Colruyt, la mal-aimée des analystes

©REUTERS

En l'espace de 24 heures, deux brokers ont recommandé de vendre l'action Colruyt qui accumule les avis négatifs à son endroit. Le distributeur publiera ses résultats annuels le 19 juin.

C’est l’action du Bel 20 qui a le moins la cote auprès des analystes financiers. Et son gadin du jour (-7%), c’est à l’un d’entre eux qu’elle le doit (lire plus bas).

Ils n’aiment pas Colruyt . Et c’est peu dire. Parmi ceux qui suivent la société, ils sont 65% (soit 13 sur 20) à conseiller de vendre l’action. Aucun, parmi eux, n’ose suggérer un achat. Trois brokers (Oddo BHF, HSBC et Jefferies) visent un cours de 37 euros sur les douze mois soit un prix inférieur de 22% par rapport à la clôture de mercredi.

C’est une situation assez exceptionnelle. A l’exception de Proximus , pour laquelle les analystes sont partagés entre vendre (42,3%) et conserver (42,3%), les conseils proposant de se débarrasser d’une action sont minoritaires au sein du Bel 20.

Notons que c’est la biotech Galapagos qui remporte le plus de suffrages positifs (90% à l’achat), suivie par AB InBev (77,1%) mais on a vu que cela n’a pas empêché la valeur de connaître une traversée du désert. Pointons encore le producteur d’inox Aperam (64,3%) et ING (63,3%) .

Revenons à Colruyt. En l’espace de 24 heures, deux brokers sont passés à "vendre" sur le titre. ABN Amro, hier, qui a réduit aussi son objectif de cours à 41 euros contre 43 euros avant. Et Deutsche Bank aujourd’hui avec un "target" réduit de 1 euro à 40 euros. L’argumentaire de Maxime Mallet, l’analyste de la banque allemande tient en quatre points :

  1. Colruyt est le distributeur alimentaire le plus cher d’Europe continentale. Pas en ce qui concerne ses prix, bien sûr. Nous parlons ici de son action qui se traite à 20 fois les bénéfices estimés de 2018, soit 35% au-dessus de ses concurrents.
  2. L’analyste pense que le groupe qui publiera ses résultats annuels le 19 juin ne donnera pas de prévisions pour l’exercice en cours mais fera des commentaires sur l'environnement concurrentiel difficile en Belgique.
  3. A cause de ce dernier, Maxime Mallet s’attend à ce que Colruyt enregistre un des plus bas niveaux de croissance de son bénéfice par action au cours des prochaines années.
  4. Enfin, le plan de rachat d’actions propres prévu sur deux ans et lancé en octobre 2017 est déjà réalisé à hauteur de 85%. L’analyste s’attend donc a moins de soutien pour l’action.

Le "fantasme" d'une sortie de Bourse

La dernière chute de l’action Colruyt remonte au mois de décembre dernier. Elle a dévissé de 7,5% à 41,39 euros après la publication de résultats semestriels affichant une croissance des ventes mais aussi une érosion du bénéfice.

Evolution comparée de Colruyt et du Bel 20 ©L'Echo

A l’heure actuelle, le capital de Colruyt est verrouillé à hauteur de 65%. La famille Colruyt détient 45,77% auxquels il faut ajouter les 7,78% détenus en autocontrôle par la société. La Sofina, pour sa part, possède 5,18% du capital.

On se rappellera qu’en janvier 2017, un analyste avait "fantasmé" un scénario de sortie de la Bourse du distributeur, un exit financé, en partie, par le bilan solide du groupe. Jef Colruyt avait qualifié ce scénario de "suggestion intéressante".

Avec une capitalisation boursière actuelle de 6,69 milliards d’euros, il faudrait mettre 2,3 milliards d’euros sur la table, prime non comprise, pour que ce fantasme devienne une réalité. 

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