Cameleon envisage l'ouverture de nouveaux points de vente

©Dieter Telemans

Le groupe Cameleon qui détient des magasins de prêt-à-porter et de décoration, a réussi sa réorganisation. Les bénéfices sont de retour. L’horizon se dégage enfin.

La tempête est passée, Cameleon peut enfin souffler. Et se réinventer. Cette nouvelle vie passera très certainement par l’ouverture de nouveaux points de vente. Et même si la décision n’a pas encore été prise officiellement par le conseil d’administration, la volonté des dirigeants actuels de l’entreprise spécialisée dans la vente privée d’articles de mode, d’accessoires et de décoration, est claire: aller de l’avant.

"Il faut voir d’où l’on vient. Sur les trois dernières années, on perd entre 15 et 16 millions d’euros."
Pascal Leurquin
CEO de Caméléon

Au cours des six premiers mois de l’année, Cameleon a réalisé un bénéfice net de 600.000 euros. "Il faut voir d’où l’on vient. Sur les trois dernières années, on perd entre 15 et 16 millions d’euros", nous a confié Pascal Leurquin, le CEO de Cameleon, arrivé au plus fort de la crise pour sauver la société. Ce qui a été fait, en parfaite harmonie avec Augustin Wigny, le CEO de l’entreprise. Les deux hommes ont travaillé main dans la main pour sortir de l’ornière. Les efforts demandés aux fournisseurs et aux travailleurs ont été drastiques, mais cela a fini par payer.

Sauver la société

Aujourd’hui, Cameleon emploie environ 120 équivalents temps plein (contre 260 il y a un peu plus d’un an). "Pascal Leurquin a amené un sens de l’urgence et il a su prendre des décisions radicales. C’est cela qui a permis de sauver la société et 120 emplois", nous a expliqué Augustin Wigny. "Notre force a été de prendre une série de mesures avant d’annoncer la PRJ (procédure en réorganisation judiciaire NDLR)", analyse après coup Pascal Leurquin. Une stratégie qui a permis de sauver les meubles et de convaincre la plupart des fournisseurs de continuer l’aventure.

Augustin Wigny, CEO de Cameleon

L’intelligence du conseil d’administration de Cameleon, dans lequel on trouve notamment Jean-Cédric van der Belen, le fondateur de la société, aura été de nommer un manager de crise externe. C’est Augustin Wigny qui résume sans doute le mieux la situation: "Vous ne pouvez pas opérer votre enfant." De fait. "Tout le jeu de la PRJ est de trouver l’équilibre entre la disruption et la continuité", résume encore Augustin Wigny, qui salue la solidarité du personnel "qui a bien suivi, dans des conditions difficiles".

Le pire, on l’aura compris, est passé. Il y a également eu un énorme travail effectué pour faire passer les stocks de 22 millions d’euros (un pic en 2012) à 7 millions aujourd’hui. Les ventes en ligne ont été cédées et toute l’activité a été recentrée sur la vente physique par le biais de deux comptoirs privés (Woluwe et Genval).

De nouveaux magasins en vue

Et c’est lorsqu’on pose la question de son avenir à Pascal Leurquin qu’on comprend que des nouveaux points de vente devraient voir le jour. "Ma mission de réorganisation est terminée. Je ne suis pas issu du retail, je n’ai pas de valeur ajoutée à apporter pour gérer deux magasins. S’il y a d’autres challenges, comme la gestion de nouveaux magasins, je me tiens à disposition du conseil d’administration." Rien n’est décidé officiellement, mais de l’aveu même de Pascal Leurquin, pour exister, il faudra atteindre une taille critique.

"Il faut une énergie neuve, une vision neuve."
Pascal Leurquin
CEO de Cameleon

Changement de stratégie ne rime pas avec renouveau, mais il l’implique. "Au niveau du management journalier, on va essayer de trouver de nouvelles compétences qui correspondent à notre stratégie. Il faut une énergie neuve, une vision neuve et des compétences", précisent en chœur les deux hommes. Le recrutement pour trouver la perle rare a d’ailleurs démarré et la procédure est bien avancée. En attendant, rien ne change au niveau de l’actionnariat. Pour mémoire, le fonds E-capital et la Société Régionale d’Investissement de Bruxelles (SRIB) détiennent 50,1% du capital, le reste étant essentiellement aux mains de trois actionnaires "historiques": Jean-Cédric van der Belen, Augustin Wigny et Geoffroy Bauer. Il n’est, à ce stade, pas question d’augmenter le capital.

En 2014, Cameleon a réalisé un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros. Cet exercice devrait être bouclé sur un revenu de 28 millions d’euros.

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