Couche-Tard vise désormais un partenariat avec Carrefour

Le monde politique français s'est opposé d'entrée de jeu à tout rachat de Carrefour par le canadien Couche-Tard. ©REUTERS

Les discussions en vue d'un rachat de Carrefour par Couche-Tard ayant pris fin, seul un partenariat pourrait lier les deux groupes. L'action Carrefour a ouvert en net recul.

Le titre Carrefour a ouvert en net recul ce lundi à la Bourse de Paris alors que les discussions en vue d'une éventuelle reprise par le canadien Couche-Tard se sont arrêtées samedi.

En arrivant vendredi au siège du ministère français des Finances, Alain Bouchard, fondateur du groupe canadien de distribution espérait pourtant encore convaincre avec son offre à 20 milliards de dollars. Mais très vite, il s'est rendu compte que le projet était mort-né, torpillé par l'opposition du monde politique français.

Dans un communiqué conjoint, les deux groupes ont annoncé, samedi, leur volonté de prolonger les discussions, mais cette fois en vue d'un partenariat.

Ce lundi, place à l'information au marché. La direction de Couche-Tard s'expliquera auprès des analystes à 14 heures.

Vers un partenariat

Dans un communiqué conjoint, les deux groupes ont annoncé, samedi, leur volonté de prolonger les discussions, mais cette fois en vue d'un partenariat. "Les premiers domaines de coopérations seraient les suivants: le partage de bonnes pratiques dans la distribution du carburant, le développement des achats en commun, des partenariats sur le développement et la commercialisation de marques distributeurs, le partage d'expertise et le lancement d'innovations pour améliorer l'expérience client et l'optimalisation de la distribution de produits sur les géographies communes aux deux groupes", lit-on dans le communiqué.

"Le gouvernement a bien plus à perdre qu'à gagner. La vrai raison de l'échec est politique."
Fabienne Caron
Analyste chez Kepler Cheuvreux

Question de timing

Le ministre canadien de l'Industrie François-Philippe Champagne a salué cette alternative. "J'ai parlé au fondateur de Couche-Tard Alain Bouchard et je lui ai dit que l'on sera toujours là pour soutenir les entreprises canadiennes ici, comme à l'étranger", a-t-il indiqué dans un tweet.

L'annonce d'un éventuel rapprochement entre le Français et le Canadien a cependant déjà soulevé plusieurs questions. "Ce n'était pas le bon moment pour un tel deal", indique Fabienne Caron, analyste chez Kepler Cheuvreux. "Le gouvernement a bien plus à perdre qu'à gagner. La vrai raison de l'échec est politique."

L'action Carrefour pénalisée en bourse

Le titre du groupe Carrefour plongeait ce lundi midi de plus de 5%, à 15,69 euros, retrouvant ainsi pratiquement le niveau autour duquel il évoluait avant l'officialisation du projet de rapprochement avec le canadien Couche-Tard mercredi dernier.

"La prime de fusion a disparu", commente Laurent Le Grin, directeur général de Degroof Petercam.
Après s'être initialement envolé à la suite de l'officialisation de discussions entre les deux groupes, le titre Carrefour avait déjà replongé après le "non courtois, mais clair et définitif", du ministre français de l'Économie Bruno Le Maire. Cette prise de position a été d'autant plus dissuasive que le gouvernement a le pouvoir de bloquer les opérations de rachat dans l'industrie agroalimentaire, via la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers.

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