Claque en bourse pour Colruyt après des résultats en demi-teinte

La part de marché de Colruyt a reculé durant la crise du Covid-19 ©Kristof Vadino

Le premier distributeur belge a clôturé son exercice décalé sur une progression sensible de ses bénéfices opérationnel et net. Sa présence sur le marché a par contre reculé durant la crise du Covid-19. Le titre perdait 7% à l'ouverture.

Plus rentable, mais un peu moins présent sur le marché: ainsi peut-on résumer l'exercice décalé du groupe Colruyt, clôturé le 31 mars dernier. Le distributeur de Hal a engrangé un bénéfice opérationnel (Ebit) de 511 millions d'euros. Sur base comparable - sans tenir compte de la nouvelle norme IFRS 16, qui a entraîné des glissements comptables, et à période comptable équivalente en France -, il progresse de 5,5%.

Le bénéfice net (431 millions d'euros) bondit même de 12,9% sur base comparable, et le bénéfice par action de 13,6% à 3,14 euros. Des performances qui incitent le conseil d'administration à proposer un dividende de 1,35 euro brut (+3%).

Les chiffres clés

Chiffre d'affaires : 9,58 milliards d'euros (+1,6%)

Ebitda : 807 millions d'euros (+3,5%)

Ebit : 511 millions d'euros (+5,5%)

Bénéfice net : 431 millions d'euros (+12,9%)

Emploi : 29.056 équivalents temps plein

Le chiffre d'affaires (9,58 milliards d'euros) progresse beaucoup plus modérément, et reste un peu en-deçà des attentes des analystes. Sa croissance a été bien sûr influencée par la crise du Covid-19, mais aussi par la modification de la période comptable pour les activités françaises et par l'intégration de Fiets!, détenue à 100% depuis novembre 2019. Sur base comparable, les revenus sont en hausse de 1,4% (hors carburants).

Ce mercredi matin, le titre Colruyt perdait 7% à l'ouverture. 

OKay, Bio-Planet et Cru en vedette

Le chiffre d'affaires du secteur du commerce de détail a progressé pour sa part de 1,5% à 7,9 milliards d'euros. La croissance la plus nette est le fait des magasins OKay, Bio-Planet et Cru, en hausse de 6%. Abstraction faite de la crise du Covid-19, la progression est de 3,1%, portée principalement par l'expansion du parc de magasins - 2 Bio-Planet ont ouvert l'an dernier - et un effet calendrier positif.

7,9
milliards €
Le chiffre d'affaires du secteur du commerce de détail a progressé de 1,5% à 7,9 milliards d'euros.

"La crise du coronavirus a entraîné une forte progression des ventes dans nos magasins Bio-Planet, favorisée par la poussée d'achats de produits bio", souligne Stefaan Vandamme, directeur financier (CFO) de Colruyt Group. Dans l'ensemble, la pandémie a d'ailleurs dopé les ventes des magasins Colruyt. Sur base comparable, le chiffre d'affaires comparable a progressé de 0,7%, ce qui n'a rien de négligeable quand on sait que les achats de stockage n'ont commencé que début mars.

"La crise du coronavirus a entraîné une forte progression des ventes dans nos magasins Bio-Planet."
Stefaan Vandamme
CFO de Colruyt Group

La part de marché du distributeur de Hal est par contre en recul. Les Colruyt, OKay et Spar ont empoché 32,1% des sommes dépensées par les Belges dans les supermarchés, contre 32,2% durant l'exercice 2018/2019 et 32,5% au premier semestre.

32,1
%
La part de marché de Colruyt est en recul, passant de 32,2% à 32,1%.

"La baisse de notre part de marché est due, pour l'essentiel, à la crise du Covid-19. Les consommateurs se sont tournés vers les magasins de proximité, suivant ainsi les instructions du gouvernement qui recommandait de faire ses courses près de chez soi. Et nos concurrents sont plus présents sur ce créneau que nous, qui n'avons que 15 ou 20% de magasins de proximité", explique Stefaan Vandamme.

Le non-food repart

Côté non-food - les magasins de jouets Dreamland, de produits pour bébés Dreambaby et de vélos Fiets! -, le coup de mou (-7,1%) de l'exercice précédent est oublié. Malgré la fermeture imposée par le confinement à partir du 18 mars, le chiffre d'affaires (253,1 millions d'euros) a progressé de 6,7%. Chez Dreamland et Dreambaby, il est est resté pratiquement stable, mais hors effets de la pandémie, il a augmenté de 4,4%.

On le sait, la crise du coronavirus a entraîné une explosion des achats en ligne, posant de nombreux problèmes techniques et logistiques dans la plupart des enseignes. Colruyt ne fait pas exception à la règle. "Il était impossible d'être à 100% prêts à faire face à un tel bond de la demande. Mais cette crise a prouvé que nous sommes sur le bon chemin. Nous allons continuer à investir dans le développement de Collect & Go", dit Stefaan Vandamme.

"Il était impossible d'être à 100% prêts à faire face à un tel bond de la demande en e-commerce."
Stefaan Vandamme
CFO de Colruyt Group

Le groupe compte ainsi étendre le nombre de points d'enlèvement Collect & Go (plus de 290 actuellement) en Belgique, au Luxembourg et en France. Un nouveau centre de distribution de 18.000 m² dédié à l'e-commerce sera par ailleurs opérationnel à l'automne 2021. Installé à Londerzeel, il sera quatre fois plus grand que l’actuel centre logistique de Zaventem, qu'il remplacera.

En août 2019, Colruyt claironnait son ambition d'étendre sa présence en France, en visant 5 à 7 ouvertures de magasins par an. On est loin du compte: avec 87 magasins, le groupe n'en compte que deux de plus qu'à la mi-2019. "Nous n'avons pu atteindre notre objectif en raison des difficultés à trouver de bonnes implantations. Mais nous sommes en train d'accroître notre capacité logistique. Le but, c'est d'accélérer le rythme des ouvertures une fois qu'elle sera en place", dit le CFO.   

Etant donné les incertitudes liées à la crise du Covid-19, Colruyt s'abstient de tout prévision pour l'année en cours.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés