Caméléon se dote d'un nouveau directeur et lève de l'argent frais

©Olivier Polet

Nouveau directeur général et soutien des actionnaires historiques, Caméléon repart d’un bon pied.

À la différence du chêne, le roseau plie mais ne rompt pas. Ainsi va la vie de Caméléon, le spécialiste du déstockage de vêtements de marque, depuis quelques mois. Après avoir connu les affres d’une réorganisation judiciaire (PRJ), Caméléon a dû gérer les conséquences du lockdown, des attentats de Bruxelles, le tout sur fond de problèmes de mobilité à Bruxelles. Le marché est morose et c’est pareil pour tout le monde. C’est dans ce contexte que Caméléon, au creux de l’été, s’est défait de son CEO, Cédric Moulin, nommé dix mois plus tôt. Dans les familles bien éduquées – ce qui est le cas de Caméléon –, on dit que la rupture s’est faite de commun accord. Et depuis le 1er août, son successeur est connu: il s’agit de Bruno Pfalzgraf, qui était arrivé quelques mois plus tôt chez Caméléon pour une mission de consultance.

©Dieter Telemans

Quand il est question de vente et de textile, le nouveau directeur général de Caméléon en connaît un bon bout. Diplômé d’une école de commerce à Strasbourg, il a travaillé pour Levi’s où il a notamment été en charge de la marque Docker’s pour l’Europe, avant de travailler pour les marques Bellerose et Façonnable. Vent nouveau donc, mais arrivée d’argent frais également. À ce niveau-là, ni le nouveau directeur général ni Augustin Wigny, administrateur délégué et actionnaire de la société, n’ont voulu nous donner de détails. Mais dans les derniers comptes de Famous Clothes, la structure faîtière de Caméléon, on lit que la société, pour les 18 prochains mois, aura besoin de 3,1 millions d’euros; 2,7 millions devraient être apportés sous différentes formes (avancées de fonds et remboursement de créances) par les actionnaires de la société, parmi lesquels on compte la SRIB et les fondateurs de la société.

"Revenir aux fondamentaux"

La mission du nouveau directeur général est "simple": revenir aux fondamentaux de Caméléon. "Nous proposons des marques de choix, à des prix réduits et nous développons une communauté de membres", nous a expliqué Bruno Pfalzgraf.

"C’est rock’n’roll, mais Caméléon s’en sort."
Bruno Pfalzgraf
directeur de caméléon

Mais la tâche sera rude, le nouveau directeur général le sait. "L’équipe s’est brillamment sortie d’une réorganisation judiciaire. On a dû gérer les attentats de Bruxelles et je ne vous parle pas des problèmes de mobilité à Bruxelles. C’est rock’n’roll, mais Caméléon s’en sort", assure le nouveau venu. Ce dernier reconnaît que Caméléon a peut-être perdu ses points de repère en grandissant. Cette situation, on s’en souvient, avait débouché sur la réorganisation de Caméléon. Pascal Leurquin avait été appelé en renfort comme manager de crise. La société avait taillé dans ses coûts et revendu ses activités de vente en ligne. "Les marques aiment notre environnement qualitatif. On écoule leurs produits discrètement, et en raison de la PRJ, nous sommes absents du web", précise Bruno Pfalzgraf.

Le concept plaît aux fournisseurs même si ceux-ci restent prudents, en raison de la sortie récente de PRJ. Mais les nouvelles bases sont bonnes, le nouveau directeur général l’assure. Il est là pour le long terme et, on l’a vu, les actionnaires historiques soutiennent toujours la société. C’est bon signe. Et c’est essentiel.

Avec une prévision de chiffre d’affaires à 25 millions d’euros à la fin 2016, la phase à venir est celle de la consolidation des deux points de vente. Pas question, à ce stade, d’ouvrir de nouvelles boutiques ou de se redéployer sur le créneau des ventes en ligne. "On veut prouver aux actionnaires que notre formule est gagnante avant de la confirmer."

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