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"Évitons de payer en chômage ce qu'on n'aura pas versé en sauvetage d'entreprises" (Alain Hellebaut, Maxi Toys)

Le CFO de Maxi Toys, Vincent Deper, pointe des lacunes dans le système de garantie bancaire mis en place par l'État.

La direction de Maxi Toys, qui a introduit mardi une demande de protection judiciaire, appelle l'État à revoir son système de garantie bancaire et à résoudre l'aversion au risque des banques, sans quoi de nombreuses sociétés risquent de rester sur le carreau.

Maxi Toys a dû se résoudre mardi à déposer une demande de protection judiciaire auprès du tribunal de Mons. "Jusqu'à lundi 20h, nous avons tenté de trouver un accord avec les banques", explique Alain Hellebaut, CEO. L'absence d'accord bancaire est donc bien le nœud du problème.

Alain Hellebaut, CEO de Maxi Toys, appelle les autorités à un accompagnement renforcé des entreprises en cette période de crise.

Dans les mains de la famille propriétaire de Blokker, l'enseigne, connaissant une évolution positive, n'avait pas besoin de financements externes. Les choses ont évolué lorsqu'en 2019, Maxi Toys a été rachetée par le groupe Mirage Toys Group. "Nous avons alors dû créer des liens avec des banques, comme un nouveau client."

30 millions
euros
"Aujourd'hui, nos besoins financiers pour le groupe s'élèvent à 30 millions, dont 10 millions pour la Belgique et 20 millions pour la France."

Aujourd'hui, Alain Hellebaut souligne que Maxi Toys affiche un chiffre d'affaires de quelque 210 millions d'euros, dont 50% sont réalisés d'octobre à décembre. Les achats annuels du groupe s'élèvent, eux, à quelque 110 millions d'euros. "Aujourd'hui, nos besoins financiers pour le groupe s'élèvent à 30 millions, dont 10 millions pour la Belgique et 20 millions pour la France."

Le public attentif

Dès le début de la crise du coronavirus et la fermeture obligatoire des magasins, le management s'est mis en quête de solutions. "Nous ne sommes pas une société endettée en permanence. Nous le sommes uniquement en période d'achats de marchandises", explique Vincent Deper, Le CFO. "Avec la crise du Covid-19, nous avons tenté d'anticiper la demande, mais le financement classique était devenu plus compliqué."

Des contacts ont ainsi été noués avec la Sogepa, bras financier de la Région wallonne afin d'obtenir un soutien public. Face à la volonté wallonne d'aider le secteur retail, la SRIW a aussi été invitée au dossier. Le hic, c'est que ces outils économiques wallons n'interviennent jamais seuls: pour un euro public investi, il faut un euro privé.  

"Pour une entreprise non endettée, il est difficile du trouver du crédit. La priorité va aux clients existants des banques et surtout aux clients endettés."
Vincent Deper
CFO de Maxi Toys

"Nous avons contacté toutes les banques traditionnelles pour monter un dossier, mais nous nous sommes rendus compte que pour une entreprise non endettée, il est difficile de trouver du crédit. La priorité va aux clients existants des banques et surtout aux clients endettés", insiste le CFO.

La frilosité bancaire

Il pointe des lacunes dans le système de garantie bancaire mis en place par l'État. Il y a d'abord eu une trop longue période de flou avant la publication de l'arrêté royal, faisant perdre "un temps précieux". Ensuite, il prévoit que les banques doivent supporter les trois premiers pourcents de risque, ce qu'elles rechignent à faire.

"Nous avons besoin d'un accompagnement financier de l'État plus fort pour éviter de voir cette aversion au risque des banques."
Vincent Deper
CFO de Maxi Toys

"Nous avons besoin d'un accompagnement financier de l'État plus fort pour éviter de voir cette aversion au risque des banques." Et Alain Hellebaut d'ajouter: "Nous lançons aujourd'hui un cri pour aider d'autres sociétés, qui n'auront peut-être pas, comme nous, l'occasion de demander une protection judiciaire et iront directement en faillite. Sans cet accompagnement, on paiera demain en chômage ce qu'on n'aura pas versé aujourd'hui en sauvetage."

Quel avenir de Maxi Toys?

Le tribunal montois a désormais 15 jours pour se prononcer et désigner un expert. L'entreprise se lancera alors en quête d'investisseurs. "La société est bonne avec certes des corrections à apporter", reconnait le CEO. L'année 2019 a été difficile à cause de la reprise, des problèmes de stock et un souci structurel.

La réalisation d'un business plan passera-t-elle par des fermetures et des pertes d'emplois? C'est trop tôt pour le dire. "Notre intention est de limiter les pertes d'emplois, la fermeture de magasins et l'impact sur notre siège."

En attendant, les magasins belges et français rouvriront le 11 mai avec une trésorerie nécessaire pour assurer le versement des salaires et un stock nécessaire pour satisfaire les clients. Des discussions sont en cours avec les fournisseurs pour permettre aux magasins de continuer d'offrir les nouveautés. "Certes, plus on avance vers la fin de l'année sans solutions, plus ce sera difficile d'avoir une période normale", conclut Alain Hellebaut. 

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