Delhaize ne peut interdire à ses fournisseurs de collaborer avec Adriaens

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En imposant à ses fournisseurs de boycotter les abattoirs Adriaens, filiale du groupe Verbist, Delhaize enfreint la loi sur les pratiques de marché, a estimé le tribunal de Commerce de Gand. Qui oblige le distributeur à les informer de la levée de cette interdiction de commercer avec l'abattoir de Zottegem. Chez Delhaize, on parle de "mauvaise interprétation".

Petit rebondissement dans le dossier Veviba. Comme ses concurrents Colruyt et Carrefour, Delhaize avait décidé, dans la foulée du scandale Veviba qui a éclaté en mars dernier, de mettre un terme à toute collaboration avec tous les abattoirs du groupe Verbist. L'un de ceux-ci, l'abattoir Adriaens de Zottegem, a intenté une action en justice contre l'enseigne au lion à qui il reprochait d'étendre le boycott à ses fournisseurs.

Il s'agirait d'une dizaine de fournisseurs, dont six clients importants pour Adriaens.

"Nous sommes soulagés."
Pascal De Clerck
CEO d'Adriaens

Le tribunal de Commerce de Gand vient de donner raison à ce dernier sur ce point. La juge a en effet estimé que Delhaize violait l'article VI.104 du Code de droit économique interdisant les pratiques déloyales de marché susceptibles de "porter atteinte aux intérêts professionnels d’une ou de plusieurs autres entreprises". Le distributeur se voit donc condamné, sous peine d'une astreinte de 1.000 euros par jour de retard et par fournisseur, à informer dans les huit jours ses fournisseurs de la levée d'interdiction d'approvisionnement chez Adriaens en viande qui ne serait pas destinée à Delhaize.

"Nous sommes soulagés. Nous pouvons dorénavant reprendre notre collaboration avec les fournisseurs de Delhaize qui ont dû se tourner vers d'autres abattoirs pour pouvoir continuer à le fournir", se félicite Pascal De Clerck, le CEO d'Adriaens.

Selon lui, une telle perspective laisse espérer un acroissement des commandes de quelque 250 boeufs par semaine. Depuis l'arrêt des collaborations avec Colruyt et Delhaize, la production de l'abattoir flamand a été ramenée de quelque 1.800 à 1.300 boeufs par semaine.

Chez Delhaize, on relativise la portée du jugement en insistant sur le fait que la juge ne remet pas en cause l'arrêt de la collaboration avec toutes les entités du groupe Verbist. "Le jugement se base sur une mauvaise interprétation de ce que nous avons communiqué à nos fournisseurs, dit Roel Dekelver, le porte-parole de l'enseigne. Nous n'avons jamais dit qu'ils ne pouvaient plus travailler avec Adriaens, mais nous leur avons simplement demandé de ne plus nous livrer de viande venue de cet abattoir".

Selon lui, Delhaize fournira dans les jours à venir la précision requise à ses fournisseurs.

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