de près de 50 % et portée à 9.000 mètres carrés.

©Brico

"Nous avons aussi mis en place une signalisation plus claire, en séparant notamment les activités de bricolage intérieures (‘indoor’) et extérieures (‘outdoor’)", explique Rudi Schautteet, directeur opérationnel de Brico.

Un tel réaménagement nécessite des moyens financiers conséquents. "Pour la rénovation du magasin de Zemst, nous avons investi 2,5 millions d’euros. Mais nous espérons pouvoir grâce à elle porter le chiffre d’affaires du magasin de 13 à 15 millions d’euros par an", souligne Ronny Vanden Broeck, directeur du Brico de Zemst.

Deux tiers de franchisés

Toutes les rénovations ne coûteront sans doute pas aussi cher. Mais les franchisés, qui représentent deux tiers des magasins Brico, devront prendre l’investissement à leur charge.

2,5 millions €
La rénovation et l’extension du Brico de Zemst a coûté 2,5 millions d’euros. Brico espère ainsi gonfler de 2 millions d’euros le chiffre d’affaires annuel du magasin.

"L’intention est bien de rénover à terme l’ensemble du parc de magasins, précise Dieter Struye, directeur général de Brico Belgique. Il faut bien sûr un return à de tels investissements. Des tests sont prévus pour nous donner une idée de ce que cela peut rapporter."

La philosophie générale de ce vaste plan de modernisation consiste à recentrer la chaîne sur son cœur d’activité. "Nous voulons nous focaliser davantage sur les parties non-mobiles de la maison en développant des rayons spécialisés, que ce soit en peinture, dans les luminaires, les revêtements de sols ou les branchements électriques", souligne Dieter Struye.

Pour aider une clientèle toujours aussi férue de bricolage mais dont les compétences techniques sont en recul, l’enseigne jaune et verte a également prévu d’organiser des ateliers de formation technique pour aider les clients à réaliser un projet.

©Photo News

La rénovation des magasins devrait aussi s’accompagner d’un accroissement progressif du nombre de magasins, aussi bien les enseignes de proximité Brico City que les supermarchés Brico ou les 11 hypermarchés Brico Plan-It.

Mais ce sera lent. "Cela prendra plus de dix ans", estime le patron de Brico Belgique. Qui ambitionne notamment d’implanter un Brico Plan-It dans chaque province – il n’y en a pas au Limbourg – et d’en ouvrir un deuxième à Bruxelles, en complément de celui d’Anderlecht.

Cela pourrait entraîner à terme des créations d’emplois. Mais pour l’heure, direction et syndicats en sont à négocier la suppression d’une centaine de postes. Une mesure qui cible, selon Dieter Struye, "quelques magasins en sureffectif historique". Cet écrémage devrait se faire sans licenciement.

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