Delhaize Le Lion fait disparaître son ex-centre de coordination

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Le distributeur Delhaize Le Lion absorbe son ancienne banque interne. La fin d’une époque ou l’anticipation du volet "notionnel" de la réforme de l’impôt des sociétés?

Le chantier de l’intégration du groupe Delhaize Le Lion dans l’ensemble Ahold n’est apparemment pas terminé. La nouvelle étape que le groupe vient de programmer reflète toutefois une autre évolution que celle des magasins du distributeur belge au sein de son propriétaire néerlandais: elle renvoie plutôt au projet de réforme de l’impôt des sociétés prévu par le gouvernement et à ses conséquences sur l’organisation interne des grands groupes.

La société en commandite par actions Delhaize Le Lion, la filiale recréée voici peu par Ahold pour guider les activités opérationnelles de Delhaize en Belgique, va fusionner avec la société anonyme Delhaize The Lion Coordination Center, qu’elle va absorber, avons-nous appris à bonne source. Autrement dit, le groupe va supprimer sa structure de banque interne établie en Belgique qui était destinée à bénéficier au maximum du régime fiscal des intérêts notionnels – et avant cela du système fiscalement tout aussi favorable réservé aux centres de coordination.

De 3 à 1 milliard

Delhaize Le Lion va, en parallèle, élargir son objet social, de manière à reprendre celui de son ancienne filiale, qui comprend entre autres "la centralisation des activités financières et la couverture des risques de change".

1,1 milliard €
Delhaize The Lion Coordination Center a (avait) encore pour 1,1 milliard d’euros de capitaux propres.

En absorbant sa banque interne, la filiale opérationnelle va "hériter" de ses capitaux propres (capital, prime d’émission et bénéfice reporté), qui s’élèvent à 1,1 milliard d’euros. À noter que ce n’est pas la première mesure prise par le groupe pour réduire le rôle de son ancien centre de coordination: fin décembre 2016, il y avait déjà pompé 2,1 milliards d’euros, par remboursement aux actionnaires. Il est vrai qu’à l’époque, les intérêts notionnels étaient déjà nettement moins profitables qu’auparavant, leur taux ayant fondu à 1,13% pour l’exercice 2017, contre 4% en 2009.

Aujourd’hui, les perspectives sont encore beaucoup plus sombres pour les amateurs de notionnels, puisque le projet du fédéral prévoit qu’à l’avenir, seul le capital supplémentaire sera pris en compte. Il ne servira donc plus à rien de conserver des milliards durant plusieurs années dans ses comptes.

Est-ce la raison pour laquelle Ahold Delhaize a décidé de liquider sa banque interne belge? Au siège du groupe aux Pays-Bas, une porte-parole nous répond que le but de l’opération est de "réduire les charges administratives et d’augmenter l’efficacité de la structure". Quant à savoir si les Pays-Bas vont aspirer le 1,1 milliard d’euros, "cela n’entre pas dans les intentions du groupe pour l’instant", dit-elle. Pas de commentaire sur l’éventuelle motivation fiscale du deal avec la disparition de l’attractivité des notionnels.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés