Des chalands venus pour acheter et non pour flâner

Malgré l'impression donnée par l'image de la rue Neuve samedi, les chalands ont plutôt bien respecté les consignes de sécurité, affirment les enseignes. ©AFP

Une semaine - et un premier week-end - après la réouverture des commerces non alimentaires, le constat est assez clair. Le consommateur a globalement bien respecté les consignes. Il a davantage ouvert son portefeuille que traîné dans les magasins pour passer le temps.

Il y a un mois, Comeos, la fédération du commerce et des services, publiait des chiffres interpellant sur le manque à gagner pour le commerce non alimentaire en raison de la pandémie. Il était question de 835 millions d’euros de perte par semaine. Vendredi, une étude d'ING sur les transactions électroniques montrait par ailleurs que ces achats avaient été en partie transférés vers des géants de l'e-commerce, comme Zalando, Amazon ou Bol.com, ceux-ci ayant enregistré durant le confinement 66% de transactions et 85% de dépenses supplémentaires par rapport à la même période en 2019.

Mieux que prévu

Bref, pour les commerçants, il était temps que les affaires reprennent. Une semaine après ce redémarrage, le bilan est globalement positif. Si on a connu une légère fièvre les premiers jours, on ne s’est pas non plus bousculé dans les boutiques, les règles de sécurité ont rassuré les clients et ont été plutôt bien respectées, tandis que les ventes ont été en général supérieures aux attentes, dit-on à gauche et à droite. "Après avoir réalisé entre 30 et 40% de leur chiffre d'affaires normal pendant la semaine, les commerçants indépendants ont en moyenne réalisé samedi 60% d'un samedi normal", commentait ce week-end, plutôt satisfaite Christine Mattheeuws, présidente du Syndicat neutre pour indépendants.

60%
de chifre d'affaires
Les commerçants indépendants ont en moyenne réalisé samedi 60% du chiffre d'affaires d'un samedi normal, un chiffre satisfaisant selon Christine Mattheeuws, présidente du Syndicat neutre pour indépendants.

Même satisfecit auprès de l’association Mode Unie. Les magasins de mode ont réalisé 80% du chiffre d'affaires de la même période en 2019, soit "un résultat nettement meilleur que prévu", déclare sa directrice Isolde Delanghe au site web du magazine Gondola. Moins d’enthousiasme par contre à l'Union des classes moyennes, où plus de 75% des commerçants sondés disent avoir reçu peu de clients, seuls 17% jugeant la situation normale.

Au sein des enseignes, cette impression de redémarrage en douceur est dans l'ensemble confirmée. Pas une foule énorme, mais "des clients venus pour acheter et non pour flâner", observe Marianne Nerinckx, directrice de la communication d’H&M. "On a eu pas mal de monde en début de semaine, les clients sont venus pour acheter ou avoir recours à notre service après-vente, ce n'était donc pas de simples visiteurs", observe la porte-parole du groupe Fnac Vandeborre, Véronique Marichal. Le groupe a observé un léger pic dans le gros électro alors que pour les produits moins chers, l'e-commerce confirme sa croissance. "Mais on est encore assez loin des chiffres de l'an passé à la même époque."

"On a vendu un peu mieux que ce qu’on prévoyait, mais on termine quand même la semaine avec un recul de 20% par rapport à il y a un an", relève Allison Vanderplancke, CEO des enseignes de chaussures Luxus et Maniet (33 magasins). "C’est surtout dans les centres commerciaux où se situent les Maniet que la situation est la plus difficile", ajoute-t-elle. Logique: ce sont des endroits clos où la distanciation sociale est plus difficile à faire respecter.

Le constat est d’ailleurs le même chez Galeria Inno (16 magasins) où les magasins situés dans des artères commerçantes et en Flandre ont mieux redémarré que ceux situés dans des shopping centers et dans le sud du pays. "Le panier moyen est plus élevé", observe-t-on chez Galeria Inno.

Respect des règles

Mission accomplie aussi chez Ikea. "On avait été plus sévères que les recommandations en prévoyant 25 m² par client au lieu des 10 m² exigés, or on a constaté que même cet espace n’a pas été occupé", explique Julie Stordiau, responsable de la communication. En revanche, les clients se sont montrés plus dépensiers, achetant de plus grosses pièces comme des salons. "On enregistre un chiffre d’affaires supérieur par rapport à la même période en 2019, c’est la preuve que nos recommandations ont été suivies, car on avait déconseillé aux gens de venir pour simplement se promener." 

"La semaine dernière, on a enregistré un chiffre d’affaires supérieur à la période correspondante de 2019."
Julie Stordiau
Porte-parole d'Ikea

C’est un peu le sentiment qui domine aussi chez Media Markt. Après avoir vu ses ventes en ligne exploser pendant le confinement (+400%), le spécialiste de l’électro dit avoir fait mieux que ce qu’il espérait, notamment par rapport aux autres pays où il est présent. "Certains jours de la semaine, on a même fait de meilleures ventes qu’avant le confinement, note la porte-parole Janick De Saedeleer. Elle aussi constate que les clients sont venus pour acheter et pas pour passer le temps: "On a vendu des biens essentiels comme du gros électroménager, des télévisions, des smartphones, soit des produits pour lesquels les gens ont besoin des conseils des vendeurs." Seul petit bémol: des chalands pas toujours très disciplinés et qu’il a fallu parfois remettre au pas.

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