Delhaize: les "shorteurs" ont dopé l'action

©Jonas Roosens

Lundi, des vendeurs à découvert se sont précipités sur le titre Delhaize contribuant à son envolée -plus de 15% en séance- et cela afin de dénouer leur position à la baisse sur la valeur.

L’annonce de discussions, même dans une phase préliminaire, entre Delhaize et son concurrent batave Ahold a dû provoquer un vent de panique dans les salles de marché des fonds qui s’étaient positionnés à la baisse sur le titre de l’enseigne au lion.

Lundi, sans attendre la réaction des deux acteurs concernés qui tombera seulement le lendemain sous la forme d’une confirmation, le titre s’est envolé de plus de 15% en séance. Et cela, on s’en doute, dans des volumes dépassant largement la moyenne. Ce jour-là, 2,75 millions de titres Delhaize ont changé de mains, soit 2,6% du nombre total représentant le capital du groupe.

Les vendeurs à découvert (" shorteurs " en anglais) ont contribué, bien involontairement, à cette hausse de l’action. Afin de dénouer rapidement une position qui, compte tenu de l’annonce d’une fusion potentielle avec Ahold, n’avait plus de raison d’être, ils ont été contraints de racheter dare-dare des titres Delhaize pour les rendre à ceux auprès de qui ils les avaient empruntés. Dans le jargon boursier, on appelle cela un " short squeeze ".

Selon les chiffres compilés par la FSMA, deux fonds ont ainsi acheté, ce jour-là, pour un minimum de 0,85% du capital de Delhaize ce qui correspond, grosso modo, à un tiers du volume. Je dis un minimum car leur position est passée sous le seuil de déclaration de 0,5% sans que l’on connaisse exactement leur niveau actuel. Avant cela, Corvex Management détenait une position de 0,98% et Pennant Capital de 0,87%.

Pour l’instant, il ne reste plus qu’un seul " shorteur " consistant : Scopia Capital Management (0,7%).

Il y a fort à parier que ce dernier ne va pas tarder à dénouer sa position, si ce n’est déjà fait. Les analystes financiers sont en effet nombreux à avoir revu, à la hausse, leur objectif de cours sur Delhaize. C’est KBC qui vise le plus haut avec un " target " de 95 euros. Il est suivi par Jefferies (94 euros) qui estime que le deal à 50% de chance de se concrétiser et qui cite, dans une note, un prix de rachat de 115 euros par action Delhaize. Selon Bloomberg, l’objectif de cours moyen est de 87,8 euros. Quelque 52% des analystes qui suivent la valeur sont à l’achat et 44% recommandent de la conserver.

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