"Colruyt a les moyens financiers pour quitter la Bourse"

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Alors que l'écrasante majorité des analystes conseillent toujours de vendre le titre Colruyt, Hans D'Haese d'ING met en exergue quatre arguments pour conserver l'action dans son portefeuille. Il relève même son objectif de cours.

Hans D’Haese qui a repris la couverture de Colruyt chez ING maintient la recommandation à "conserver" mais a relevé son objectif de cours à 53 euros contre 41 euros avant. La toute grande majorité des analystes qui suivent la valeur (16 sur 19) conseillent toujours de s’en tenir à l’écart. Seul Degroof Petercam recommande un achat avec un objectif de cours de 58 euros à comparer avec une moyenne de 43,3 euros et un cours actuel de 50,8 euros.

Depuis le début de l’année, le titre a chuté de 19%. Il affiche toutefois un statu quo sur les douze derniers mois.

L’analyste constate que l’action se traite actuellement avec une valeur d’entreprise représentant 8,6 fois l’Ebitda pour l’exercice 2020/2021 ce qui est en ligne avec le secteur. Il note également que le bilan du distributeur et la politique de rachat d’actions propres compensent largement les risques au niveau des bénéfices. Et que le numéro un de la grande distribution dispose des moyens financiers pour sortir de la Bourse. 

Les atouts du groupe

Il avance quatre arguments pour justifier son point de vue.

1. Le distributeur a formulé des prévisions rassurantes lors de son assemblée annuelle qui s’est tenue fin septembre montrant la confiance de la direction. "Il est important de souligner que dans un marché où il est interdit de vendre à perte, un groupe sans fioritures comme Colruyt avec la base de coûts la plus faible sera toujours capable de défendre sa part de marché."

2. Un faible coût de capital est un atout. Colruyt est gérée de façon conservatrice et au moindre coût rappelle l’analyste. "Pas de fusion audacieuse à l’étranger, un bilan ‘paresseux' et une politique de dividende stable peuvent paraître ennuyeux mais ils ont leurs avantages dans le cadre d’une détérioration du contexte macroéconomique."

3. Une société sans dette et avec un rendement des capitaux investis (ROCE) supérieur mérite une prime. Comme signalé plus haut, l’action se négocie actuellement en ligne avec ses concurrents alors que sa prime historique est de 20%. Avec une position de cash nette alors que l’endettement moyen est de 0,5 chez ses pairs et un ROCE de 25% pour 15% pour le secteur, Hans D’Haese estime qu’une prime de 10% serait tout à fait justifiée.

4. Le bilan et la politique de rachat d’actions offrent une protection contre les risques baissiers. D’après ses calculs, Colruyt dispose de 300 millions d’euros environ de liquidités et est capable de générer un milliard d’euros de cash flow libre au cours des quatre prochaines années. "En s’endettant jusqu’à un ratio de 3, le groupe pourrait débloquer 2,3 milliards supplémentaires. Cela lui permettrait de racheter le gros de ses actions en circulation, suffisamment pour sortir la société de la Bourse (ce que nous estimons peu probable pour l’instant)".


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