E-commerce et petites agglomérations, les grands gagnants du Covid

Au printemps dernier, la fréquentation des galeries commerciales du pays (ici, Médiacité à Liège) a baissé de 32% en moyenne. ©BELGA

Selon le bureau d'études Retail Sonar, la crise du Covid-19 a induit des changements de comportement profonds et durables chez le consommateur. Le mot-clé: commodité.

Plus de commodité d'achat, explosion de l'e-commerce, grands centres commerciaux et urbains délaissés: l'impact de la pandémie sur les modes de consommation est spectaculaire et durable. Les leçons chiffrées d'une enquête réalisée entre mars et novembre par le bureau d'études gantois Retail Sonar auprès de 650 commerces belges et néerlandais sont très parlantes à cet égard.

Le commerce en ligne est le grand bénéficiaire de la crise sanitaire, particulièrement en Belgique où le chaland n'a pas autant la fibre numérique que son voisin d'outre-Moerdijk. Chez nous, les ventes de produits non-alimentaires ont quasiment doublé (+91%, +60,5% aux Pays-Bas). Pour les denrées alimentaires, elles ont même presque triplé (+186%, +112,5% aux Pays-Bas).

+186%
En Belgique, les ventes en ligne de produits alimentaires ont quasiment triplé, à +186%, avec des pics à +800%.

Sans surprise, c'est durant le premier confinement, entre mars et mai, que le commerce alimentaire numérique a vraiment explosé, avec des pics à +800%. Le bond de l'e-commerce recouvre pour l'essentiel les confinements du printemps et de l'automne. Mais un virage numérique a bel et bien été pris: sept acheteurs en ligne sur dix ont réalisé en 2020 leurs premiers achats sur internet. Et si le client a privilégié la livraison à domicile au printemps, c'est le click & collect qui a le plus progressé durant le second confinement.

Commodité d'abord

Le commerce physique est-il pour autant condamné? Absolument pas, souligne Retail Sonar, qui invoque "l'effet halo": les commerçants accroissent de manière significative leurs ventes en ligne dans les zones entourant leurs points de vente physiques. Cette évolution profite aux grands distributeurs disposant d'un large réseau de magasins dans leur lutte face aux "pure players" (Amazon, bol.com...). Le Néerlandais Coolblue l'a bien compris en ouvrant des magasins physiques.

-32%
Le chaland a davantage acheté dans les petites agglomérations (+12,5%), délaissant les grandes villes (-32%) et les grands centres commerciaux (-29%).

Autre tournant induit par la crise sanitaire: le plaisir d'achat a laissé la place au shopping utilitaire. Accès aisé, files d'attente réduites aux caisses, parkings en suffisance sont devenus prépondérants. Les magasins offrant un haut niveau de commodité d'achat ont d'ailleurs vu leurs ventes progresser de 15%.

La volonté d'acheter davantage local profite quant à elle aux commerces de proximité. Le chaland a davantage acheté dans les petites agglomérations (+12,5%) et dans la périphérie (+6%), délaissant les grandes villes (-32%) et les grands centres commerciaux (-29%). Une évolution qui s'explique aussi par la chute du nombre de touristes. À Anvers et Amsterdam, les plus grandes zones de chalandise du Benelux, les ventes ont chuté de 45%.

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